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    Montréal follement symphonique

    Trois orchestres, une montagne; les dessous d’une aventure qui verse dans la démesure

    5 août 2017 |Philippe Papineau | Musique
    «J’aime bien les défis, les choses qui sortent de l’ordinaire, et ce projet-là, le moins qu’on puisse dire, c’est que ça sort de l’ordinaire », souligne Simon Leclerc. De gauche à droite, on aperçoit Simon Leclerc, Nicolas Lemieux et Monique Giroux.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «J’aime bien les défis, les choses qui sortent de l’ordinaire, et ce projet-là, le moins qu’on puisse dire, c’est que ça sort de l’ordinaire », souligne Simon Leclerc. De gauche à droite, on aperçoit Simon Leclerc, Nicolas Lemieux et Monique Giroux.

    Le spectacle Montréal symphonique ? « C’est un projet qui ne se peut presque pas. » Venant du producteur Nicolas Lemieux, celui-là même qui l’a imaginé et mis sur pied, on mesure mieux l’ampleur inhabituelle de l’aventure qui prendra vie le 19 août.

     

    Le patron de l’étiquette de disque GSI traîne une idée dans sa besace depuis 2007, et y bosse plus activement depuis déjà trois ans et demi. Le plan de match : proposer la rencontre de la musique populaire et du classique, et installer le tout au pied du mont Royal dans un concept articulé autour de la métropole et de ses saisons. Et avec sur scène rien de moins que trois orchestres : l’OSM, l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de McGill.

     

    « Le quotient de difficulté est très élevé, ajoute Nicolas Lemieux. Et pas juste dans la musique, mais aussi dans la structure, la technique, l’organisation. »

     

    Pour les arrangements et la direction musicale, Lemieux a fait appel au chef Simon Leclerc, qui a une grande expérience dans le mariage de la pop et du symphonique. Ce dernier a entre autres à son actif les concerts orchestraux de Kevin Parent, Simple Plan et Mika.

     

    « Je n’ai pas dit que ça ne marcherait jamais, mais j’ai dit à Nicolas que c’était fou, et je le pense encore, lance Simon Leclerc, attablé aux côtés de Lemieux et de la metteure en scène, Monique Giroux. Parce que c’est extrêmement complexe d’avoir trois orchestres sur une même scène. J’essayais d’envisager comment je pouvais approcher l’écriture pour tous ces éléments-là. Mais j’aime bien les défis, les choses qui sortent de l’ordinaire, et ce projet-là, le moins qu’on puisse dire, c’est que ça sort de l’ordinaire. »

     

    Des invités et un concept

     

    Montréal symphonique suivra le fil conducteur des quatre saisons, pour se conclure sur une saison imaginaire — rien à voir avec Harmonium, nous dit-on. En marge de ce concept, Nicolas Lemieux a aussi monté un projet de disque.

     

    Aussi, le spectacle se déroulera sans animateur. « Ce n’est pas un show de la Saint-Jean avec quelqu’un qui vient dire un truc entre deux chansons, demander à la foule si elle est heureuse », souligne Monique Giroux. Le spectacle sera également porté par des projections, signées Normal Studio.

    En général, il y a seulement un artiste ou deux avec qui je dois établir un vocabulaire, une connexion, et c’est important qu’on soit sur la même longueur d’onde. Là, c’est comme si j’avais 20 conversations dans 20 langues différentes.
    Le chef Simon Leclerc
     

    On verra monter sur scène une vingtaine de musiciens d’ici, dont Pierre Lapointe, Alain Lefèvre, Coeur de pirate, DJ Champion, Elisapie, Patrick Watson et Isabelle Boulay. « Et les plus gros noms ne sont pas encore annoncés et seront des surprises », lance Monique Giroux, soufflant sur les braises des conjectures. Chose certaine, ajoute Nicolas Lemieux, la soirée ne comptera pas d’invités ayant déjà fait les beaux jours de la montagne au milieu des années 1970.

     

    « Il y a une chose qui a été dite à tous, et je nous le rappelle, c’est que ça s’appelle Montréal symphonique, et que c’est d’abord les orchestres qui sont en vedette, souligne Monique Giroux. Oui, il y a d’énormes vedettes là-dedans, mais tout le monde sait que, malgré leur notoriété, ils sont tous là sur le même pied au service de la musique, du vivre-ensemble, de ce cadeau du 375e aux Montréalais. »

     

    Solubles, les orchestres ?

     

    Les orchestres, c’est donc l’affaire de Simon Leclerc. Certes, Nicolas Lemieux a dû convaincre les trois joueurs de laisser tomber les bannières et d’oublier la compétition qui peut les séparer. « Mais pour moi, ce n’est pas difficile de les faire asseoir ensemble, j’ai un rapport avec les musiciens d’abord, plutôt qu’avec des administrations », explique Leclerc.

     

    Le chef reconnaît toutefois que les institutions ont leur personnalité musicale, voire un rapport différent au jeu, au temps. « Tu sais, chaque orchestre ne réagit pas exactement de la même façon face à un chef. Un seul orchestre, avec 80 musiciens, va fonctionner beaucoup plus par réaction que par action. Il va dire : “fais ton geste, nous, on va réagir”. »

     

    Et la vitesse ou la manière de réagir change selon l’ADN d’une institution, selon l’impact fort d’un ancien leader, par exemple. « Il y a des contextes où c’est la première chose que je dis en répétition. Je dis : “Au bâton. Soyez avec le bâton” », explique Leclerc, en mimant le geste du chef montant sa baguette.

     

    Simon Leclerc rappelle aussi qu’il doit arranger les pièces d’une vingtaine d’artistes, de loin le plus vaste chantier d’adaptation qu’il ait eu à gérer. « En général, il y a seulement un artiste ou deux avec qui je dois établir un vocabulaire, une connexion, et c’est important qu’on soit sur la même longueur d’onde. Là, c’est comme si j’avais 20 conversations dans 20 langues différentes. Avec lui, je dois parler de telle façon, l’autre a un tel background musical ou ne sait pas lire la musique. C’est tout ça. »

     

    « Déverrouiller » la montagne

     

    Montréal symphonique installera ses pénates non pas au lac des Castors, mais plutôt au pied de la montagne, à l’ouest de l’avenue du Parc, entre les avenues des Pins et du Mont-Royal.

     

    « La scène est au sud, près du stade McGill. Elle fait dos au centre-ville, explique Monique Giroux, ajoutant que le décor sera fait de tuyaux d’orgues sur lesquels seront projetées les images de Normal Studio. La pente naturelle devrait permettre à tous de voir la scène, « un peu comme une arène grecque », illustre Simon Leclerc.

     

    Obtenir la permission de s’installer sur le mont Royal aura toutefois été un combat de longue haleine, explique Nicolas Lemieux, en se frottant le visage à deux mains. Il fallait convaincre les Amis de la montagne, ce qui a pu être fait en leur présentant « les paramètres très précis », dit Lemieux. « Même au niveau politique, au provincial, au fédéral, au municipal, j’ai dû tourner une à une chaque clé pour ouvrir le mont Royal. Ça n’aurait pas pu se faire autrement qu’avec le 375e de la ville. »

     

    « Montréal, c’est ma ville, une ville ouverte, multiculturelle, résume Nicolas Lemieux. Aujourd’hui, je suis en train de réaliser un rêve. C’est exceptionnel de pouvoir produire ça. C’est un cadeau de la vie. » De quoi faire une croix sur le calendrier pour un concert fou à l’ombre de la croix du mont Royal.


    Vaste diffusion Le site pourra contenir plus de 50 000 personnes, selon Nicolas Lemieux. Davantage si on compte ceux qui pourront s’installer au parc Jeanne-Mance, juste à côté, où des écrans présenteront le concert.

    D’ailleurs, Montréal symphonique sera présenté gratuitement dans 18 arrondissements de la métropole. Des écrans géants seront installés dans différents parcs et lieux de diffusion.

    Et pour ceux qui ne sont pas à Montréal, un large partenariat a été fait avec Radio-Canada, qui présentera le spectacle en direct sur ICI Musique. En plus, Montréal symphonique sera diffusé à la télé de Radio-Canada le 10 septembre, en plus d’être sur la plateforme Tou.tv. CBC mettra aussi du sien en présentant le concert à la télé, mais aussi sur Radio One et Radio Two en septembre.
    Montréal symphonique
    Le 19 août, 21 h, au pied du mont Royal, près de l’avenue du Parc. Gratuit.












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