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    Musique classique

    Pierre Mercure, 50 ans après

    28 janvier 2016 |Christophe Huss | Musique
    Mercure entra à Radio-Canada en 1952. Il y réalisa des dizaines d’émissions, dont «L’heure du concert», composant aussi des musiques pour des pièces radiophoniques.
    Photo: Radio-Canada Mercure entra à Radio-Canada en 1952. Il y réalisa des dizaines d’émissions, dont «L’heure du concert», composant aussi des musiques pour des pièces radiophoniques.

    C’est le 29 janvier 1966 que le compositeur Pierre Mercure décédait d’un tragique accident près d’Avallon en France. Cruel sort pour les grands compositeurs québécois. La mort a fauché Pierre Mercure en 1966, à 38 ans, et Claude Vivier, en 1983, à 34 ans !

     

    À l’origine, Pierre Mercure, né le 21 février 1927 à Montréal, était un bassoniste, également formé en harmonie et contrepoint au Conservatoire de musique de Montréal. Mercure se destinait à devenir chef d’orchestre. Il étudia la composition avec Claude Champagne, épris de musique française. Sa première oeuvre déjà, Kaléidoscope (1948, révisée en 1949), est un chef-d’oeuvre. Il poursuit ensuite sa formation à Paris, en composition avec Nadia Boulanger et Darius Milhaud, en direction avec Jean Fournet.

     

    Réflexion sur les modes d’expression

     

    Du séjour parisien et de ses rencontres avec des artistes de toutes les disciplines naît une réflexion profonde sur les modes d’expression. Alors que son oeuvre de jeunesse s’inscrivait dans une tradition « française » héritière du Groupe des six (1916-1923), et en particulier de Honegger, Pierre Mercure s’intéressa aux musiques nouvelles dès le début des années 50 tout en ne souhaitant pas se soumettre aux cadres stricts du dodécaphonisme. Il reste alors un compositeur expressif, comme en témoignent Dissidence et Cantate pour une joie (1955).

     

    Ouvert à toutes les nouveautés, Mercure entra à Radio-Canada en 1952 où il réalisa des dizaines d’émissions, dont L’heure du concert, composant aussi des musiques pour des pièces radiophoniques. L’exploration permanente l’amena à la fin des années 50 à s’intéresser à l’électroacoustique, une discipline à laquelle il se forma dans le saint des saints, le Groupe de recherches musicales de Pierre Schaeffer à Paris.

     

    Au-delà de l’électroacoustique, le bouillonnant Mercure chercha alors à connaître tous les champs de la création. C’est ainsi qu’il organisa en 1961 la Semaine internationale de musique actuelle, qui fit venir à Montréal les plus hautes sommités de la composition. Dès 1962, Mercure fréquente aussi Darmstadt, haut lieu de la création en Europe. Des oeuvres des années 60, telle Lignes et points (1964), montrent que dans ses nouveaux modes expressifs, Pierre Mercure tendait à l’intégration de l’acoustique et de l’électronique, à laquelle s’ajoutait, déjà, l’interdisciplinarité, avec l’adjonction d’éléments visuels.

     

    Les dernières oeuvres de Pierre Mercure sont celles d’un créateur fasciné par les sons autant que par le dialogue entre les diverses formes d’art. Il est évident que ces recherches tous azimuts n’auraient pas été une fin. Il aurait peut-être trouvé, lui…


    À noter que pour souligner le 50e anniversaire de ce décès, la radio de Radio-Canada propose un dossier complet sur Pierre Mercure, à icimusique.ca.












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