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    Musique classique

    NEM: le changement dans la continuité

    Un concert de clôture du NEM chargé de signification

    28 avril 2016 |Christophe Huss | Musique
    La soirée a été marquée par l’annonce du départ de Lorraine Vaillancourt de la direction artistique du NEM.
    Photo: Bernard Préfontaine La soirée a été marquée par l’annonce du départ de Lorraine Vaillancourt de la direction artistique du NEM.

    C’est avec un concert solide et à l’affiche luxueuse, où deux oeuvres associaient choeur et ensemble instrumental, que le Nouvel Ensemble Moderne mettait un terme à sa 27e saison.

     

    Sans que cela occulte le concert proprement dit, la soirée reste tout de même marquée par l’annonce du départ de Lorraine Vaillancourt de la direction artistique du NEM. La figure de proue du Nouvel Ensemble Moderne y restera attachée comme chef d’orchestre, responsable de la « direction musicale principale ».

     

    Le nouveau directeur artistique est Normand Forget, membre fondateur du NEM et directeur général depuis trois ans. M. Forget est monté deux fois sur scène, sans se présenter (il est vrai que le parterre contenait très majoritairement invités et amis qui le connaissent bien), pour, à travers moult phrases elliptiques, vanter l’encan silencieux qui se tenait au profit de l’ensemble à l’étage du dessous.

     

    Même si Normand Forget s’est présenté comme une sorte de poète énigmatique, le programme du concert et le credo exprimé par le communiqué de presse annonçant le changement de direction artistique montrent que le cap du NEM reste inchangé. Normand Forget y est décrit comme « partageant les mêmes passions et porteur du même idéal artistique ». « Nous portons un regard très semblable sur ce qu’est le NEM et ce qu’il faut faire pour qu’il reste le NEM », ajoute Lorraine Vaillancourt.

     

    Noms réputés

     

    Cette ligne était incarnée, mardi, par des noms réputés de la création dite d’avant-garde : Philippe Leroux, Hugues Dufourt et Iannis Xenakis, auxquels s’ajoutaient Zad Moultaka, avec une fruste composition chorale rappelant Les noces de Stravinski, sans les lignes ni le dispositif instrumental, et John Rea pour une nouvelle création aux accents apocalyptiques.

     

    En matière d’« idéal artistique », le traitement choral vu chez Moultaka, Leroux, Xenakis et Rea est celui privilégiant la recherche dans le mode d’émission des sons. Il n’y a pas là de lignes ou de subtiles harmonies.

     

    La recherche sonore, donc : le NEM est un laboratoire et s’est présenté ainsi, tout comme l’excellent choeur français Solti-Tutti, impressionnant dans une redoutable oeuvre révoltée de Xenakis. Hugues Dufourt semble s’en tenir à la recherche, à force de triturations (piano, puis violoncelle et, partout, percussions). On se demande où va L’Amérique d’après Tiepolo, et, après 10 minutes, on se soucie surtout de quand et comment cela va finir, malgré la curiosité engendrée par les créations sonores du percussionniste Julien Grégoire. L’oeuvre de Dufourt est comme un gel qui ne réticule jamais. De ce point de vue, Philippe Leroux me semble le grand vainqueur de la soirée. Il ne recherche pas moins l’inouï que ses confrères, mais il aboutit à une singulière alchimie qui exerce une étrange fascination poétique.

    Concert de clôture
    Zad Moultaka : Maceghja (2015) pour choeur mixte. Philippe Leroux : Pour… (2005, révision 2016), pour choeur mixte et ensemble. Hugues Dufourt : L’Amérique d’après Tiepolo (2016, première nord-américaine). Iannis Xenakis : Nuits (1968), pour choeur mixte. John Rea : La chute des anges rebelles (2016, création mondiale). Choeur Soli-Tutti, Nouvel Ensemble Moderne, Denis Gautheyrie et Lorraine Vallancourt. Monument-National, mardi 26 avril 2016.












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