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    À deux c’est mieux

    Un disque pour les noces de chanson de Renée Martel et Patrick Norman

    15 avril 2016 |Sylvain Cormier | Musique
    Renée Martel et Patrick Norman sont amis pour la vie, comme dit le titre de l’une des chansons de «Nous», leur tout premier album en duo.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Renée Martel et Patrick Norman sont amis pour la vie, comme dit le titre de l’une des chansons de «Nous», leur tout premier album en duo.
    Musique
    Nous
    Renée Martel et Patrick Norman
    Martin Leclerc Productions

    Au bout de la grande table dans un resto de Longueuil, Patrick Norman et Renée Martel s’asticotent. Patrick « fait son comique », dit Renée. Pas tenable. La grande dame de la chanson country-pop rappelle l’acolyte à l’ordre, rien n’y fait. Elle rigole, l’admoneste, rigole encore. Il en rajoute. Répliques sans chichi, scène de cuisine : ça tient du vieux couple, ce qu’ils sont un peu, forcément, à force d’animer à deux des émissions de télé, de partager des scènes, mais aussi de se soutenir l’un l’autre, depuis combien de temps, au fait ? Renée résume : « Pour moi, Patrick a toujours été là. C’est à lui que je téléphone en premier quand ça va pas bien… » L’essentiel est dit. « Je la connais depuis que je suis tout petit », interjette Patrick, content de son coup. « C’est vrai ! En 1967, j’étais avec les Fabuleux Élégants, et elle était déjà une vedette avec Liverpool ! » Et Patrick de chantonner le refrain… Et Renée de sourire tendrement. Sacré Patrick.

     

    Amis pour la vie, oui, comme dit le titre de l’une des chansons de Nous, tout premier album en duo de Renée Martel et Patrick Norman. Tout premier, vraiment ? Les deux acquiescent, Renée explique. « Ben oui ! On en a toujours parlé, mais là c’était moi qui ai dit, ça va faire le niaisage, on le fait, c’est maintenant ! » Patrick fait le docile : « J’ai pas eu le choix… » Elle s’esclaffe et lui fait les gros yeux. « Advienne que pourra / Pour un pour l’autre », leur a écrit Robert Laurin, l’auteur de Quand on est en amour, l’hymne national de Patrick. « Ce sont toutes des chansons originales, déclare non sans fierté le chanteur et guitariste émérite. On ne voulait pas un album de covers, ç’aurait été paresseux. » On imagine sans peine des reprises de You’ve Got a Friend, de L’amitié. « Notre modèle, continue Patrick, c’est Dottie West et Kenny Rogers : non seulement des chansons écrites pour eux ou par eux, mais toujours chantées ensemble. »

     

    Toutes les voix ont été gravées en même temps, yeux dans les yeux. Patrick devient presque grave pour en parler : « Il y a une magie quand nos voix se marient, les gens l’ont toujours senti sur scène, et ça s’entend tout de suite sur l’album… » Renée renchérit : « On est plus que mariés, plus qu’amoureux quand on chante. Il y a une sorte de garantie entre nous. Quand on chante ensemble, je sais quelle note il va faire, j’ai même pas à me poser la question, et je sais que lui non plus. Son phrasé, mon phrasé, c’est physiquement lié. » Elle nuance : « Sauf pour Ouverture, où l’on chante ensemble du début à la fin, on se retrouve surtout dans les refrains, quand même : ce qu’on voulait beaucoup, c’est un dialogue. On se parle tout le long. Ça a été écrit exprès pour ça. »

     

    Des courtepointes d’affection

     

    Toutes les contributions sont ainsi des courtepointes d’affection, du cousu main pour les indéfectibles. Ève Déziel et Michel Rivard ont tricoté d’exquis motifs pour leur Amis d’amour, Bourbon Gautier a gossé dans le beau bois de guitare son Tant de tendresse, Nelson Minville a posé la seule question qui importe : M’aimeras-tu demain ? Chacun a fait l’effort supplémentaire que commandait l’occasion enfin saisie d’immortaliser les tourtereaux sur disque, après tant de temps passé ensemble partout sauf en studio. Mario Peluso a donné le meilleur de sa manière folk sur un texte de Guillaume Vigneault, Éric Goulet a fourni On est là, en plus de réaliser discrètement et efficacement l’album. Et ainsi de suite : rien de trop, rien que du beau, et l’amitié exaltée à toutes les rimes.

     

    On parle ici d’amitié pour vrai, avec le réconfort et les affres de l’âge. « Et si la peur de vieillir nous affole un peu / On puisera dans les souvenirs de nos moments heureux », écrit Bourbon. « C’est l’idée de ne pas être seul, l’amitié c’est plus durable que l’amour, constate Renée. C’est savoir qu’il y a quelqu’un qui va veiller sur nous… » Patrick ne peut s’empêcher d’en placer une : « Bourbon avait une autre chanson qu’on n’a pas mise sur l’album et qui dit : “ Viens à mes funérailles / Je te promets d’aller aux tiennes ”. » Renée soupire. « Franchement, je pense qu’on n’est pas encore rendus là ! » Et Patrick de rigoler en douce : « Je prendrai pas de chances, je vais la mettre sur mon prochain album… » Renée lève les yeux au ciel. On ne s’ennuiera pas au spectacle en commun qu’amènera l’automne. Renée offre déjà son plus beau sourire : « Je pense qu’on va faire du bien au monde… »

    Nous
    Renée Martel et Patrick Norman, Martin Leclerc Productions












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