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    Musique

    Le spectacle démesuré d’un amoureux de la guitare

    Une centaine de guitaristes, amateurs et professionnels, se produisent au Gesù

    9 avril 2016 | Philippe Renaud - Collaborateur | Musique
    Ce samedi 9 avril, 100 guitaristes, professionnels et amateurs, seront réunis au Gesù pour une « expérience » musicale hors de l’ordinaire.
    Photo: Charline Provost Ce samedi 9 avril, 100 guitaristes, professionnels et amateurs, seront réunis au Gesù pour une « expérience » musicale hors de l’ordinaire.
    Instruments of Happiness. 100 guitares électriques
    Au Gesù, le samedi 9 avril, à 20 h

    Un an après avoir offert une performance gratuite au Complexe Desjardins, le compositeur, chef d’orchestre et aventurier de la guitare Tim Brady réunit à nouveau ce samedi 9 avril 100 guitaristes, professionnels et amateurs, pour une « expérience » musicale hors de l’ordinaire. La proposition est fascinante et démesurée, à l’image de l’amour que porte le prolifique compositeur pour cet instrument populaire qu’il juge être un vecteur « d’interactions sociales ».

     

    Tim Brady joue de la guitare depuis 43 ans, compose pour l’instrument depuis 35 ans, etespère que celui-ci l’accompagnera encore pendant de longues années. Son oeuvre, une vingtaine d’albums édités par les maisons de disques Ambiances Magnétiques et Justin Time, entre autres maisons de disques, trace le parcours d’un musicien curieux considéré sur la scène mondiale de musique actuelle comme un authentique innovateur de la guitare électrique.

     

    « Ce qui m’intéresse [en composition], c’est de trouver les outils qui me permettront d’exprimer la musique que j’ai en tête », explique le Montréalais, qui nourrit son inspiration de rock, de musique classique, de jazz actuel et de musiques d’avant-garde.

     

    « Ma musique est moins centrée sur une esthétique ou une approche technique ; elle cherche plutôt à faire vivre une expérience. Certes, il y a des passages répétitifs qui touchent au [courant] minimaliste, parfois ma musique peut être plus dense et bruyante, proche du sérialisme. Mais pour moi, ce n’est pas une question de style ou d’esthétique : je privilégie l’expérience sonore. Le reste, c’est de la quincaillerie, des trucs qui intéressent les compositeurs. Je veux seulement faire vivre quelque chose à l’auditeur. »

     

    Pour le spectacle de ce samedi, il aura recours au talent d’un quartette (Jonathan Barriault, Simon Duchesne, Marc-Olivier Lamontagne et lui-même) et d’un ensemble de 20 guitaristes professionnels qu’il compare, dans l’esprit et la manière d’aborder une oeuvre, à un ensemble classique comme I Musici — mais avec des amplis et des pédales d’effets.

     

    « Musiciens communautaires »

     

    Enfin, 80 musiciens amateurs, « des retraités, des ados, des avocats, des ingénieurs », seront répartis dans l’église pour interpréter sa nouvelle composition. Tim Brady préfère cependant qualifier ses interprètes amateurs de « musiciens communautaires ».

     

    « Le mot “ amateur ” a une connotation qui suggère un talent inférieur, avance-t-il. Or, très souvent, nos guitaristes communautaires jouent super bien. De plus, la relation qui s’établit est très différente [qu’avec des pros] lorsque je travaille avec des gens qui le font simplement pour l’amour de la musique et de l’exploration. »

     

    Ainsi, au coeur même du projet 100 guitares électriques se trouve justement ce besoin d’échanger et de partager entre amoureux de la six-cordes. « C’est instrument populaire, pour des gens qui veulent s’amuser avec la musique. Je crois que tous ceux qui touchent à la guitare explorent une certaine forme de création : ils ne veulent pas seulement jouer des partitions, ils veulent improviser et composer, en quelque sorte. Ce qui m’intéresse, c’est utiliser la guitare électrique pour favoriser ça, la création, l’échange, l’interaction sociale. »

     

    Comme lors du concert donné autour de la fontaine du Complexe Desjardins, la performance de cet orchestre communautaire exploite l’acoustique des lieux — imprévisible au Complexe Desjardins, plus étudiée à l’église du Gesù.

     

    « Ma composition pour le Complexe Desjardins et cette nouvelle pour le Gesù ont des caractéristiques très différentes, explique Tim Brady. La raison principale, c’est le lieu, l’acoustique, et le lien entre l’auditoire et cet espace. Dans un lieu public comme un centre d’achat, l’expérience devient presque physique. À l’église, ce sera autre chose, plus nuancé. Personne ne joue avec de gros amplificateurs ; le volume ne sera pas tellement plus fort que celui d’un ensemble de cuivres, disons. Par contre, je joue beaucoup avec les contrastes, le relief du son, qui permet des effets plus dynamiques et dramatiques. »

     

    Au programme de cette soirée à l’église du Gesù, deux premières créations : une oeuvre du chef Brady intitulée 100 questions, 100 réponses, une de la compositrice et saxophoniste Joanne Hétu, Les dentellières, pour 20 guitaristes. Le programme sera complété par une seconde composition de Brady, Twenty Quater Inch Jacks, pour 20 guitaristes, ainsi qu’une sélection tirée de l’Art de la fugue de Bach, arrangée pour quatre guitaristes. « On y met du fuzz box, des effets de chorus, de tremolo — ça sonne guitare électrique ! »

    Instruments of Hapoiness. 100 guitares électriques
    Au Gesù, le samedi 9 avril, à 20 h












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