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    38e Festival international de jazz de Montréal

    Le besoin de se rassembler

    Essayez de ne pas trouver, parmi les 150 spectacles proposés, quelques désirs comblés

    26 avril 2017 |Sylvain Cormier | Musique
    On ne passera certainement pas à côté du Robert Glasper Experiment, un habitué qui rayonne comme peu sur le spectre jazz-hip-hop, selon la critique.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir On ne passera certainement pas à côté du Robert Glasper Experiment, un habitué qui rayonne comme peu sur le spectre jazz-hip-hop, selon la critique.

    Uzeb, la « R3UNION ». King Crimson avec « un octuor à quatre batteurs ». L’équipe d’élite jazz de HUDSON (en majuscules, non sans raison), avec Jack DeJohnette, John Medeski, John Scofield et Larry Grenadier : l’idée même que l’on se fait d’un supergroupe. Les O’Jays au même programme que les Four Tops le temps d’une soirée soul-motown. L’incontournable « battle of the bands », mettant cette fois en compétition le Cab Calloway Orchestra et le Xavier Cugat Orchestra (ce qui nous change agréablement de la bande à feu Glenn Miller).

     

    Quoi d’autre ? Le retour du groupe montréalais des années 1980 Men Without Hats. Les Gypsy Kings. Et Pink Martini. Et le Django Festival All-Stars. Et les Extraordinaires de Charles Bradley. Et les Barr Brothers, qui vont jouer avec les champions maliens Bassekou Kouyaté et Amy Sacko. Notez-vous un lien entre tous ces gens très liés qui seront au Festival international de jazz de Montréal (FIJM) ?

     

    Ça fait en effet beaucoup d’alliances renouvelées, de performances à plusieurs, de regroupements naturels ou audacieux, au point où cette 38e édition aura, du 28 juin au 8 juillet, quelque chose des séries de fin de saison au baseball (je n’ose pas évoquer le hockey). Peut-être est-ce l’air du temps, ce plafond si bas qu’il vaut mieux tout vivre ensemble, y compris la musique. Mode survie : on se rassemble.

     

    Vous aurez aussi constaté la variété de l’offre, comme dévoilée mardi à la Maison du jazz. Ainsi va le FIJM, qui cherche à satisfaire le jazzophile pointu autant que le touriste en goguette, ralliant également les fans d’artistes consacrés : ainsi a-t-on récupéré le passage de Dylan au Centre Bell dans la programmation, et pourquoi pas ? Le promoteur Evenko est partie prenante partout.

     

    Ainsi programme-t-on tout autant une Feist (que l’on n’avait pas applaudie depuis des dizaines de lunes) qu’une Melissa Etheridge en plateau double avec Joss Stone ; un triplé blues Buddy Guy-Charlie Musselwhite-Steve Hill autant que la projection avec orchestre du film oscarisé La La Land ; la déjà cultissime Charlotte Cardin autant que Tanya Tagaq et ses chants de gorge si singuliers et irrésistibles. Et ainsi de suite. Ratisser plus large, on invite Elvis en hologramme.

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La déjà cultissime Charlotte Cardin
     

    Et le jazz au Festival de jazz ?

     

    Et du côté de ceux et celles qui justifient l’appellation Festival international de jazz de Montréal, au pied de la lettre ? Notons la série du Monument-National, où l’on trouvera beaucoup de bons shows, dont Youn Sun Nah, Ambrose Akinmusire, Roberto Fonseca et la formidable Lizz Wright.

     

    On ne passera certainement pas à côté du Robert Glasper Experiment, un habitué qui rayonne comme peu sur le spectre jazz-hip-hop, selon la critique. Tout aussi immanquable : le spectacle conjugué des Joshua Redman, Ron Miles, Scott Colley et l’extraordinaire batteur Brian Blade à la Maison symphonique. Misons gros sur le pianiste Jean-Michel Blais à la Cinquième Salle, dont le spectacle intitulé Minimalisme(s) ira batifoler du côté des Philip Glass, Steve Reich, John Cage et consorts. J’en connais qui trépignent en cet instant même.

     

    Et moi ? Je tâterai à nouveau du Dylan, vous pensez bien. Je saisirai l’occasion d’aller voir KROY et le spectacle de l’album Scavenger, je retournerai vivre une séance d’émerveillement en compagnie de Charlotte Cardin, je découvrirai le spectacle jazz et java d’Andrea Lindsay, et je serai très, très près de la scène pour le retour de mon groupe canadien préféré, le duo Whitehorse, qui présentera son nouvel album. Ça ne se voit pas, comme ça, mais j’écris sans toucher le sol. À vos billetteries, c’est vendredi midi la ruée.













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