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    MUTEK

    Partons à l’aventure

    Jeremy Gara, d’Arcade Fire, présente en solo le suprenant «Limn»

    3 juin 2016 |Philippe Renaud | Musique
    Jeremy Gara propose un disque constitué de douze compositions électroniques ambient flirtant avec le bruitisme.
    Photo: Brantley Gutierrez Jeremy Gara propose un disque constitué de douze compositions électroniques ambient flirtant avec le bruitisme.
    Disque
    Limn
    Jeremy Gara
    NRCSS Industry

    Qu’un membre d’Arcade Fire lance son album solo, rien d’étonnant là-dedans. Après tout, ils l’ont tous déjà fait, sauf Régine et Win. Mais que Jeremy Gara, batteur du célèbre groupe rock, en propose un constitué de douze compositions électroniques ambient flirtant avec le bruitisme, voilà de quoi nous prendre par surprise. En performance à MUTEK, le musicien montréalais nous invite dans son petit univers parallèle ce soir, au Musée d’art contemporain.

     

    Pour le non-initié, la programmation artistique du festival MUTEK peut sembler hermétique. Une fausse impression, devons-nous insister, tant la proposition est variée, allant des rythmiques house funky présentées lors des deux soirées au Métropolis (ce soir et demain) aux aventures sonores certes plus exigeantes comme on en trouve au Musée d’art contemporain. C’est pourtant ces dernières qui attirent Jeremy Gara d’Arcade Fire, fraîchement accueilli au sein de la famille de musiciens de MUTEK.

     

    « En fait, ça fait des années que j’assiste au festival, confie le Montréalais, originaire d’Ottawa. Je me suis toujours un peu senti faire partie de cette communauté — à tout le moins en tant que fan et spectateur. À vrai dire, moi-même, je ne connais pas la moitié des artistes qui participent au festival. Bien souvent, je vais à une soirée pour voir une performance en particulier, mais j’y reste pour les découvertes. Alors, si un spectateur vient à MUTEK pour voir le gars d’Arcade Fire et entre dans la communauté MUTEK par cette porte-là, ben tant mieux ! »

     

    L’imprévisible

     

    De la même manière, le premier album solo de Jeremy Gara est une invitation à la découverte, à la sensation d’être amené ailleurs par le son, à la trépidation de ne pas savoir à quoi s’attendre d’une oeuvre musicale, à vivre ce moment « où on ne peut plus se dire : Ah ! C’est le couplet, et voici encore le refrain, et l’autre couplet suivra ».

     

    L’imprévisible, c’est la marotte de Gara. « Moi-même, je suis surpris par la musique de mon album », intitulé Limn, enregistré durant près d’un an et demi et paru en mars dernier. « Ça fait quinze, presque vingt ans que je joue de la batterie avec plein de gens. Ce disque illustre en quelque sorte la musique que j’écoute lorsque je ne joue pas de la batterie. La musique que j’apprécie est celle qui s’éloigne le plus de ce que je fais, avec Arcade Fire ou d’autres. »

     

    Abreuvé par le jazz d’avant-garde, le métal extrême et la musique électronique, le batteur a rangé ses tambours pour faire ce qu’il n’avait jamais pris le temps de faire : de la musique pour lui-même. Tout seul, « avec un clavier ou un synthé que j’empruntais à quelqu’un avec la consigne de m’asseoir devant pendant une heure, d’improviser et d’enregistrer tout ça pour voir ce qui en sortirait ».

     

    Des enregistrements de ces sessions solos improvisées, il en a empilé sur son disque dur. « Toutes sortes de sons aussi, des trucs que j’enregistrais en tournée, des sons ambiants, parfois même captés avec mon téléphone. » Si l’idée d’offrir un album solo lui passait par la tête, ce n’est qu’à l’automne dernier qu’il a senti qu’il possédait assez de matériel sonore pour se lancer.

     

    « Il y a beaucoup de travail à l’ordinateur derrière Limn », oeuvre contemplative, mais pas forcément apaisante. Des lignes de synthétiseurs obsédantes, des bruits de fond rarement offensifs, Limn est une trame sonore méditative et ensorcelante, inégale par moments, mais jamais terne. « Appelle ça de la musique expérimentale si tu veux, mais ce que j’imaginais d’abord, c’est une forme sonore qui puisse aller dans n’importe quelle direction. C’est ce qui me stimule, que ça puisse me surprendre moi-même. »

     

    Improviser sur de l’établi

     

    Gara s’amène au Musée avec sa quincaillerie de fils et de claviers pour improviser « sur la base des sons qui m’ont servi à faire l’album. Ça change à chaque fois [il a déjà donné deux concerts, d’autres sont au programme], je répète chez moi, toujours avec l’intention d’amener ailleurs ces pièces ».

     

    Il espère pouvoir trimbaler son projet solo en tournée, voire « donner des concerts tard le soir, quelque part, après un concert d’Arcade Fire, disons. Je n’ai pas peur de travailler et de faire de longues journées… » Pour l’heure, le plus difficile est de concilier ses nombreux projets.

     

    « On n’a pas encore de calendrier avec Arcade Fire, j’attends de voir ce que je ferai dans les prochains mois. » Un nouvel album est déjà en chantier, confirme Gara : « Depuis l’automne dernier, on enregistre. En réalité, on enregistre tout le temps. Les gens ont des attentes à l’endroit d’Arcade Fire, mais malgré tout, on prend le temps qu’on veut. On a des chansons, plein d’idées, mais pas encore vraiment de son ou de direction. »

     

    L’imprévisible, encore et toujours.

    Limn
    Jeremy Gara, NRCSS Industry












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