Opéra - Beau, bien fait, bien monté
On monte rarement Idomeneo; cet opéra est long, extrêmement statique et, malgré les beaux airs et choeurs qu'il comporte et aussi le fait que Mozart se soit ingénié à enchaîner le plus de numéros possible pour vaincre l'inertie du genre opera seria, rien ne décolle. Par contre, cela permet une fabuleuse production scolaire. En effet, les airs sont bien ménagés — ils ne fatiguent donc pas les jeunes voix — et les choeurs sont savamment sollicités, ce qui «emploie» un maximum d'étudiants.
En plus, comme l'action est rudimentaire, les risques de jeux scéniques vaseux sont minimes.
Encore faut-il bien se dépatouiller dans tout ça. Encore une fois, l'Opéra McGill montre qu'avec du gingin, du goût et de la passion, on peut arriver à des résultats fort acceptables. Dans la sobre scénographie de Vincent Lefèvre, Guillermo Silva-Marin a conçu de beaux mouvements scéniques, efficaces à souhait et qui soulignent bien l'évolution entre les diverses étapes du drame. Les choeurs surtout se montrent d'une efficacité formidable, d'une puissance étonnante et d'une justesse irréprochable à tout point de vue.
Comme le metteur en scène, le chef Thomas Muraco a tiré plein parti de leur excellente préparation. Depuis son podium, c'est lui, l'étoile de la soirée. Il anime la musique en maître et donne du piquant comme du sentiment à tout ce qu'il fait. Si le spectacle manque de rythme, on ne peut guère le lui imputer — le librettiste n'est pas Da Ponte, loin de là.
Malheureusement, autant le plateau répond à merveille, autant, dans la fosse, on peine à reconnaître l'Orchestre symphonique McGill. S'il n'y a rien à redire de la précision des attaques et si on sent les musiciens en alerte, l'intonation laisse terriblement à désirer. Si cet important détail était réglé, il y a fort à parier qu'on prendrait plus de plaisir à cette soirée.
Cela montre davantage la force des solistes qui, malgré cet accompagnement un peu bancal, chantent juste eux aussi. Mieux encore, hormis le titulaire du rôle-titre, encore un peu dépassé par la dimension du rôle, le reste de la distribution chante et joue bien. Sur ce niveau moyen de qualité se détachent néanmoins les interprètes d'Électre et d'Ilia. Il y a là étoffe à grand chanteur d'opéra, deux interprètes qui ont offert les meilleurs moments musicaux et dramatiques de cette représentation. Encore une fois, de la pépinière de McGill pointent d'intéressantes promesses.
En plus, comme l'action est rudimentaire, les risques de jeux scéniques vaseux sont minimes.
Encore faut-il bien se dépatouiller dans tout ça. Encore une fois, l'Opéra McGill montre qu'avec du gingin, du goût et de la passion, on peut arriver à des résultats fort acceptables. Dans la sobre scénographie de Vincent Lefèvre, Guillermo Silva-Marin a conçu de beaux mouvements scéniques, efficaces à souhait et qui soulignent bien l'évolution entre les diverses étapes du drame. Les choeurs surtout se montrent d'une efficacité formidable, d'une puissance étonnante et d'une justesse irréprochable à tout point de vue.
Comme le metteur en scène, le chef Thomas Muraco a tiré plein parti de leur excellente préparation. Depuis son podium, c'est lui, l'étoile de la soirée. Il anime la musique en maître et donne du piquant comme du sentiment à tout ce qu'il fait. Si le spectacle manque de rythme, on ne peut guère le lui imputer — le librettiste n'est pas Da Ponte, loin de là.
Malheureusement, autant le plateau répond à merveille, autant, dans la fosse, on peine à reconnaître l'Orchestre symphonique McGill. S'il n'y a rien à redire de la précision des attaques et si on sent les musiciens en alerte, l'intonation laisse terriblement à désirer. Si cet important détail était réglé, il y a fort à parier qu'on prendrait plus de plaisir à cette soirée.
Cela montre davantage la force des solistes qui, malgré cet accompagnement un peu bancal, chantent juste eux aussi. Mieux encore, hormis le titulaire du rôle-titre, encore un peu dépassé par la dimension du rôle, le reste de la distribution chante et joue bien. Sur ce niveau moyen de qualité se détachent néanmoins les interprètes d'Électre et d'Ilia. Il y a là étoffe à grand chanteur d'opéra, deux interprètes qui ont offert les meilleurs moments musicaux et dramatiques de cette représentation. Encore une fois, de la pépinière de McGill pointent d'intéressantes promesses.
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