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    Penser et danser en même temps avec le groupe trad Maz

    19 octobre 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Ce samedi à L’Astral, Maz lance la tournée de son nouveau spectacle.
    Photo: Valérie Paquette Ce samedi à L’Astral, Maz lance la tournée de son nouveau spectacle.

    Un pied sur terre et l’autre sur les tapis volants, Maz a offert au printemps dernier le brillant album ID : ID pour « identité » autant que pour les idées qui ouvrent des portes dans un processus circulaire. Il y a chez ce groupe une québécitude très affirmée par le violon qui rille et les pieds qui dansent, mais cela sert d’assise menant vers le jazz modal, la new acoustic, parfois le prog et maintenant la chanson et plus de moments électros.

     

    Ce samedi à L’Astral, le groupe lance la tournée de son nouveau spectacle, avant de s’envoler à Katowice en Pologne où il se produira au Womex, le plus grand marché international des musiques du monde. Le nouveau credo du groupe : danser et penser en même temps.

     

    En entrevue au Devoir, le leader Marc Maziade réfléchit : « On fait de la musique pour différentes raisons. Moi, c’est pour m’ouvrir l’esprit et faire grandir la conscience à travers un processus musical créatif et à travers un cheminement de vie. » Il établit aussi un lien avec ce voyage que le groupe a effectué au Ghana en juin dernier et sa présence au Womex à la fin de la semaine prochaine. « On jongle sur la tradition et la création, sur comment ça se porte sur la scène internationale. Pourquoi ne pas avoir un point de vue québécois là-dessus ? Pourquoi pas le point de vue d’un immigrant syrien de la troisième génération ? »

     

    Marc est né à Chicoutimi. Le grand-père Maziade est venu s’y installer en 1927 et Marc y est récemment retourné. « C’est un autre genre de cheminement. De voir les défis des gens qui voulaient s’intégrer à vitesse grand V, ça m’a fait comprendre un peu plus mon désir à travers ma démarche artistique et d’où vient le feu sacré que j’ai. »

     

    On a déjà relaté la richesse créative de Maz, qui puise aussi bien dans la musique traditionnelle que dans la science-fiction, aussi bien chez John Zorn que chez André Marchand ou Béla Fleck, ou chez le regretté Jean-Paul Loyer. Mais le disque ID ouvre maintenant sur les mots. Dans ID 4/4, on parle-chante sur une musique très libre : « Des ID rassembleuses / Placardées aux fenêtres / Des ID de pays / Héritées des ancêtres  ». « Des ID circulaires qui tournent et / retournent à la terre ».

     

    Ici, on est dans le « penser » et Marc explique où en est actuellement Maz par rapport à cette démarche : « La chanson est maintenant bien assumée. On a beaucoup de défis à porter un message que je trouve important. On se trouve en 2017 avec un paquet de politiciens et de gens qui cherchent à définir ce qui différencie une nation d’une autre, alors qu’on a tellement besoin de créer des liens et de voir ce qui nous unit. »

     

    Qu’en est-il du « danser » ? ID révèle plus de banjo et un peu moins de guitare électrique que sur les deux disques précédents. Marc y joue de ces deux instruments, en plus de taper des pieds, alors que Pierre-Olivier Dufresne transmet au violon un caractère québécois qui ne se dément pas. Reste la présence de la contrebasse d’Hugo Blouin et de la claviériste Roxane Beaulieu qui intègre le fender rhodes et le Moog. En concert, l’électronique devrait être plus présente que sur le disque.

     

    « Avec Mark Busik qui était présent sur le disque, j’ai poussé davantage la programmation. Roxane se réapproprie certains éléments. Je lui envoie des séquences et des notes précises qu’elle va trafiquer en mettant des filtres là-dessus. Hugo va aussi jouer des synthés, il a un pédalier pour déclencher lui aussi certaines séquences. Dans tout cela, il y a aussi quelque chose de la méditation. » Et quelques turluttes atmosphériques, des moments d’étrangeté, des effets planants, des harmonies jazz, de la poésie percussive et cette âme forte qui permet d’entrevoir la carrière internationale.

     

    Rentrée montréalaise à L’Astral, ce samedi à 20 h.













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