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    Musique classique

    Patrick Corrigan à la barre de l’Opéra de Montréal

    8 septembre 2016 |Christophe Huss | Musique
    Natif de Montréal, d’une mère francophone et d’un père anglophone, Patrick Corrigan dirigera l’Opéra de Montréal.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Natif de Montréal, d’une mère francophone et d’un père anglophone, Patrick Corrigan dirigera l’Opéra de Montréal.

    L’Opéra de Montréal invitait mercredi la presse dans les coulisses de la préparation d’Aida de Verdi, qui prendra l’affiche le 17 septembre prochain à la salle Wilfrid-Pelletier, et profitait de l’occasion pour présenter son nouveau directeur général, Patrick Corrigan.

     

    Patrick Corrigan ne manque pas d’esprit. Abordant d’une phrase en anglais la conclusion de son discours tenu entièrement dans un français soigné, il s’amuse avec un bon mot : « Il fallait que je dise quelque chose en anglais pour que vous sachiez que je suis bilingue ! »

     

    Natif de Montréal, d’une mère francophone et d’un père anglophone, Patrick Corrigan a réussi son « examen de passage » public au lendemain de sa prise de fonction comme directeur de l’Opéra de Montréal (OdeM).

     

    Retour après 25 ans

     

    C’est un « comité de relève », issu du conseil d’administration, qui a recommandé à l’unanimité la nomination de Patrick Corrigan à la direction de l’OdeM. Le nouveau directeur assumait précédemment la direction d’Opera Victoria, où il était rentré comme régisseur il y a 16 ans. Patrick Corrigan revient à Montréal après 25 années passées dans l’Ouest canadien. Le comité de relève le crédite de l’augmentation des collectes de fonds publics et privés, de l’augmentation de la billetterie, de la philanthropie et du rayonnement d’Opera Victoria.

     

    L’Opéra de Montréal a connu rayonnement et prospérité sous la direction du tumultueux Bernard Uzan entre 1988 et 2000. Après une période de flottement, les années 2003-2006, sous la gouverne du tandem Bernard Labadie et David Moss, ont été marquées par un regain d’aura artistique mais une grande fragilisation des finances. Le directeur général sortant, Pierre Dufour, épaulé à ses débuts par un conseil d’administration renouvelé et dynamisé par Alexandre Taillefer, a redressé les comptes par une gestion raisonnée en bon père de famille.

     

    Plus visionnaire

     

    Avec Patrick Corrigan, l’OdeM se sent amorcer une nouvelle phase avec un profil plus visionnaire. Le directeur dit vouloir explorer un répertoire plus large dans des salles plus diverses en intégrant les membres de l’Atelier d’opéra et en multipliant les collaborations avec des artistes de toutes les disciplines, le tout pour « élargir le rôle de l’OdeM dans la vie culturelle montréalaise ».

     

    Interrogé en aparté par Le Devoir, Patrick Corrigan avoue qu’une « grande partie de la réussite et de l’épanouissement sera l’engagement philanthropique de la communauté », lui qui veut « réunir une grande famille autour de l’art lyrique ». Ce sera le nerf de la guerre, car contrairement à la période 2003-2006, on sent que Corrigan ne mettra pas la charrue avant les boeufs : l’assurance de disposer de moyens financiers adéquats précédera les projets.

     

    En pratique, le nouveau directeur avoue ne pas connaître encore assez les salles dans lesquelles il pourrait redéployer les activités de l’institution, et ne sait pas à quelle mesure financière l’institution sera bénéficiaire de la commercialisation future de son spectacle Another Brick in the Wall, assurée par son prédécesseur Pierre Dufour. Bref, Patrick Corrigan a besoin de se poser et de prendre ses marques. L’avenir dira si ses rêves de philanthropie autour de l’art lyrique seront une utopie se heurtant aux dures réalités ou un électrochoc qui dynamisera la vie artistique de la métropole.













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