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La veuve de Frank Zappa obtient des excuses d'Ameublements Tanguay

14 janvier 2004  Musique
Québec — Le détaillant Ameublements Tanguay a reconnu hier avoir violé les droits d'auteur du musicien américain Frank Zappa dans une publicité télévisée.

Dans une lettre adressée à la veuve du compositeur décédé en 1993, Ameublements Tanguay a présenté ses excuses, mettant fin ainsi à une poursuite intentée en Cour fédérale par Gail Zappa, en vue de faire respecter les droits d'auteur de son défunt mari.

Un règlement hors cour, dont les détails n'ont pas été rendus publics, est survenu hier entre les deux parties et Mme Zappa n'a pas caché sa satisfaction. «J'ai obtenu ce que je voulais», a-t-elle dit lors d'un point de presse, en révélant une partie du contenu de l'entente à l'amiable.

L'affaire remonte à 1995, quand Ameublements Tanguay — une firme bien connue dans la région de Québec — a diffusé à la télévision une publicité produite par la firme Production Karma, dans laquelle on entendait en fond sonore un extrait de la pièce Watermelon in Easter Hay, parue en 1979 sur l'album Joe's Garage Act II and III. La publicité avait été diffusée à 226 reprises.

Pour sa défense, le détaillant de meubles avait fait valoir qu'il ignorait que cette musique avait été composée par Zappa.

Mme Zappa, qui habite Los Angeles et administre le Zappa Family Trust, a entrepris des procédures judiciaires en 1998 contre Ameublements Tanguay et la cause était entendue au palais de justice de Québec depuis lundi devant le juge Pierre Blais.

Dans sa lettre, rendue publique hier, Ameublements Tanguay dit regretter «sincèrement» avoir utilisé sans permission une pièce musicale de Frank Zappa et se dit désolé de la détresse causée à la famille Zappa par «le non-respect de l'intégrité du travail» du compositeur rock.

«C'est un grand soulagement pour ma famille. Je suis heureuse de constater qu'après tout ce temps le caractère unique du travail de Frank Zappa a été reconnu, de même que l'importance de respecter les droits d'auteur», a ajouté Mme Zappa, qui était accompagnée de sa fille Diva. Le couple a eu trois autres enfants, Moon, Dweezil et Ahmet. La lettre d'excuses est adressée à chaque membre de la famille.

En plus des excuses publiques, la famille réclamait à Ameublements Tanguay quelque 120 000 $US, en guise de compensation pour avoir utilisé frauduleusement la musique de Zappa. Hier, les deux parties ont refusé de dire si un montant d'argent fait partie du règlement à l'amiable.

Lundi, lors d'un point de presse tenu à la suite de l'unique journée d'audience, qui avait été ponctuée de nombreuses tractations à huis clos entre les deux parties, Mme Zappa avait cependant insisté pour dire que sa démarche judiciaire n'avait pas pour but de faire de l'argent. «Ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de droits, de droits d'auteur et de droits des artistes, et aussi de faire respecter les lois qui protègent les droits d'auteur», avait-elle soutenu.

Hier, elle a également fait valoir qu'elle souhaitait que les gouvernements soient plus sensibles à ces questions et renforcent les dispositions législatives relatives au respect des droits d'auteur.

Maintenant que l'affaire est close, Mme Zappa a dit qu'elle profiterait de l'occasion pour rester encore quelques jours à Québec et profiter des joies de l'hiver.
 
 
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