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    Musique classique

    Jean-François Rivest, grand mozartien

    27 février 2016 |Christophe Huss | Musique

    Les spectacles lyriques universitaires montréalais, souvent de haut niveau, sont le meilleur moyen de repérer les futures grandes voix canadiennes, produits d’exportation et de rayonnement international de premier ordre.

     

    Le premier enseignement des Noces de Figaro de l’Université de Montréal (UdeM) est cependant dans la fosse. Quand on voit le nombre de chefs « lambda » importés par l’Opéra de Montréal et qui pour moitié expédient les affaires courantes, on s’arrache les cheveux en se rendant compte que nous disposons ici même d’un chef lyrique, Jean-François Rivest, de si haut calibre. Son interprétation fulgurante et acérée des Noces de Figaro est digne d’un grand chef international. On a remarqué l’accentuation, la relance des phrases, les appuis sur les cordes graves, l’apport coloriste du pianoforte (excellent Francis Perron) et d’une harpe. L’orchestre suit avec les moyens du bord cette trame orchestrale fascinante.

     

    La distribution vue jeudi soir se présentera ce samedi, alors que la seconde chantera dimanche. Tant qu’à faire j’irais plutôt dimanche, car le but est d’écouter des étudiants et non de jauger la prestation, certes très convaincante, des aguerris Marc-Antoine d’Aragon et Chantal Dionne, surtout dans un opéra aussi facile à distribuer. La distribution 2 permettra aussi d’entendre dans le rôle de Figaro Simon Chalifoux, qui, jeudi, dans le modeste emploi de jardiner, a éclipsé la distribution masculine par sa présence vocale. On espère aussi revoir dans une production plus exigeante le ténor Sébastien Comtois : il y a de la matière vocale à creuser et une forme d’élégance vocale à parfaire.

     

    Côté féminin, la révélation est la mezzo Florence Bourget, dans le costume de Marcelline (la mère de Figaro). Bien encadré et guidé, ce joyau vocal pourrait avoir un grand potentiel avec sa voix plutôt rare, quelque part entre Michèle Losier et Marie-Nicole Lemieux (sans évidemment le galbe et les rondeurs vocales de cette dernière). Amelia Keenan en Cherubino et Catherine St-Arnaud en Susanna ont impeccablement tenu leur rang dans une production réalisée avec un très grand soin visuel et un beau succès à de nombreux égards, notamment en ce qui concerne le ressort comique de l’oeuvre.

     

    L’UdeM a montré à quel niveau il faut aborder un projet lyrique mozartien. Il était urgent de le rappeler.

    Le Nozze di Figaro
    Opéra de Mozart. Marc-Antoine d’Aragon (le comte), Chantal Dionne (la comtesse), Catherine St-Arnaud (Susanna), Ronan MacParland (Figaro), Amelia Keenan (Cherubino), Florence Bourget (Marcellina), Jordan Delage (Bartolo), Sébastien Comtois (Basilio), Marc-Antoine Brûlé (Curzio), Samira Tou (Barbarina), Simon Chalifoux (Antonio), Choeur de l’Atelier d’opéra et Orchestre de l’Université de Montréal, Jean-François Rivest. Mise en scène : François Racine. Scénographie : Carl Pelletier. Costumes : Emie Gagnon. Éclairages : Nicolas Descoteaux. Salle Claude-Champagne, jeudi 25 février. Reprises samedi et dimanche.












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