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    Le klezmer métissé du groupe montréalais Oktopus

    21 septembre 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Oktopus est bel et bien un groupe de danse, fidèle à l’esprit des célébrations des klezmorim.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Oktopus est bel et bien un groupe de danse, fidèle à l’esprit des célébrations des klezmorim.

    Depuis son triomphe aux Syli d’or en 2014, Oktopus ne cesse de progresser et, trois ans après la parution de Lever l’encre, un disque de klezmer ni complètement traditionnel ni dans l’avant-garde new-yorkaise, l’octuor montréalais s’amène ce jeudi au Lion d’Or pour lancer Hapax, le nouvel opus qui poursuit dans ce sens, mais en allant plus loin. Ici, Brahms, Prokofiev, Jorane, Karen Young et même Félix sont invités au bal des klezmorim, ces musiciens qui avaient tout intégré de l’Europe de l’Est.

     

    Le leader Gabriel Paquin-Buki commente la démarche : « “Hapax” désigne quelque chose qui a seulement une occurrence dans l’histoire, et on pense que le disque est quelque chose qui ne s’est pas encore fait au Québec. Quand on fait de la musique traditionnelle, c’est toujours un processus de trouver comment interpréter ces musiques-là dans l’actualité. Au milieu de tout ce bassin de l’Europe de l’Est duquel on s’inspire, on a l’impression d’offrir un album qui représente bien comment cette musique peut être jouée ici en Amérique, qui retrace cette américanisation de la musique klezmer et aussi comment on a pu l’implanter au Québec. »

     

    Si le fond du disque Hapax est effectivement klezmer avec ses airs de danses enflammées, la manière de faire est propre à Oktopus, la façon de choisir le répertoire, de le mettre en son. Quitte à défaire une mélodie, même si son titre est maintenu. Des détails ? La danse hongroise no 5 de Brahms est klezmérisée, sample à l’appui, mais aussi interprété avec de la darbouka. Jorane, qui est jumelée à Prokofiev, caresse la musique comme sur un air de berceuse dans son langage inventé. Dans Fun Tashlikh, Karen Young squatte et s’harmonise superbement, alors que Le p’tit bonheur est littéralement transposé. Une pièce traditionnelle grecque est aussi adaptée au rythme d’un désert imaginaire, et çà et là on perçoit des influences de jazz et de musiques contemporaines qui sont délicatement développées.

     

    En plus des ambiances conférées par le réalisateur François Lalonde : « Il a aidé à donner une ligne directrice, fait valoir Gabiel. On est huit et tout le monde a des idées. Le répertoire est tellement varié que ça prenait quelqu’un comme lui pour ramener tout ça. » Il a ajouté des percussions et créé par exemple, sur Le rêve d’Anne Frank, une zone sonore diffuse qui renforce le thème.

     

    Sinon, Oktopus est bel et bien un groupe de danse, et un bon, fidèle à l’esprit des célébrations des klezmorim. Au Lion d’Or, il livrera presque toutes les pièces de Hapax et Karen Young sera de la fête pour interpréter la sienne. Puis, l’octuor s’arrêtera, à la recherche de nouveaux répertoires.

    Hapax
    Oktopus, indépendant. Au Lion d’Or, ce jeudi à 19 h.












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