Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Musique

    Jean Derome, l’oulipien du jazz

    16 avril 2016 | Serge Truffaut - Collaborateur | Musique
    Grâce à l’obtention d’une bourse, Jean Derome a pu monter une série de spectacles déclinant ses 45 ans de carrière.
    Photo: AMIR Parsamehr Grâce à l’obtention d’une bourse, Jean Derome a pu monter une série de spectacles déclinant ses 45 ans de carrière.

    Au sud de la frontière, il y a John Zorn, le saxophoniste défricheur, l’arrangeur iconoclaste, le compositeur de fond comme on dit coureur de fond. Au nord, donc ici comme là, il y a Jean Derome qui est ce qu’est John Zorn, qui est également un homme de la renaissance, un encyclopédiste, un oulipien. Oulipien ? Eh oui, il a même mis George Pérec et son Chapitre sans E en musique il y a deux décennies de cela.

     

    Il y a 12 mois moins 12 jours, donc le 28 avril 2015, Jean Derome a amorcé la bien nommée Année Jean Derome. Bien nommée ? Grâce à l’obtention de la Bourse de carrière accordée par un jury regroupant des personnalités de divers horizons et formé par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Derome a pu monter une série de spectacles déclinant, entre autres choses, ses 45 ans de carrière.

     

    Parmi les signes et les faits qui distinguent cette dernière, on retient celui qui les tient tous ensemble, qui est leur dénominateur commun : l’énorme travail accompli jour après jour. On insiste : notre saxophoniste et flûtiste travaille 48 heures en 24. « Tous les jours, je consacre une heure de pratique à la flûte et autant aux saxophones. Tu ne peux pas arriver sur scène et jouer à froid du baryton. L’aspect physique propre à cet instrument t’oblige à rester en forme, car il est lourd et exige beaucoup de respiration. Tu dois également faire attention à l’entretien de ces instruments. »

     

    Il joue des saxophones et non pas d’un, il joue des flûtes et non pas d’une, et il compose abondamment. Pour lui et ses diverses formations, soit Les Dangereux Zhoms, l’extraordinaire trio avec Normand Guilbeault à la contrebasse et Pierre Tanguay à la batterie, et celle dont il est membre depuis des lunes, soit La Fanfare Pourpour, mais aussi pour les films d’animation et des compagnies de danse.

     

    « Je compose tout d’abord dans ma tête. Puis avec un crayon et un papier, je fais des esquisses. Ensuite, j’ai recours au piano. Je n’utilise pratiquement jamais les saxes et les flûtes. Puis je termine à l’ordinateur. » Et les arrangements de Monk, Ellington, Roland Kirk et autres ? « Je fais tout d’abord un portrait-robot. Puis, j’essaye d’oublier l’original. Avec Guilbeault et Tanguay, je donne un ou deux éléments, guère plus, car il y a une grande confiance entre nous. Tout est fait pour qu’il y ait une grande marge de manoeuvre. »

     

    Jusqu’à présent, l’Année Derome a mis en relief le Derome compositeur davantage que le Derome instrumentiste. Ainsi, au dernier Festival international de musique actuelle de Victoriaville, Derome a dirigé un orchestre de 20 musiciens qui ont joué une de ses créations originales intitulée Résistances. Le quatuor de saxophones Quasar, dont André Leroux au ténor, a fait la tournée des maisons de la culture en interprétant la pièce Rouge. La Fanfare Pourpour a sorti un 5e album et se produira les 10 et 11 juin pour décliner Coïncidences, que Jean Derome a écrit cette année. Le 12 juin, Derome et ses amis concluront cette année à la Sala Rossa. La conclusion appartient à ce cher La Palice : chaque année devrait être une année Derome pour la bonne et simple raison qu’il est ce que l’on dit peu souvent : le Maître des musiques. Pour en savoir davantage.

     

    Très grande nouvelle pour les amateurs de l’oeuvre d’Allen Ginsberg, figure de proue avec Jack Kerouac, Lawrence Ferlinghetti et William Burroughs, de la beat generation : en 1971, Ginsberg, Bob Dylan, le pianiste et compositeur David Amram, le trompettiste Don Cherry (Yes !) ont enregistré une série de « poèmes musicaux » dont une partie fut publiée en 1976. Mais voilà, comme les thèmes développés par Ginsberg et Dylan firent peur à la direction de Columbia, l’aventure fut pour ainsi dire étouffée. Les thèmes ? La guerre du Vietnam, le combat pour les droits civiques et l’homosexualité. Voilà qu’aujourd’hui, l’étiquette Omnivore annonce la sortie d’un coffret de trois CD pour le 20 mai.

     

    Afin de souligner à sa manière la sortie du film sur Chet Baker intitulé Born to Be Blue avec Ethan Hawke dans le rôle-titre, le réseau NPR, soit le réseau radiophonique de PBS, a confectionné un dossier passionnant car définissant Baker en cinq pièces. À lire et à entendre.

     

    Très grande nouvelle (bis) pour les amateurs de l’oeuvre de Bill Evans : les bandes sonores d’un album qui n’avait jamais été publié ont enfin été retrouvées. L’enregistrement avait été réalisé le 20 juin 1968 avec Eddie Gomez à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie. Baptisé Some Other Time : The Lost Session From the Black Forest. Il sortira sur étiquette Resonance le 22 avril.

     

    Après avoir vécu plus de dix ans en Europe, le très incisif saxophoniste Chico Freeman, fils du grand ténor de Chicago Von Freeman, revient aux États-Unis avec un nouvel album sous le bras : Spoken Into Existence, qui sera en magasins à compter du 13 mai.

     

    Le pianiste Robert Glasper et le journaliste Ashley Khan préparent actuellement un cours sur Miles Davis et son héritage, qui sera donné à compter de l’automne prochain à la New York University.

     

    Le saxophoniste Wayne Shorter a reçu la bourse de la prestigieuse Guggenheim Fondation pour l’ensemble de ses compositions. À noter que Shorter aura été le seul musicien de jazz récompensé cette année.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.