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    Les voies bulgares, bien au-delà du mystère

    L’explorateur musical montréalais Yves Moreau lance un disque d’archives consacré à Georgi Koev

    8 janvier 2016 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    Yves Moreau parcourt le monde en offrant des ateliers et conférences sur les danses traditionnelles de la Bulgarie.
    Photo: Catherine Moreau Yves Moreau parcourt le monde en offrant des ateliers et conférences sur les danses traditionnelles de la Bulgarie.
    Musique
    Georgi Koev (1910-1983), Légende de la clarinette bulgare
    « Balkan Folk Archives », BMA Productions

    Juste avant les Fêtes, le danseur-chorégraphe-réalisateur Yves Moreau nous a fait parvenir le disque Légende de la clarinette bulgare, de Georgi Koev (1910-1983), qu’il a fait paraître dans sa collection « Balkan Folk Archives » chez BMA Productions. L’album révèle la musique d’un grand artiste presque oublié, même dans son pays. Il revenait tout naturellement à Yves Moreau de le faire revivre, lui qui consacre sa vie à la culture bulgare depuis 50 ans.

     

    « Pourquoi la Bulgarie ? Je ne sais pas encore, répond celui qui y a mis le pied pour la première fois à l’âge de 17 ans. Je suis un produit du mouvement de la danse folklorique internationale. Dans les années 1950 et 1960, on pouvait se joindre à la troupe de danse de sa paroisse ou de son école et faire des danses internationales. C’était un peu relié au grand mouvement des Jeunesses ouvrières catholiques. On a des restes de ça tous les jeudis au lac des Castors. »

     

    Yves Moreau parcourt le monde en offrant des ateliers et conférences sur les danses traditionnelles de la Bulgarie, un pays où il a enregistré plusieurs chanteurs, danseurs et instrumentistes. Il a également fondé et dirigé pendant 15 ans la troupe québécoise Les gens de mon pays, en plus de réaliser des disques pour les labels Balkanton, Gega, Worltone et XOPO. Il fut aussi collaborateur de la regrettée émission radiophonique Des musiques en mémoire. En 2009, il a reçu la Médaille présidentielle du président de la République bulgare.

     

    1966: Yves se déniche un billet d’avion à 212 $ et part pour Sofia. Il voyagera aussi dans l’Orient-Express, le vrai, pas celui d’Agatha Christie, dit-il : « Lorsque j’arrive là-bas, quelqu’un de la radio bulgare m’invite à un grand festival. Je n’ai pas un sou. Pas de problèmes, on me donne une lettre avec un tampon officiel. Ils me mettent dans un train, je ne parle pas encore la langue et je n’ai aucune idée où je vais. Je suis dans une vallée entourée de montagnes, j’arrive au ciel ! »

     

    Trois ans plus tard, l’explorateur musical revient au pays de ses rêves grâce à une bourse du gouvernement bulgare et y demeure un an et demi, voyageant de village en village. « Quand je leur ai dit que je voulais aller dans les villages, ils m’ont répondu que les paysans qui dansent n’ont pas de valeur artistique. À ce moment, les chorégraphies étaient fortement inspirées par le modèle de Moscou. Mais on a trouvé un terrain d’entente. »

     

    À l’aube du nouveau millénaire, Yves Moreau fait paraître Au-delà du mystère, une série de trois CD de musiques des villages qu’il a enregistrées entre 1966 et 1972. Le titre est un clin d’oeil : « Lorsque le Mystère des voix bulgares est venu à Montréal, les journalistes me demandaient d’expliquer le mystère. Mais il n’y a pas de mystère, le « mystère », c’est du marketing. J’ai fait des enregistrements de musiques de villages qui sont quand même à la base de tout ce qui a inspiré les musiques de chorales plus tard. »

     

    Le disque Légende de la clarinette bulgare, de Georgi Koev (1910-1983), est le deuxième de la collection « Balkan Folk Archives », un projet qui permet à Yves Moreau de remercier le pays qui lui a tant donné et de rendre hommage à quelques-uns de ses génies populaires. Plus que la simple technique, le réalisateur recherche l’émotion qui se dégage de la musique. Il a trouvé chez Georgi Koev un répertoire de la Thrace occidentale composé de mélodies lentes pour la table et d’airs à danser sur des mesures de 2/4, de 7/8 ou de 11/8. Yves le présente : « Il n’avait jamais enregistré de microsillon, mais il pouvait jouer deux jours et deux nuits sans arrêt. Il avait une richesse dans sa tonalité et pouvait imiter le son de la gaida [la cornemuse des Balkans]. Ses amis me disaient que, en écoutant ses mélodies lentes, tu avais l’impression qu’il chantait ou qu’il pleurait avec son instrument. C’est assez impressionnant ! » En effet !

    Yves Moreau parcourt le monde en offrant des ateliers et conférences sur les danses traditionnelles de la Bulgarie.












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