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    10e remise de prix de la Fondation SPACQ

    Là où l’excellence en chanson vaut (encore) de l’argent

    Une rare soirée où le monde des affaires fait l’affaire des artistes de la chanson

    23 septembre 2015 |Sylvain Cormier | Musique
    Nanette Workman et Michel Rivard, qui a reçu mardi le prix Luc Plamondon des mains de... Luc Plamondon, justement.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Nanette Workman et Michel Rivard, qui a reçu mardi le prix Luc Plamondon des mains de... Luc Plamondon, justement.

    Une ambiance particulière en ce mardi. La chanson à l’honneur partout. En des lieux plus que différents. Au Club Soda, l’ADISQ déballe son lot de nominations : foule compacte, gens debout, l’industrie du disque et du spectacle est pour ainsi dire en famille (lire le compte-rendu), en amont de la série de galas de la fin octobre et novembre.

     

    À peu près en même temps dans le gratte-ciel de la Banque Nationale, l’entrepreneurial et l’artistique mangent et boivent à la même table. Des compagnies, institutions et autres « joueurs » du Québec inc. sont représentés, et ces gens que l’on ne croise pas beaucoup dans une vie d’artiste sont là pour remettre des prix assortis d’espèces sonnantes et trébuchantes : oui, le mécénat culturel existe aussi chez nous, et pour la dixième année, la Fondation de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs (SPACQ) en profite pour souligner l’excellence des siens.

     

    Pour une Chloé Lacasse, une Sarah Toussaint-Léveillé qui se divisent les 10 000 $ du prix André-Fortin, ça compte double dans une année fiscale : reconnaissance du coeur et du portefeuille, surtout en ces temps précaires pour la chanson (et le milieu culturel en général). C’est tout aussi vrai pour un Yao et le groupe Vishtèn, partageant le prix Édith Butler de la francophonie canadienne : l’accolade n’est pas que symbolique.

     

    Particularité de la soirée de la SPACQ, ce sont des « légendes vivantes » du métier qui remettent les prix, et ça occasionne des moments mémorables — et souvent cocasses — au podium. S’il y a des discrets, un Richard Grégoire qui honore un Michel Cusson (« c’est la première fois que j’ai un prix avec un chèque ») et rappelle simplement leur rencontre de musiciens pour la musique du film L’automne sauvage, entre autres collaborations, il y a aussi des champions de l’effusion et du micro gardé longtemps. Dix bonnes minutes avec Édith Butler ? Au moins.

     

    La permission d’en dire plus long

     

    Il se passe des choses qu’il ne se passe pas ailleurs. Seulement à la SPACQ voit-on un Denys Arcand, une Ginette Reno, un Luc Plamondon se succéder pour dire merci à Diane Juster, la fondatrice de la Fondation (et lire des missives de Céline Dion et René Angelil, de Robert Charlebois…). « C’est comme si Piaf était entrée dans moi le temps de la toune », raconte à Diane et à l’assemblée notre Ginette nationale pour expliquer son interprétation de la chanson Une femme sentimentale. Ce ton-là. Seulement à la SPACQ voit-on ça : le premier prix Diane Juster — pour la contribution à la cause du droit d’auteur — remis à… Diane Juster.

     

    Et c’est Luc Plamondon qui remet le prix Luc Plamondon à Michel Rivard. Et tout le monde entonne La complainte du phoque en Alaska. « Ça me fait plaisir de t’offrir mon trophée », dit Luc à Michel. « T’as une écriture bien écrite », continue-t-il… Rivard, lui, remercie musiciens et compagnes, sans oublier ses « chums de Beau Dommage Pierre Huet et Robert Léger », et tout particulièrement Gilles Vigneault, assis à deux mètres devant lui. Il y a des occasions que l’on saisit. « Merci d’être là au long du chemin… »

     

    Le Gilles Vigneault en question, à son tour de podium pour remettre le prix qui porte son nom à Jean Leloup (soulignant une « carrière en marche »), poétise en toute élégance pour parler d’écriture de chanson, et aboutit en rimant à notre grand Jean : « Je suis jaloux, Jean Leloup ! » Lequel cite « Pendant que les bateaux / Font l’amour et la guerre […] moi je t’aime » et se souvient de lui, enfant, s’extasiant que quelqu’un ait écrit ces mots… C’est bien pour ça — et l’argent non négligeable — qu’une telle soirée a lieu : des auteurs et des compositeurs qui se disent à quel point ils se sont admirés et s’admirent encore.

     

    Bori a aussi de bons mots pour Pierre Huet, et n’oublie rien du vaste curriculum du parolier, justifiant le prix Eddy-Marnay décerné pour « l’excellence de l’imaginaire ». Huet, homme vif et drôle, discret dans l’émotion mais non moins ému, ne s’éternise pas au micro : c’est une qualité rare. Et ça se poursuit ainsi, longs et moins longs moments, entre artisans, au point où l’on en oublie un peu le quatrième étage de la Banque Nationale. Juste assez longtemps pour revenir à l’essentiel : la chanson. Quitte à palper le chèque dans l’ascenseur à la sortie, pour s’assurer que la suite aura bel et bien lieu, pour un bout de temps, dans de meilleures conditions. La liste complète des prix et lauréats peut être consultée sur le site de la SPACQ.

    Nanette Workman et Michel Rivard, qui a reçu mardi le prix Luc Plamondon des mains de... Luc Plamondon, justement. Moment de complicité entre François Cousineau et Diane Tell. Présent à la fête, un Zachary Richard tout sourire












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