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    Musique

    Sylva Balassanian, Montréalaise universelle

    La chanteuse et pianiste offre le spectacle «Lady Sylva», du nom de son plus récent disque

    28 janvier 2017 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    L’album «Lady Sylva» a marqué un tournant pour Sylva Balassanian, qui s’apprête à s’y frotter maintenant en concert.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’album «Lady Sylva» a marqué un tournant pour Sylva Balassanian, qui s’apprête à s’y frotter maintenant en concert.

    Artiste à la voix pure et au français migrateur comme son piano, Sylva Balassanian offre son parcours avec le spectacle Lady Sylva ce jeudi au Lion d’Or. Au tournant du millénaire, on a connu d’elle cette délicatesse classique au bout des doigts et ce souffle chansonnier qui rappelle parfois celui de la grande Barbara, mais avec des inflexions orientales et la proximité de ses racines arméniennes et libanaises. Puis, avec Lady Sylva, qui est aussi le titre de son plus récent disque, elle assume la femme qu’elle est devenue.

     

    « Ce spectacle est vraiment un voyage qui commence par Beyrouth, ma ville de naissance et qui se poursuit par un détour en Arménie, le pays de mes ancêtres. En gros, la première partie du spectacle nous fait voyager en Orient, avec les pièces de mon premier disque, et la deuxième est composée des titres de Lady Sylva, mais il n’y a pas de frontières entre les deux. Avec toute la folie politique qu’on vit en ce moment, on ne veut pas de frontières », affirme Sylva.

     

    En 2002, elle avait fait paraître Souffles d’orient, un disque empreint des sources des musiques savantes, populaires ou traditionnelles ; ponctué de piano et d’instruments orientaux, de climats aériens et d’airs plaintifs. Puis, après une salutaire pause santé, elle est revenue en 2015 avec Lady Sylva, l’album de la femme libre qui chante majoritairement en français. Elle raconte : « C’est beaucoup plus des pièces originales, mais qui sont tournées autour de la femme que je suis et qui devient en fait une femme universelle avec ses peines d’amours, avec ses besoins d’affirmer son identité, avec son trajet de femme. »

     

    Et dans cela, il y a aussi la Montréalaise qui s’affirme : « Lady Sylva fut un tournant pour moi. Je me suis dit : “ Mes racines, j’ai donné ! ” Et aujourd’hui, je suis à Montréal, je vis à Montréal, j’aime à Montréal, je mange à Montréal, je grelotte l’hiver à Montréal, je fais comme tout le monde, je regarde c’est quand la prochaine tempête de neige. Ah non, il faut pelleter ! Je suis pure laine Montréal. Maudit hiver, ça se peut-tu ? » Elle pouffe de rire : on annonçait le cocktail météo pour le lendemain…

     

    Entre Sylva Balassanian et Lady Sylva, l’artiste avoue pourtant un dilemme identitaire, existentiel. Et depuis la parution en 2015 du disque qui annonce le présent concert, le caractère rebelle de cet être chaleureux s’affirme davantage. Elle confirme : « Lady Sylva, c’est quelqu’un qui met les poings sur la table, qui dit : “ C’est assez, il faut arrêter ces bombes ! ” Je pars à dos de chameau en tapis volant, j’ai brisé mes chaînes… » Elle chante Salam, La paix, dans ses quatre langues : le français, l’arménien, l’arabe et l’anglais. Elle slamme, conserve la mémoire alerte, se rappelle le village mythique détruit de ses ancêtres en faisant le lien entre les mots d’une chanson arménienne et un texte d’Éluard, avec la collaboration de Sophie Faucher qui sera présente en spectacle.

     

    Le disque Lady Sylva est dénudé, habité surtout par cette voix que l’on a comparée à celle de Joan Baez et ce piano grave, cristallin, classique ou simplement sensible. Au départ, l’artiste voulait ajouter plus d’instruments, mais le décès de sa mère pendant la création lui a fait trouver cette nouvelle incarnation.

     

    Depuis la sortie de l’album, Sylva tourne en reprenant la formule du disque, mais au Lion d’Or, elle proposera une version comprenant quelques enrobages sonores électriques et de nouveaux éclairages. Puis, elle se lancera dans la réalisation d’un projet de chansons pour enfants qui s’inspire aussi bien des bombes qui tombent que de la volonté de l’amour. Sylva est une Artiste pour la paix.


    Sylva Balassanian - Lady Sylva

    Au Lion d’Or, jeudi 2 février à 20 h. Première partie: Trio Passion Tango et Piazzolla, puis le duo Samba Jazz.












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