Cold Across my Skin, Fronds

Avec son environnement sonore luxuriant, distillateur d’un feu lent et extatique, Cold Across my Skin est en cela profondément antinomique. Quatre ans après Fronds (2013), le musicien américain Dylan Tidyman-Jones revient avec ce cru moins complexe sur le plan mélodique, assurément plus cohérent, marqué par sa voix vaporeuse propre aux soirées planantes des années 1970. Son monde particulier, peuplé de spectres et chercheur d’un amour fuyant, prend appui sur une structure à la fois minimaliste et texturée — alors que Tower paraît coulée dans une eau métallique, avec effets de clavier, percussions fiévreuses et basse omniprésente, les belles Loop et Phantoms montent en spirales aériennes dans une articulation sensible à la guitare. Une certaine grâce se dégage, peu à peu, de l’ensemble très résonant. Découvrir ainsi ce qui se trame dans la tête de Fronds (son nom d’artiste… tiré du vocabulaire végétal), sachant qu’il se fonde sur une grande solitude, est mystérieusement déroutant.

Cold Across my Skin

★★★ 1/2
Chamber pop

Fronds, Gold Robot Records