Schumann. Concerto pour violon. Trio op. 110.

La violoniste Isabelle Faust, artiste à la grande culture esthétique et stylistique, est l’une des personnalités artistiques que nous aimons suivre. Ce projet Schumann n’a rien de facile, car il se penche sur le Schumann de la fin, écorché et psychologiquement tourmenté. Les tensions harmoniques créées par Faust et Heras-Casado accentuent ces fêlures intérieures quasiment jusqu’à l’insoutenable. Ce n’est pas « aimable » (le Concerto pour violon de Schumann l’a-t-il jamais été ?) mais c’est véridique. Le choix de l’Orchestre baroque de Fribourg, qui n’enrobe rien, permet plus de transparence. Dès la première mesure on sait que le Trio opus 110 sera de la même eau, mais plus austère, plus désespéré encore. Je ne pense pas que Schumann soit si aride, si dénué de vibrato. Ce n’est donc pas ma vision mais je la respecte infiniment pour son jusqu’au-boutisme dans la lassitude exsangue.

Schumann Concerto pour violon. Trio op. 110

Classique

Isabelle Faust, Jean-Guihen Queyras, Alexander Melnikov, Orchestre baroque de Fribourg, Pablo Heras-Casado.