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    festival de Lanaudière

    Une intense communion

    18 juillet 2016 |Christophe Huss | Musique
    Emmanuelle Bertrand a excellé dans le «1er concerto» de Saint–Saëns.
    Photo: Christina Alonso Emmanuelle Bertrand a excellé dans le «1er concerto» de Saint–Saëns.

    Ce fut un bonheur d’assister aux deux concerts à Lanaudière en fin de semaine. Après la très fine lecture du Concerto pour violon de Beethoven par Anthony Marwood, les Violons du Roy et Bernard Labadie, vendredi (voir commentaire post-concert sur le site Web et l’application tablette du Devoir), nous sommes restés doublement dans l’esprit, samedi. Doublement, à travers une expérience de communion intense entre un soliste et un chef et une filiation dans la manière d’aborder Beethoven.

     

    Emmanuelle Bertrand avait manqué ses débuts à Lanaudière, il y a quelques années, en se montrant décevante dans le concerto de Dvorak. Elle a sérieusement pris sa revanche samedi, dans le 1er concerto de Saint–Saëns. Certes, tout n’était pas d’une impeccabilité coulée dans l’airain dans les passages en doubles cordes les plus délicats, mais il y avait de l’intensité à profusion. Le 2e mouvement, quasi murmuré (les instruments à cordes de l’orchestre ont des sourdines), restera autant gravé dans ma mémoire que le volet central du concerto de Beethoven, vendredi. Ce fut un moment de pure émotion, jamais sollicitée, mais provenant uniquement de la fine gestion des nuances et d’une respiration commune entre soliste, chef et musiciens.

     

    La manière d’attaquer les notes, de faire se succéder les séquences du finale et l’intelligence des phrases furent en tout point magistrales. Deux oeuvres courtes et calmes ont prolongé ce plaisir, celle de Dvorak, très recueillie et d’une intensité à fleur de peau, ayant été dédiée par la violoncelliste aux victimes des attentats de Nice. Une très grande émotion chargeait le silence final, trop vite brisé par les applaudissements.

     

    Une ouverture parfaitement saisie

     

    Jean-Marie Zeitouni, qui dirigeait les musiciens d’I Musici augmentés de plusieurs membres (vents) que l’on retrouve dans l’Orchestre du Festival, a superbement saisi l’univers de l’ouverture de Mendelssohn et a défendu une vision de la 5e symphonie de Beethoven proche de celle de Bernard Labadie dans le concerto, la veille, approche dans laquelle tout n’est pas toujours fort et crispé.

     

    Schématiquement, une interprétation de la 5e oscille souvent entre le mezzo forte et le fortissimo avec une scansion très dure. Zeitouni élargissait la palette du pianissimo au fortissimo, dans une conduite plus souple. Certes, la première note manquait d’unité, mais tout s’est placé ensuite, car cette proposition pertinente a été très bien relayée par l’orchestre où se distinguait à nouveau Hugues Tremblay aux timbales, mais aussi la flûtiste Danielle Bourget, toujours impeccable dans ses interventions.

     

    Une fois de plus, l’assistance était, hélas, décevante par rapport au public rassemblé pour le show d’ouverture. Dommage que la vraie musique n’attire pas davantage que le superficiel tapage, surtout médiatique.

    Festival de Lanaudière
    « Jean-Marie Zeitouni dirige la 5e symphonie de Beethoven ». Mendelssohn : Les contes de la belle Mélusine. Saint-Saëns : Concerto pour violoncelle n° 1 et Romance pour violoncelle et orchestre. Dvorak : Klid (Le silence de la forêt) pour violoncelle et orchestre. Beethoven : Symphonie n° 5. Emmanuelle Bertrand (violoncelle), I Musici, Jean-Marie Zeitouni. Amphithéâtre Fernand-Lindsay, samedi 16 juillet 2016.












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