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    Galas de l’ADISQ

    Une année Leloup après l’année Leloup?

    15 septembre 2016 |Sylvain Cormier | Musique
    Les artistes mis en nomination au prochain gala de l’ADISQ
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les artistes mis en nomination au prochain gala de l’ADISQ

    Verra-t-on fin octobre aux différents galas de l’ADISQ notre Jean Leloup encore mal pris dans ses remerciements, tant il sera appelé et rappelé au podium ? Ça se pourrait. Fortement. L’an dernier, c’était le triomphe de l’album. Et du gars. À Paradis City ralliait tous les suffrages, et son créateur toutes les statuettes à sa portée. Cinq fois le Félix. La chanson-titre, l’album (rock), le choix de la critique, l’auteur-compositeur, l’interprète.

     

    Cette année, imaginez, ce sont les deux spectacles décantés de l’album qui sont plébiscités dans le lot des nominations dévoilées mercredi en fin d’après-midi au Club Soda. Et le gars, encore parmi les interprètes de l’année, aux côtés des Fred Pellerin, Louis-Jean Cormier, Pierre Lapointe et Marc Dupré. Plus une autre chanson de l’album, peut-être la plus parlante : Le voyageur.

     

    Impossible de trancher, donc, pour les membres votants de l’industrie, entre le spectacle en groupe (Jean Leloup et son orchestre en concert à Paradis City) et le pari solo (Le fantôme de Paradis City). Deux expériences absolument distinctes et absolument extraordinaires. Leloup, pour les deux spectacles, récolte aussi des nominations de metteur en scène. Mais attention ! Comme on dit en politique, ça pourrait diviser le vote.

     

    Renouvellement des forces vives

     

    À l’avantage de qui ? La donne est étonnante et passablement réjouissante parmi ceux qui sont en tête de peloton, et témoigne d’un sain renouvellement des forces vives de la chanson d’ici. Pensez que Safia Nolin, Coeur de pirate et 2Frères obtiennent cinq « nominations artistiques » (à distinguer des nominations « industrielles », plus techniques ou pointues).

     

    Songez qu’à quatre nominations chacun, il y a Koriass et Philippe Brach. Que Yann Perreau, Erik West-Millette et Fred Fortin suivent de tout près, trois fois en lice. Pour plusieurs d’entre eux, des « nominations industrielles décernées à l’artiste » s’ajoutent. Yann Perreau, beau cas de figure : on le signale pour son récent album, mais aussi pour la mise en scène et le script du spectacle collectif Piaf a 100 ans. Vive la môme ! Polyvalence remarquable.

     

    Safia Nolin, acclamée d’emblée

     

    La place faite à Safia Nolin, encore sous le radar il y a peu, suppose un émoi tel qu’une seule nomination parmi les révélations de l’année n’aurait pas suffi. Façon Lisa LeBlanc, on aime du premier coup, on consacre illico. Retrouver Safia Nolin au nombre des potentielles interprètes de l’année, entre Marie-Mai, Ingrid St-Pierre, Laurence Jalbert et Marie-Pierre Arthur, constitue déjà un exploit qui, on l’espère, ne donne pas trop le vertige. Signal fort de l’industrie ? La catégorie la plus en vue des créateurs, le Félix de « l’auteur ou compositeur de l’année », privilégie nettement ceux qui, marginaux ou relatifs nouveaux venus, font une sorte de chanson pas ordinaire : Bernard Adamus, Philippe Brach, Fred Fortin, Koriass et Sarah Toussaint-Léveillé. Signe de santé pour la création, malgré la crise du disque et les redevances lilliputiennes.

     

    On notera aussi l’espace grandissant qu’occupe la chanson en anglais dans le texte, et l’importance des artistes en présence. Non seulement avait-on l’embarras du choix pour les albums et les spectacles anglos (de Coeur de pirate à Patrick Watson en passant par Ian Kelly, Half Moon Run et Milk Bone), mais « l’artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec » est aussi l’affaire des Simple Plan et Barr Brothers, en compagnie des mêmes Half Moon Run, Pat Watson et Coeur de pirate. C’est plus qu’une tendance : plutôt le reflet d’un monde.

     

    Impossible ici d’aligner les 274 nominations que se partagent 116 artistes et presque autant de pros des métiers de la chanson sur disque et sur scène : on ira avantageusement consulter la liste complète sur le site de l’ADISQ. Et on poussera plus avant l’analyse de cette nouvelle donne à l’approche des trois galas de l’association : le « gala de l’industrie » et le « premier gala » présentés le jeudi 27 octobre (ce dernier sur les ondes de Télé-Québec, une première), et la grande bringue iciradiocanadienne du dimanche 30 octobre, encore et toujours animée par le très préparé Louis-José Houde. Qui devra fourbir d’autres bonnes lignes sur Leloup.

    Les artistes mis en nomination au prochain gala de l’ADISQ L’an dernier, <em>À Paradis City</em> avait rallié tous les suffrages, et son créateur toutes les statuettes à sa portée, soit cinq fois le Félix.












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