Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Opéra – Ô aimé!

    C’est tout naturellement que «Les feluettes» passent du théâtre à l’opéra

    Etienne Dupuis (Simon Doucet) et Jean-Michel Richer (Comte Vallier de Tilly) 
    Photo: Yves Renaud Etienne Dupuis (Simon Doucet) et Jean-Michel Richer (Comte Vallier de Tilly) 

    C’était écrit quelque part. Avec son romantisme consommé, sa théâtralité exacerbée et son abondance de ressorts tragiques, la pièce de Michel Marc Bouchard avait tout pour servir de trame à un opéra. Dans le parcours déjà exceptionnel des Feluettes — un film et d’innombrables productions dans le monde entier au cours des 30 dernières années —, l’opéra de Kevin March est une indéniable consécration.

     

    « Je te compose, je te crée. Je te fais vivre et je te tue. Je te ressuscite. » Cette formule, qui est en quelque sorte le coeur battant de sa pièce, Michel Marc Bouchard a choisi d’en faire un leitmotiv de son livret. Quelques mots qui suffisent à évoquer l’ingénieux dispositif dramatique qui permet à Simon, même derrière les barreaux, 40 ans après les tragiques événements qui se sont déroulés à Roberval en 1912, d’employer le théâtre pour assouvir sa soif de justice et célébrer son amour pour Vallier.

     

    Musique à propos

     

    Alors que l’auteur est parvenu à extraire la quintessence de sa pièce, ne conservant des dialogues que ce qui sert directement la progression de l’action, gommant le joual sans dénaturer les personnages, reliant les épisodes intimes et collectifs par l’inaltérable aspiration au sublime des amants, la musique du compositeur australien d’origine états-unienne Kevin March, somptueuse dans les solos comme dans les choeurs, épouse le caractère lyrique du récit sans le redoubler.

     

    En 2002, à l’Espace Go, Serge Denoncourt offrait une relecture fort maîtrisée des Feluettes. Le metteur en scène et ses concepteurs reprennent ici, sur le grand plateau de la salle Wilfrid-Pelletier, l’essentiel de leurs trouvailles « carcérales » d’autrefois, et c’est tant mieux parce que le charme opère tout autant qu’il y a 14 ans. Des barreaux omniprésents aux costumes monochromes en passant par la grandiose évocation du lac gelé et des flammes dévorantes, la force de l’esthétique contribue grandement à la cohérence du spectacle.

     

    Alors qu’on savait déjà tout le talent d’Étienne Dupuis (Simon), on découvre la voix impressionnante de Jean-Michel Richer (Vallier). Le baryton et le ténor, comédiens convaincants, incarnent sans retenue la passion qui relie leurs personnages. Après Madrid, où Brokeback Mountain, l’opéra de Charles Wuorinen, a été créé en 2014, c’est au tour de Montréal d’accueillir un opéra où deux hommes se déclarent explicitement leur amour. C’est en soi historique, ça risque d’en faire sourciller quelques-uns, et c’est très bien comme ça.

    Etienne Dupuis (Simon Doucet) et Jean-Michel Richer (Comte Vallier de Tilly)  Alors qu’on savait déjà tout le talent d’Étienne Dupuis (Simon), on découvre la voix impressionnante de Jean-Michel Richer (Vallier). Etienne Dupuis (Simon Doucet)  Gordon Gietz (Monseigneur Jean Bilodeau) Jean-Michel Richer (Comte Vallier de Tilly) et Etienne Dupuis (Simon Doucet)
    Les Feluettes
    Livret : Michel Marc Bouchard, d’après sa pièce. Musique : Kevin March. Mise en scène : Serge Denoncourt. Chef d’orchestre : Timothy Vernon. Décors : Guillaume Lord. Costumes : François Barbeau. Éclairages : Martin Labrecque. Une coproduction de l’Opéra de Montréal et du Pacific Opera Victoria. À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 24, 26 et 28 mai 2016 et au Royal Theatre (Victoria) les 20, 22, 28 et 30 avril 2017.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.