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    Décès du compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez

    6 janvier 2016 14h35 |Agence France-Presse | Musique
    Paris — Le compositeur et chef d’orchestre français Pierre Boulez, 90 ans, figure majeure de la musique contemporaine, est décédé mardi soir à Baden-Baden, en Allemagne, où il habitait, a annoncé sa famille dans un communiqué mercredi.

    «Pour tous ceux qui l’ont côtoyé et qui ont pu apprécier son énergie créatrice, son exigence artistique, sa disponibilité et sa générosité, sa présence restera vive et intense», indique la famille dans le communiqué diffusé par la Philharmonie de Paris, dont il était l’initiateur.

    Pierre Boulez, connu et joué dans le monde entier, est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du monde musical, notamment contemporain, depuis les années 1950.

    Ce théoricien et pédagogue d’une grande clarté a défendu sans relâche la place de la musique nouvelle dans les programmes de concerts et encouragé la création musicale la plus exigeante.

    Chef recherché des deux côtés de l’Atlantique, il a dirigé à des titres différents, et toujours sans baguette, l’Orchestre de Cleveland (1967-1972), le Symphonique de la BBC (1971-1975) et le Philharmonique de New York (1971-1977).

    Plus rare à l’opéra que dans le répertoire symphonique, Pierre Boulez a toutefois participé à de mémorables productions, comme le Ring du centenaire du Festival Wagner de Bayreuth (1976-1980) et la première mondiale de la version intégrale de Lulu de Berg au Palais Garnier à Paris (1979).

    Exaspéré par l’attitude conservatrice du monde musical français, il s’était exilé à Baden-Baden à l’aube des années 1960. Il n’était revenu en France qu’en 1974, lorsque le président d’alors Georges Pompidou lui avait demandé de fonder l’Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique/musique) et l’Ensemble intercontemporain.

    Cet inlassable bâtisseur d'institutions a également été à l'origine de la Cité de la musique (inaugurée en 1995) et de la Philharmonie de Paris, ouverte en janvier 2015 sans lui, alors qu’il était déjà malade.

    Hommages aux États-Unis

    Les hommages au compositeur et chef d’orchestre français Pierre Boulez, décédé mardi, se sont multipliés mercredi aux États-Unis, du Philharmonique de New York qu’il dirigea de 1971 à 1977 à la Recording Academy, association des professionnels de la musique.

    « Pierre Boulez était une personnalité imposante et influente de la musique », a salué Alan Gilbert, directeur musical du Philharmonique de New York, dans un communiqué.

    Le Philharmonique de New York dédiera d’ailleurs à Pierre Boulez les quatre concerts des 7, 8, 9 et 12 janvier qui verront l’orchestre interpréter des œuvres de Wagner, Richard Strauss et Sibelius.

    Outre le prestigieux ensemble new-yorkais, Pierre Boulez a également dirigé l’Orchestre de Cleveland, de 1967 à 1972, ainsi qu’en d’autres occasions, lors de 220 concerts au total.

    « En un demi-siècle de collaboration avec Cleveland, il a laissé une trace sans pareille, avec de la grande musique, de la musique nouvelle et son approche incomparable de la création musicale », a souligné l’orchestre.

    Le message de l’orchestre était accompagné d’un montage vidéo posté sur YouTube et qui avait initialement été réalisé à l’occasion d’un concert célébrant le 90e anniversaire de Pierre Boulez.

    « Pierre était à la fois respectueux des maîtres tout en étant un défenseur de musiques nouvelles, à la fois dans ses compositions et lorsqu’il dirigeait », a commenté le président de la Recording Academy, Neil Portnow, dans un communiqué.

    La Recording Academy a rappelé que le Français avait reçu 26 Grammy Awards, les trophées américains de la musique attribués par l’association, ainsi qu’une récompense pour l’ensemble de son œuvre en 2015.

    « Son approche de la musique, empreinte d’une grande curiosité, a influencé beaucoup de ceux qui l’ont suivi », a ajouté Neil Portnow.

    « Le plus grand compositeur de notre temps vient de disparaître. Merci Pierre Boulez », a twitté François-Xavier Roth, qui doit diriger cette semaine l’Orchestre symphonique de Boston.

    Mercredi, une minute de silence a été observée avant la répétition de l’Orchestre symphonique de Boston, a appris l’AFP.












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