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    Les fulgurants débuts de l’Orchestre Métropolitain chez Deutsche Grammophon

    23 septembre 2017 |Christophe Huss | Musique
    Le ténor Rolando Villazón et la basse Ildar Abdrazakov avec le chef Yannick Nézet-Séguin
    Photo: Dario Acosta / DG Le ténor Rolando Villazón et la basse Ildar Abdrazakov avec le chef Yannick Nézet-Séguin

    Vendredi est paru le premier disque de Yannick Nézet-Séguin enregistré à Montréal avec l’Orchestre Métropolitain pour Deutsche Grammophon (DG). Le résultat surpasse les plus folles espérances.

     

    Qu’on est donc bien chez soi ! Pour DG, Yannick Nézet-Séguin avait enregistré la Symphonie pathétique de Tchaïkovski à Rotterdam ou Le sacre du printemps de Stravinski à Philadelphie. Mais nulle part avec un orchestre symphonique, il n’avait su reporter sur un support enregistré la fièvre qui caractérise ses concerts. Duets, récital vocal réunissant le ténor Rolando Villazón et la basse Ildar Abdrazakov, enregistré avec l’Orchestre Métropolitain à Saint-Nom-de-Jésus en novembre 2016, accomplit ce prodige.

     

     


    Un déluge de son

     

    Contrairement à maints récitals vocaux enregistrés, le Métropolitain et son chef ne sont pas des entités accompagnatrices, mais le véritable moteur de scènes dramatiques chargées d’électricité. Duets, qui débute par le plus fameux des duos, celui des Pêcheurs de perles, gagne définitivement son pari dès les plages 2 et 3, un air et un duo du Mefistofele de Boïto. Le déluge, à la fois vocal et orchestral, qui s’y déploie est à peine descriptible.

     

    Les tutti puissants, la balance parfaite, la respiration de la musique attirent également l’attention sur la réussite exceptionnelle de la captation sonore. L’ingénieur du son François Goupil (ATMA) était associé à l’équipe de Deutsche Grammophon (Philip Krause et Stephan Flock). Tous ont trouvé la mesure du lieu, qui s’avère un excellent choix. La légère « surréverbération » intrinsèque de l’église est parfaitement souhaitable pour laisser se déployer le son.

     

    Ce disque ne serait pas un tel coup de foudre si Rolando Villazón ne se montrait pas dans une forme vocale qu’on n’espérait plus. Je ne l’ai plus entendu chanter à ce niveau depuis avant le Roméo et Juliette de Salzbourg (avec Yannick Nézet-Séguin) en 2008. Quelques signes de fatigue dans le duo de l’Élixir d’amour ne jettent aucune ombre sur le tonus de Mefistofele et des duos de Don Pasquale, Simon Boccanegra, Faust et Carmen, le disque s’achevant sur deux airs populaires, Granada et Yeux noirs. Quant à Abdrazakov, la basse d’airain qui a peu de concurrents à ce niveau sur la planète : son Mefistofele de Boïto est un coup au plexus.

     

    Partout dans leurs interventions (écoutez le duo de Carmen), les musiciens du Métropolitain sont tranchants et impeccables. Je le répète : on est ici très loin au-dessus du niveau habituel d’un accompagnement de récital vocal enregistré. Je soupçonne Yannick Nézet-Séguin d’avoir voulu ardemment faire de cet enregistrement torrentiel un modèle du savoir-faire montréalais.

     

    La sortie du disque précède de deux mois la tournée européenne. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

    Duets
    Rolando Villazón et Ildar Abdrazakov. Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick Nézet-Séguin. DG 479 6901.












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