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    Entrevue

    Zen Bamboo lance un deuxième microalbum plein de maturité

    20 novembre 2017 | Philippe Renaud - Collaborateur | Musique
    L’histoire de Zen Bamboo est brève parce qu’elle ne fait que commencer.
    Photo: Mathieu Fortin L’histoire de Zen Bamboo est brève parce qu’elle ne fait que commencer.

    En moins de six mois, Zen Bamboo est passé de l’enfance au stade de jeune adulte : en juillet dernier, le groupe offrait les quatre chansons de Vol.1 : Juvénile ; il rappliquera vendredi prochain avec son second volume sous-titré Plus mature, édité par sa nouvelle maison de disques, Simone Records (Louis-Jean Cormier, Dany Placard, Hay Babies, etc.). Six brûlots rock s’amusant à prendre des détours imprévisibles que Le Devoir vous propose en exclusivité sur son site web. Léo Leblanc, guitariste, et Simon Larose, chanteur, parolier et guitariste, se présentent à nous.


    « C’est simple, c’est l’histoire de quatre ados habitant le même quartier et qui répètent dans le garage. Le cliché du rock and roll dream, c’est ça ! » résume Simon Larose, avant que vienne le rejoindre Léo, lui aussi sur sa pause du dîner.

     

    Et c’est pas mal ça, l’histoire de Zen Bamboo. Bon, nous avons omis quelques détails, comme la rencontre déterminante avec leur gérant, Louis, qui a donné un peu de structure à l’organisation, ou encore la participation du groupe au Festival de la chanson de Granby il y a un peu plus de deux ans grâce à l’insistance du juge « rock’n’roll » du concours, Guillaume Beauregard (Vulgaires Machins), après que les gars eurent osé soumettre leur première maquette « enregistrée dans la maison mobile d’un gars nommé Guy, à Saint-Basile », raconte Simon. « Il a tout fait, enregistrer, mixer, masteriser, pour 300 $. Et on a été choisis. Avant de passer à Granby, dans notre tête, l’idée de faire de la musique un métier était totalement abstraite. »

     

    Une histoire brève

     

    L’histoire de Zen Bamboo est brève parce qu’elle ne fait que commencer. C’est que les quatre musiciens ont tous entre 19 et 22 ans, l’âge où les projets de groupe se font et se défont au gré des rencontres, des découvertes ou encore des contraintes d’horaire. « Nous sommes tous à l’école à temps plein, tient à souligner Simon. Trois universitaires, un qui termine son DEC en arts. » Celui-là, c’est Léo, le guitariste, qui, avec son profil angulaire et sa moustache, est le sosie de Denis Savard quand il jouait avec les Blackhawks de Chicago dans les années 1980. Ce n’est pas son nom qui est écrit sur sa casquette bleue, mais celui de son grand-père, fondateur des Entreprises Léo Leblanc et Fils, compagnie fabriquant des bateaux à Cap-aux-Meules.

     

    Réfléchi et précis dans ses réponses, le Simon sur sa pause de travail est méconnaissable du Simon chanteur déchaîné sur scène qu’on a vu au Festival de musique émergente en septembre dernier, à Rouyn-Noranda. C’était la révélation de l’événement, écrivions-nous alors. Tous les dépisteurs de talents de l’industrie musicale québécoise qui les avaient auparavant vus à M pour Montréal et aux FrancoFolies l’été dernier s’en allaient mesurer le progrès accompli par ces quatre bouillants rockeurs francophones écartelés entre la chanson rock éloquente et les dérapages de guitares bruyantes.

     

    Influences

     

    « Pour ma part, c’est la chanson avant tout, dit Simon, chanteur et parolier. Dans l’auto, quand j’étais jeune, c’étaient Renaud, Dutronc et l’album de chansons de Vian que mes parents écoutaient, et c’est encore ça que j’écoute. Ça, plus Cohen, Father John Misty… J’aime la chanson bien faite, même quand elle paraît conservatrice. Je trouve que dans la grande chanson, il y a une force, et j’espère que chaque chanson qu’on arrange en rock conserve sa force. »

     

    Léo élargit la palette d’influences musicales : « Le dernier Frank Ocean, on trippe encore dessus, puis [le jeune collectif rap californien] Brockhampton. Côté rock, on est encore en train de creuser dans les années 1990, genre Built to Spill, Dinosaur Jr… Comme je suis guitariste, j’ai eu ma phase Frusciante [John de son prénom, guitariste des Red Hot Chili Peppers] au secondaire. Le groupe qui fait l’unanimité entre nous, c’est The Strokes. »

     

    Bon sang, mais oui ! C’est ça, le timbre de la voix de Simon, sa manière forte et claire de chanter, les grognements qu’il laisse échapper quand la batterie de Charles-Antoine Olivier signale un changement de tempo ! Urgent et strident comme Julian Casablancas, mais en français, et avec le souci de vouloir dire des choses importantes. « Sur ce nouveau microalbum, on se réclame d’une certaine pertinence, assume Simon. On veut dire que ce n’est pas qu’un jeu d’enfant notre affaire, que ce n’est pas insignifiant. »

     

    Preuve à l’appui, la chanson Si on serait un pays — « Ben oui, la faute d’orthographe est voulue, on n’est pas des cancres ! » rassure Simon. Du rock engagé comme on en entend trop peu aujourd’hui, un percutant réquisitoire contre l’intolérance qui dénonce ce que Simon appelle une « dissonance cognitive, celle d’être à la fois très fier de son identité culturelle et en même temps raciste. Ça ne marche pas. Et ça ne vise pas spécifiquement le Québec — enfin, clairement, la chanson est située ici puisque je suis Québécois, mais cette dissonance, on la retrouve partout dans le monde. L’idée n’est pas de se moquer de l’idéal souverainiste, loin de là. Sur ce texte, je retourne le problème à l’envers pour mettre la lumière dessus. »

     

    Zen Bamboo donnera un concert le 21 décembre prochain à la place Émilie-Gamelin, dans le cadre du festival Noël dans le parc. Le Vol.2 paraîtra officiellement vendredi prochain.













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