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    Spectacle

    Musique: un nouveau bras de mer pour Tété, le pêcheur de sourires

    Quatorze ans plus tard, Tété revient à Montréal à la faveur de Nuits d’Afrique

    12 juillet 2017 |Philippe Papineau | Musique
    Tété est conscient de la chance qu’il a d’avoir une carrière en musique après presque deux décennies à écrire des chansons.
    Photo: Jérôme «Juv» Bauer Tété est conscient de la chance qu’il a d’avoir une carrière en musique après presque deux décennies à écrire des chansons.

    Il y a déjà 14 ans que le chanteur français Tété a mis les pieds au Québec, époque où il avait fait tourner beaucoup de têtes avec sa pièce À la faveur de l’automne. Après un passage au Festival d’été de Québec et un saut à Toronto, le Sénégalais de naissance achèvera jeudi une visite canadienne à Montréal, dans le cadre de Nuits d’Afrique.

     

    Le chanteur a fait paraître en 2016 un huitième disque, Les chroniques de Pierrot Lunaire, mais la durée de son absence en sol québécois a fait que son parcours est méconnu ici. Tété le sait, et arrive avec humilité. « Quand on arrive à l’étranger, on recommence à zéro, reconnaît-il. Et en plus, sur le papier, les Canadiens n’ont pas besoin d’un nouveau guitariste qui fait un mélange de blues et de folk, parce que c’est vous qui avez inventé le genre ! Partant de ce principe-là, la magie, c’est qu’on se dit qu’on n’a rien à perdre et qu’il faut être prêt et y prendre plaisir. »

     

    Tété est conscient de la chance qu’il a d’avoir une carrière en musique après presque deux décennies à écrire des chansons. Plusieurs artistes pour qui il faisait des premières parties ne font plus ce métier, souligne-t-il. Et le fait de venir au Québec est aussi une façon d’élargir son public dans une industrie en mutation.

     

    « Mon métier, c’est un peu comme les pêcheurs. Les réserves halieutiques se réduisent, donc les pêcheurs sont obligés d’aller plus loin pour ramener du poisson. Moi, je pêche des sourires, en fait, et du coup, de pouvoir avoir accès au Canada et d’y jouer, c’est comme si on m’ouvrait un bras de mer nouveau pour aller chercher de nouveaux sourires ! »

     

    Chez les anglos

     

    En plus du marché francophone, Tété tente le coup chez les anglos du pays. Il était de la Canadian Music Week en avril, et est mercredi à Toronto pour se faire valoir le temps d’une vitrine.

     

    « Keith Sharp, qui travaille au magazine Music Express, a envie de me développer sur la scène folk-blues des festivals. Il me disait que, vu qu’on est dans une scène de genre, du coup, la langue pouvait être un peu moins une barrière, raconte le chanteur, qui a souvent mis le pied au Japon et en Australie. Alors, j’essaie de mettre de l’énergie, de la mélodie, du sentiment. J’ai grandi avec les Beatles, on ne comprenait pas les paroles, par contre, les mélodies nous parlaient. »

     

    Légèreté perdue et retrouvée

     

    Au fil des albums, Tété a offert différentes textures sonores, plongeant le temps de quelques disques dans des pièces plus arrangées, avec cordes et cuivres par exemple. Ses deux derniers efforts, toutefois, le révèlent plus acoustique, et il tourne aussi davantage en solo.

     

    « J’ai redécouvert une légèreté que j’avais perdue, dit Tété. Plus on est nombreux sur scène, plus tout prend du temps, il y a une phase logistique plus lourde, on arrive tôt pour les essais de son. Et plus on investit une grosse salle, plus il faut dépenser du temps et de l’énergie à promouvoir ce concert-là. Finalement, de manière assez ironique, on se rend compte qu’on a tellement fait ça qu’on n’a plus le temps de faire de la musique. »

     

    Avant de lancer son dernier disque, il a même fait le tour des médiathèques en France pour une tournée sans sonorisation. « Je voulais que les gens puissent entendre le son d’une guitare et d’une voix sans effets. »

     

    L’Afrique dans le bayou

     

    Tété est né à Dakar, mais a quitté le Sénégal à l’âge de deux ans, vivant en France avec sa mère Martiniquaise. Son rapport à l’Afrique, dit-il, il le trouve étonnamment en Louisiane, coin des États-Unis qu’il a adoré. « À La Nouvelle-Orléans, il est beaucoup question du Sénégal. Aussi, dans le “delta blues”, il y a plein de choses qui me rappellent la musique malienne. »

     

    Celui qui jouera sur la scène du Balattou ce jeudi soir dit ne s’être jamais senti aussi bien que dans les musiques de mélange. « Ce sont des musiques qui ne te jugent pas, qui te disent : “Viens comme tu es.” C’est vraiment ça qui me nourrit, qui m’habite, quoi. »

    Tété
    Au Club Balattou ce jeudi 13 juillet à 20 h 30, dans le cadre du Festival international Nuits d’Afrique.












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