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    Le Quatuor Dover lance le Festival de musique de chambre en stratosphère

    29 mai 2017 |Christophe Huss | Musique
    Dover va donner l’intégrale des Quatuors de Beethoven au Festival de musique de chambre.
    Photo: Carlin Ma Dover va donner l’intégrale des Quatuors de Beethoven au Festival de musique de chambre.

    Les interprétations de Beethoven à Montréal se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après le Concerto « Empereur » erratique de Rafal Blechacz et Kent Nagano, mercredi, le Quatuor Dover fouille les Quatuors dans leurs moindres recoins avec une intelligence supérieure et une maîtrise instrumentale totale.

     

    Revenons un instant sur le flop de l’Empereur, si frappant que nous avons forcément voulu savoir ce qui s’était passé dans les faits… L’ensemble de nos sources convergent pour soutenir que les flottements ne tenaient aucunement d’une mésentente Blechacz-Nagano, mais, aussi hallucinant que cela puisse paraître, d’un manque de préparation et de connaissance du concerto de la part du soliste, qui, d’ailleurs, a dû ressortir son « carnet de notes » lors du concert de jeudi.

     

    Voilà donc que ce Rafal Blechacz vient de réussir le miracle intersidéral d’unir Kent Nagano et Yannick Nézet-Séguin. Plusieurs de mes collègues journalistes européens avaient en effet observé à quel point Blechacz s’est littéralement mis à dos le si pacifique chef québécois à Rotterdam et Paris dans le 1er Concerto de Brahms en mai 2015 !

     

    Et Audrey Hepburn dans tout ça ?

     

    Intersidéral… Le mot est intéressant. Car l’espace, c’est exactement là où l’on flotte avec le Quatuor Dover, un jeune ensemble, lauréat du concours de quatuors à Banff en 2013, qui a lancé cette fin de semaine le Festival de musique de chambre 2017 à des hauteurs stratosphériques. Car les Dover vont y donner l’intégrale des Quatuors de Beethoven… et il reste quatre concerts pour vérifier de quoi il en retourne !

     

    La biographie des Dover contient la phrase la plus présomptueuse que l’on puisse imaginer, celle qu’en théorie je ne pardonne pas. Parlant d’un enregistrement Mozart, on lit : « Cet enregistrement rappelle le premier album du Guarneri Quartet (1965) ». En appeler au Quatuor Guarneri est à mes yeux comme dire d’une femme : « Elle a la beauté, la distinction et le charme d’Audrey Hepburn. » Il y a des comparaisons que l’on n’a tout simplement pas le droit d’oser.

     

    Eh bien, si, au fond. Et je n’en veux pas aux Dover, car, un temps, pendant le concert, j’ai cherché. Et puis j’ai lu et je me suis fait à l’idée. Oui, c’était ça. Exactement ça : les Guarneri des années 1960 ; les Guarneri de la légende. En intensité sonore, en sensualité de l’approche de la musique, c’est ce type de choc là !

     

    Le Festival de musique de chambre se poursuit jusqu’au 16 juin. Après la fin des Quatuors de Beethoven, le 11, on trouve deux projets principaux : deux concerts de l’Orchestre de chambre d’Israël avec Yoav Talmi (les 13 et 15 juin) et deux concerts avec Jan Lisiecki (les 14 et 16 juin). Mais d’ores et déjà, le millésime 2017 est entré dans l’histoire de ce festival.

    Beethoven : passion romantique
    Quatuors à cordes op. 18  n° 1, op. 59  n°1, op. 95. Quatuor Dover. Salle Pollack, vendredi 26 mai 2017. Suite et fin de l’intégrale des Quatuors de Beethoven par le Quatuor Dover lors du Festival de musique de chambre de Montréal à la Salle Pollack les 2, 4, 9 et 11 juin. Renseignements : festivalmontreal.org












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