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    Critique concert

    Une «Fantastique» avenante

    23 avril 2016 |Christophe Huss | Musique
    Christoph Campestrini
    Photo: Orchestre Métropolitain Christoph Campestrini

    L’Orchestre Métropolitain accueillait son public avec un très beau programme à l’orée d’une fin de semaine. Il était évidemment redoutable pour le chef Christoph Campestrini de passer quelques mois après la renversante Fantastique de Jacques Lacombe à l’OSM. Avant de voir comment les deux choses se comparent, quelques mots sur David Jalbert, soliste du 2e Concerto de Chopin.

     

    Le pianiste, titulaire d’une maîtrise de l’Université de Montréal, diplômé de la Juilliard School de New York, qui enseigne désormais à l’Université d’Ottawa, est un artiste d’une très grande intégrité et sobriété. Dénué de toute esbroufe, son 2e Concerto de Chopin touche davantage par le naturel de sa respiration que par la variété du toucher. Jalbert joue Chopin avec une palette mozartienne. Cela tend à placer les affirmations et les digressions musicales sur le même plan, mais assurément on ne pourra pas lui reprocher d’en faire trop !

     

    Campestrini s’est lancé dans une interprétation très fougueuse voir bousculée de ce concerto (introduction) avant de se tempérer au contact du pianiste. Le 2e Concerto de Chopin suivait une Pavane pour une infante défunte un peu lente, mais intériorisée et très bien articulée (transitions).

     

    Par rapport à la Fantastique OSM-Lacombe, la Fantastique OM-Campestrini était certes ardente mais moins folle. En termes automobiles, il en manquait un peu sous la pédale. Il est vrai que l’Orchestre Métropolitain est un peu moins fourni, ce qui s’entend dans les déluges ninivites de Berlioz.

     

    Parmi les qualités de cette avenante Fantastique de Campestrini, il y avait le désir constant de relancer le discours, qui faisait mouche dans un 1er mouvement très bien agencé. Je regrette toujours que personne à Montréal n’ose jouer le Bal dans sa version avec cornet solo. Campestrini, qui a moins misé que Lacombe sur la spatialisation dans la Scène aux champs, a bien réussi les deux derniers mouvements, aidé par une remarquable section de percussion.

     

    Belle soirée. Pas inoubliable, mais sympathique, qui aurait été encore plus agréable sans d’incessants applaudissements entre les mouvements. Contrairement à d’autres, je comprends tout à fait que le public puisse s’enthousiasmer après un très brillant 1er mouvement de concerto au point de ne pouvoir refréner ses applaudissements. Par contre, pour interrompre la Fantastique entre la Scène aux champs et la Marche au supplice, ou entre la Marche au supplice et le Songe d’une nuit de Sabbat, il faut quand même n’avoir ni jugeote, ni grand dessein dans la vie.

    La symphonie fantastique
    Ravel : Pavane pour une infante défunte. Chopin : Concerto pour piano n° 2. Berlioz : Symphonie fantastique. David Jalbert (piano), Orchestre Métropolitain, Christoph Campestrini. Maison symphonique de Montréal, vendredi 22 avril 2016.












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