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    30e Festival international Nuits d’Afrique

    La grande mosaïque

    9 juillet 2016 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Rachid Taha sera une des têtes d’affiche de Nuits d’Afrique.
    Photo: Festival international Nuits d’Afrique Rachid Taha sera une des têtes d’affiche de Nuits d’Afrique.

    Trente ans déjà ! Trente ans à ouvrir un monde et à partager les talents de l’Afrique et de sa diaspora. Cette année, du 12 au 24 juillet, le Festival international Nuits d’Afrique (FINA) offre une excitante programmation composée d’une dizaine de pointures et de plusieurs autres découvertes.

     

    D’abord, les figures : les Sierra Leone’s Refugee All Stars, Orquesta Aragón, Meiway le Mexican Institute of Sound, les Ogres de Barback et Afrique en Cirque se produisent gratuitement au Parterre du Quartier des spectacles, alors qu’en salle on retrouve Tabou Combo, Yael Naim, Manu Dibango avec la relève montréalaise et Rachid Taha, l’enfant terrible du raï-punk et au-delà. Nous l’avons joint par téléphone.

     

    Rachid Taha parle d’abord du concert de Montréal : « Comme j’ai changé pas mal de musiciens, je vais donner une autre couleur aux titres que j’ai faits auparavant. J’ai des musiciens beaucoup plus rock and roll, mais n’ayez pas peur, c’est pas encore Motörhead. En plus, comme j’ai expérimenté une tournée avec l’orchestre de Damon Albarn, j’ai peut-être quelques modifications à faire au spectacle. »

     

    Il s’inspire de tout, comme d’habitude. « Il fait très mauvais avec le climat politique. J’étais à l’aéroport d’Istanbul deux heures avant l’explosion du 28 juin. Ça fait un choc, quand même. On se dit que le monde est complètement transformé et que, de part et d’autre, on est tous responsables de ce qui arrive. J’ai joué à Londres la journée du vote pour le Brexit. Je trouve ça très mauvais et on est en plein milieu des événements. Ça sent un peu la merde avec tous ces populistes d’extrême droite. Ça sent l’avant-guerre. Mais il ne faut pas se laisser envahir par la peur non plus. »

     

    Comme le FINA, le raï célèbre aussi ses 30 ans. Quel regard le garnement porte-t-il sur l’évolution du grand genre oranais ? « En Algérie, c’est toujours la même chose, ils chantent toujours pareil et c’est toujours les mêmes effets, ça n’a aucun intérêt. Les artistes ont du talent, mais la production n’est pas terrible. J’ai un projet pour faire le Trans Raï Express. C’est avec des jeunes raïmens que je veux former et avec qui je voudrais tourner dans le monde. » À suivre de près, donc, tout comme le disque Diwan 3 dont la production est en cours. Monsieur « Douce France » y ajoutera des pièces en français, dont une reprise de Piaf.

     

    Différentes séries

     

    Retour au 30e FINA : cette année, on ajoute une journée à la programmation extérieure et trois concerts à la série Les Étoiles Nuits d’Afrique, qui sera animée par Salamate Gnawa, Gotta Lago et Senaya, qui proposeront des concerts avec des invités différents tous les soirs. Une nouvelle série est également à l’affiche : Voix du monde, qui permettra d’entendre le Chilien Nano Stern, la Camerounaise Kareyce Fotso, le citoyen du monde Daby Touré et le brillant musicien-comédien montréalais Adama Daou, qui s’est fait valoir auprès de Lo’Jo. Ajoutons à cette liste Ana Alcaide, une splendide découverte mondiale, et Morikeba Kouyaté, qui se produira en programme double avec notre Zal Sissokho dans le cadre de La Nuit de la kora.

     

    La série Révélations est particulièrement relevée, avec des artistes qui, sauf le Montréalais Ilam, en sont à leur premièrevisite à Montréal. Vaudou Game donne dans l’afro-funk togolais aux influences vaudous. BKO Quintet mélange les traditions des griots malinké à celles des chasseurs bambaras. Faris reprend des classiques du blues du Mississippi en tamasheq et Elida Almeida est un nouveau talent du Cap-Vert.

     

    Comme toujours, la musique urbaine et la world 2.0 occupent heureusement leur place. La série Nuits d’Afrique Sound System propose la soirée Canicule tropicale avec le DJ californien Beto, alors que Pull-Up Selecta #6 lorgne le reggae élargi avec Krak in Dub, Dirty Dubsters, The Goods Soundsystem et Barrio Son Sao. Reste les derniers, mais non les moindres : le maloya actuel de Grèn Sémé, le hip-hop percussif de A2VT, le reggae mandingue de Dakka et la soul folk engagée mâtinée d’électro et de racines mandingues d’Inna Modja. Son disque Motel Bamako est un régal.

    Le FINA du 12 au 24 juillet au Balattou, au théâtre Fairmount, à la Sala Rossa, au Métropolis, au Gesù, au National et au Parterre du Quartier des spectacles.

    Rachid Taha : au Métropolis de Montréal, le mercredi 13 juillet ; à la place d’Youville de Québec, le jeudi 14 juillet.













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