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    17e édition de MUTEK

    Une cure de rajeunissement avérée

    6 juin 2016 | Philippe Renaud - Collaborateur | Musique
    Jerilynn Patton, alias Jlin, dont la touche unique a fait mouche auprès des festivaliers
    Photo: © Caroline Hayeur / Collectif Stock Photo Jerilynn Patton, alias Jlin, dont la touche unique a fait mouche auprès des festivaliers

    L’affiche de la 17e édition du festival international de créativité numérique et de musiques électroniques MUTEK qui s’est conclue hier soir s’annonçait faste en découvertes. Elle a rempli sa promesse : ces cinq derniers jours ont rassasié les curieux, alors que les projecteurs étaient braqués sur un nombre record d’artistes féminines et de musiciens émergents. Moments choisis de cette dernière édition printanière de l’événement qui déménage en août dès l’an prochain.

     

    « Montréal ne pardonne pas : avec le public de MUTEK, tu sens tout de suite dans la salle quand c’est bon », avance Vincent Lemieux, membre du comité de programmation artistique du festival.

     

    Il prend pour exemple la performance de Jerilynn Patton, alias Jlin, programmée en soirée vendredi (au Musée d’art contemporain) et samedi (au parterre du Quartier des spectacles). Sa touche unique qu’elle appose au footwork, ce son rude et frénétique issu de l’underground de Chicago, a fait mouche auprès des festivaliers. Impériale et explosive, l’artiste afro-américaine a limpidement traduit toute l’urgence et l’exaltation du genre musical, se démarquant sur le plan des structures et des échantillons sonores choisis.

     

    « Lorsqu’on a commencé il y a dix-sept ans, il était difficile de trouver des femmes à inviter au festival, abonde Lemieux. Aujourd’hui, cette plus grande présence féminine à l’affiche de MUTEK s’est faite très naturellement puisqu’elles sont nombreuses sur la scène et leurs projets sont bons ». C’est le cas de Kara-Lis Coverdale, par exemple, qui a fait la démonstration de son oreille fine pour la composition, offrant une performance ingénieuse et complexe.

     

    La Française Colleen, revenue à la scène depuis deux ans après avoir fait parler d’elle au milieu des années 2000 avec son électro harmonieuse et « organique », a fait bel effet vendredi soir dernier. Manipulant les sons de sa voix et son violoncelle, elle tissait de simples et poignantes ritournelles, baignées de réverbérations.

     

    Autres coups de coeur

     

    Autre coup de coeur féminin en provenance de Magnanime, programmée au sous-sol du MAC mercredi dernier. Pendant que la musicienne et chanteuse suisse Aïsha Davi reproduisait très (trop ?) fidèlement son album Of Matter and Spirit, Magnanime injectait une sérieuse dose de house funky dans une foule qui ne se faisait pas prier pour danser, dans cette salle autrement réservée aux propositions musicales plus atmosphériques et expérimentales. Son traitement live d’échantillons de voix lui sert de signature sonore distinctive.

     

    Les artistes mieux établis de cette 17e édition ont également laissé leur empreinte. Plongés dans un épais nuage de fumée artificielle, les spectateurs ont tout absorbé des longs drones abrasifs de Tim Hecker, tête d’affiche au MAC jeudi dernier. Puissant et évocateur comme on le connaît, Hecker a cependant été chiche du matériel de son récent album, Love Streams, nous replongeant surtout dans les sombres thèmes et les motifs sonores de ses deux ou trois précédents disques.

     

    L’Allemand Burnt Friedman a fait de sa performance une formidable messe tribale : installé au centre de la salle principale du MAC vendredi dernier, entouré de ses synthés, puis du public, le vétéran a déployé ses polyrythmies, à mi-chemin entre le house et le broken beat, le tout nappé d’une épaisse sauce d’échos dub. Fameuse performance, et nous en dirons autant de celles de Machinedrum, Peder Mannerfelt (son DJ set au parterre) et Lee Gamble Dave Gaskarth.

     

    Déceptions

     

    Quelques bémols peuvent aussi être exprimés à propos de cette édition de MUTEK. Des déceptions, comme la redondante performance de l’Italien Lorenzo Senni et son trance/EDM déconstruit. Des doutes aussi, comme le son presque punk-metal du Britannique Powell, qui a laissé le public de marbre (et ses tympans en compote !), ou encore l’absence de musiciens fédérateurs lors des deux soirées au Métropolis.

     

    Alain Mongeau, directeur de MUTEK, confirme que cette 17e édition bouclera un budget équilibré, un véritable tour de force considérant que les appuis financiers (subventions, commandites) « sont au même niveau depuis dix ans, alors que les cachets pour les artistes explosent », sans même parler de la baisse du dollar canadien qui n’aide pas les organisateurs de festivals.

     

    « Par la force des choses, ça nous pousse à être plus créatifs et stratégiques dans nos choix de programmations ». Ce retour à une affiche exploratoire et rajeunie donne heureusement une cure de rajeunissement à MUTEK, qui atteindra la majorité l’an prochain et se tiendra à la fin du mois d’août. En attendant cette 18e édition « qui marquera la mise en place d’un plan nous menant jusqu’aux célébrations du 20e anniversaire », MUTEK s’implantera en novembre à Tokyo pour une première édition japonaise, après celles de Mexico et de Barcelone.

    Jerilynn Patton, alias Jlin, dont la touche unique a fait mouche auprès des festivaliers Plongés dans un épais nuage de fumée artificielle, les spectateurs ont tout absorbé des longs drones abrasifs de Tim Hecker. Le son presque punk-metal du Britannique Powell a laissé le public de marbre (et ses tympans en compote !). Peder Mannerfelt a livré une bonne performance au parterre du Quartier des spectacles. Coup de coeur féminin: la Montréalaise Magnanime (Sara Magnan). Machinedrum a livré une belle performance au parterre du Quartier des spectacles. Fameuse performance de Lee Gamble Dave Gaskarth au Musée d'art contemporain. La foule a été conquise par Kara-Lis Coverdale à la salle principale du Musée d'art contemporain de Montréal. Kara-Lis Coverdale a fait la démonstration de son oreille fine pour la composition, offrant une performance ingénieuse et complexe. Les musiciens et producteurs montréalais Marie Davidson et Pierre Guerineau forment le groupe Essaie pas. La Française Colleen, revenue à la scène depuis deux ans, a fait bel effet vendredi soir dernier. L’Allemand Burnt Friedman a fait de sa performance une formidable messe tribale.












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