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    Critique concert

    James Feddeck: la surprise du chef!

    11 février 2017 |Christophe Huss | Musique
    La seule chose que le jeune chef devrait soupeser est de décider s’il est vraiment nécessaire d’en faire autant en gestuelle et déplacements.
    Photo: Terry Johnston La seule chose que le jeune chef devrait soupeser est de décider s’il est vraiment nécessaire d’en faire autant en gestuelle et déplacements.

    Dans le cadre du concert de l’Orhestre symphonique de Montréal, jeudi, Midori était la vedette et James Feddeck, qui remplaçait Jeffrey Tate, l’invité-surprise. Même si la violoniste fut très convaincante, c’est ce chef inconnu qui mérite votre attention et le détour lors de la reprise, ce dimanche.

     

    Que ce soit par volonté ou ignorance, l’OSM s’est très largement tenu à l’écart, depuis 15 ans, de « ce qui bouge » dans le monde de la direction d’orchestre, tout au contraire des administrations des orchestres de Toronto ou du CNA d’Ottawa — ce dernier ayant même trouvé, grâce à cette curiosité naturelle, son nouveau chef, le très brillant et charismatique Alexander Shelley.

     

    Je ne vais pas dire que la soirée de jeudi nous a remboursés d’une décennie d’aveuglement volontaire, mais assurément, le choix de James Feddeck s’est montré aussi gagnant que celui des deux seuls noms à avoir émergé ici depuis 2006: Vasily Petrenko et Jakub Hrusa.

     

    Comme la mode des notices biographiques amphigouriques nous prive désormais de tout ou partie des trois seuls renseignements qui comptent vraiment (l’artiste vient d’où, quel est son âge et où a-t-il été formé), c’est en retraçant son parcours universitaire à l’Oberlin College que je déduis que Feddeck est un chef américain âgé de 32 ans.

     

    Ce qu’il faut prendre en considération, lorsque l’on juge un tel concert, dont le changement de chef a été connu le 2 février, c’est que James Feddeck a pris en charge, et sans le moindre changement, un programme qui n’est pas le sien. Il n’était donc pas censé s’y identifier ou le maîtriser à ce point. Or, Feddeck a porté de A à Z le programme de Jeffrey Tate comme s’il coulait dans ses propres veines depuis longtemps. Il s’y est montré inspiré et, surtout, juste, puisque les trois oeuvres déploient des textures orchestrales et coloris différents.

     

    Le coup de chapeau revient aussi à l’OSM qui a joué pleinement le jeu, compensant probablement parfois, par ses propres intuitions et sa culture (par exemple dans Ravel), ce qui pouvait être plus délicat pour le chef. Cela n’a pas empêché Feddeck de laisser sa marque ravélienne, par exemple dans le « pacing » des enchaînements et la superbe extinction finale. Le Britten était sûr, clair, bien équilibré et attentif, et Feddeck a trouvé le ton et les couleurs de Mendelssohn, le pupitre de clarinettes et les cors s’y couvrant de gloire.

     

    C’est donc peu dire que nous souhaitons revoir ce chef ici. La seule chose qu’il devrait soupeser est de décider s’il est vraiment nécessaire d’en faire autant en gestuelle et déplacements. Les musiciens n’ont pas besoin d’une telle démesure et pour le public, c’est sympathique mais limite « too much » (notamment le coup de claquette dans le Finale de Mendelssohn).

     

    Quant à Midori, elle aime et maîtrise le très difficile Concerto de Britten. Après quelques petites approximations au début, elle est rentrée dans le sujet avec moins de crispation et plus d’ampleur que lors de ses deux dernières prestations (Beethoven, Mendelssohn) à Montréal. Et l’oeuvre reste toujours aussi sublime.

    Midori et le Concerto pour violon de Britten
    Ravel : Valses nobles et sentimentales. Britten : Concerto pour violon. Mendelssohn : Symphonie no 3, « Écossaise ». Midori (violon), Orchestre symphonique de Montréal, James Feddeck. Maison symphonique de Montréal, jeudi 9 février. Reprise ce dimanche 14 h 30.












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