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    Jonathan Cohen, un sérieux prétendant pour Les Violons du Roy

    10 octobre 2015 |Christophe Huss | Musique
    Jouer de la musique baroque sur instruments modernes n’est pas un problème aux yeux de Jonathan Cohen.
    Photo: Freeman Photographics Jouer de la musique baroque sur instruments modernes n’est pas un problème aux yeux de Jonathan Cohen.

    Le chef d’orchestre claveciniste et violoncelliste Jonathan Cohen, 38 ans, est l’invité des Violons du Roy. Ce sera sa première venue au Québec, même si sa connaissance de l’orchestre fondé par Bernard Labadie est grande. Cohen avait pris en charge la tournée européenne des Violons avec Alexandre Tharaud, en octobre 2014, que le chef fondateur, malade, n’avait pu assumer.

     

    Le courant est alors fort bien passé entre Cohen et Les Violons. Ce très sérieux prétendant à la succession de Bernard Labadie (de retour sur le podium en février prochain) a choisi cette fois un programme Haendel, Bach, Mozart et Haydn. Dans une semaine, dans leur for intérieur, et quel que soit le résultat, l’avenir de l’orchestre aura des contours plus nets.

     

    Une envie

     

    N’allons pas tourner autour du pot : Jonathan Cohen est-il intéressé à l’idée de devenir le 2e directeur artistique et musical des Violons du Roy ? « Je ne connais pas les modalités de la sélection, mais en ce qui me concerne, c’est possible », dit le chef au Devoir. Jonathan Cohen ne voit donc pas d’antagonisme entre son statut de fondateur et directeur musical d’Arcangelo, ensemble anglais sur instruments anciens, et un poste auprès d’un orchestre du Nouveau Monde, qui joue la même musique sur instruments modernes.

     

    « Arcangelo ne m’empêchera pas de travailler sur la même base avec un autre orchestre. Je dirige à Londres, je suis invité un peu partout, je dirigerai les Noces de Figaro l’été prochain à Glyndebourne avec l’Orchestre du Siècle des Lumières : par principe, j’aime faire des choses différentes », dit celui qui continue à se produire comme violoncelliste, surtout en musique de chambre.

     

    Jouer de la musique baroque sur instruments modernes n’est absolument pas un problème aux yeux de Jonathan Cohen. « Il y a quarante ans, lorsque le mouvement des orchestres sur instruments anciens a été lancé, c’était en réaction à la manière lente, lourde et romantique de jouer la musique baroque et classique. Des gens ont voulu expérimenter une manière différente. Ils ont gagné la partie, car leur compréhension harmonique, leurs volumes, leurs pulsations sont devenus la référence à laquelle les ensembles modernes se plient. Les frontières s’abolissent et le fossé se rétrécit. J’en suis très heureux », commente le chef.

     

    Sur la question, très sensible, du vibrato dans ce répertoire, Cohen n’est pas un ayatollah. « I am not a non-vibrato guy ! » s’écrie en un fougueux élan celui qui juge que le « vibrato est un moyen expressif important — à certains moments et d’une certaine manière ». Il ajoute : « Ce n’est pas un élément permanent. Lorsque j’arrive en invité devant un orchestre, j’interviens si le vibrato se met en travers de la musique. Avec les orchestres baroques, il m’arrive d’en rajouter, parce que ce n’est pas un interdit. »

     

    Un excellent accompagnateur

     

    Le programme du concert donné jeudi au Palais Montcalm et vendredi à la salle Bourgie a été scrupuleusement choisi : « Nous avons présenté Haydn et Mozart en tournée. Je voulais donc explorer le style baroque, d’autant que je désirais aussi diriger du clavecin et vivre cette expérience de jouer avec eux dans une atmosphère de musique de chambre élargie. »

     

    De ce qu’il a pu voir en tournée, Jonathan Cohen apprécie chez Les Violons du Roy « la connaissance stylistique inculquée par Bernard Labadie ; l’accueil, l’ouverture et l’esprit d’équipe. »

     

    La différence fondamentale entre Arcangelo et Les Violons, c’est, chez Arcangelo, l’usage des cordes en boyaux, donnant à l’ensemble un son que Cohen aime particulièrement : « Si Les Violons veulent essayer un jour, je serais ravi d’essayer ! »

     

    La discographie du chef fait la part belle aux projets vocaux. Mais ce n’est là qu’une facette de ses goûts : « J’aime travailler avec les chanteurs, mais je suis un instrumentaliste. Le hasard a voulu que nous ayons commencé par des disques vocaux. Maintenant, nous enregistrons davantage de projets instrumentaux. » Le plus éloquent d’entre eux est assurément le CD (Warner) de Concertos pour violon de Mozart avec la Norvégienne Vilde Frang, qu’il a rencontrée au Festival de Lockenhaus. On y entend un orchestre omniprésent, agissant et très articulé « C’est le coeur du sujet : l’orchestre n’est pas un accompagnateur, c’est le moteur, et le soliste émane de cet orchestre qu’il mène. Tout est intégré, et j’adore travailler sur une foule de détails, ce qui peut donner des résultats très intéressants. »

     

    Pour découvrir Jonathan Cohen l’accompagnateur, nous attendrons les 5, 6 et 7 mai 2016, où Les Violons rencontreront Isabelle Faust dans les Concertos pour violon de Bach. Un rendez-vous à noter, dès à présent.

    Jonathan Cohen
    Haendel : Concerto grosso op. 6 n° 8. Bach : Concerto brandebourgeois n° 1. Mozart : Serenata notturna. Haydn : Symphonie n° 6, « Le matin ». Les Violons du Roy. Palais Montcalm de Québec, jeudi 15 octobre, 20 h, et salle Bourgie de Montréal, vendredi 16 octobre, 19 h 30.












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