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    Carl Nielsen, père de la musique danoise

    L’année 2015 marque le 150e anniversaire de la naissance du Danois Carl Nielsen

    8 août 2015 |Christophe Huss | Musique
    Herbert Blomstedt fut l’un des pionniers de la musique de Carl Nielsen.
    Photo: ICA Artists Herbert Blomstedt fut l’un des pionniers de la musique de Carl Nielsen.

    Parmi les commémorations musicales de l’année 2015, il y a le 150e anniversaire de la naissance de Carl Nielsen. Anniversaire a priori discret, mais qui nous fournit tout de même quatre nouvelles intégrales de ses six Symphonies !

     

    Carl Nielsen est né le 9 juin 1865, à Odense au Danemark. À sa mort, 66 ans plus tard, il avait marqué la musique de son pays du même sceau que Jean Sibelius (1865-1957), né six mois après lui, en Finlande. Nielsen et Sibelius sont de la génération suivant celle d’Edvard Grieg (1843-1907) en Norvège, considéré comme le « père de la musique nordique » par tous ceux qui oublient un peu vite l’existence de l’atypique Suédois Frans Berwald (1796-1868), qui, entre 1842 et 1845, dans un anonymat quasi absolu, donna au monde quatre symphonies pour le moins singulières (ce qui est d’ailleurs le surnom de la troisième d’entre elles). Berwald, auquel le génie tout aussi imprévisible de Nielsen, 70 ans plus tard, fait parfois penser.

     

    Nielsen-Sibelius : et si, des deux, le génie n’était pas celui que l’on croit ? La question a été posée, parfois par provocation, mais souvent pour relever que le fossé entre la notoriété de l’un et le relatif anonymat de l’autre n’a pas lieu d’être. Les deux compositeurs ont la même portée, mais Sibelius a habilement utilisé ses 25 ans de vie supplémentaire. Nielsen est mort au moment de l’avènement de l’enregistrement électrique, alors que dans les années 40 et 50, Sibelius, qui ne composait plus, s’est rapproché de nombre d’interprètes (Beecham, Koussevitsky, Karajan) qui assuraient au disque et dans les salles la promotion de son oeuvre.

     

    Les Symphonies

     

    Les 6 Symphonies de Carl Nielsen sont le moyen logique d’aborder son oeuvre. Au sein du corpus, la 4e Symphonie, « Inextinguible », est la plus connue (même Karajan a daigné l’enregistrer !), mais ce sont, à mon avis, la 2e Symphonie, « Les quatre tempéraments », et la 3e Symphonie, « Espansiva », qui ouvrent le mieux la porte à son univers.

     

    Quand, ensuite, on se familiarise avec l’écriture, on en arrive probablement à mettre la 5e Symphonie (1920-1922) au-dessus de tout. Dans le répertoire, c’est, avec la 2e Symphonie de Roussel, l’une des plus grandes créations symphoniques directement marquées par la Grande Guerre. La Cinquième est une symphonie en deux blocs ; successivement, l’humanité destructrice et la régénération pacificatrice.

     

    Ce qui fascine dans le corpus symphonique de Nielsen, c’est la quête du compositeur, qui nous amène toujours là où on ne l’attend pas. Après un essai symphonique simple et direct (1re), on trouve une symphonie à programme (2e), une tentative d’unir la pastoralité, la voix humaine et la tonalité évolutive (3e), une « manifestation de la vie » (4e), un regard souvent pessimiste sur l’humanité (5e) et enfin une étude symphonique de la texture sonore (6e, en 1925) qui préfigure Chostakovitch. Tout est fascinant et déconcertant.

     

    Trois enregistrements, Ole Schmidt (Unicorn) et Herbert Blomstedt (EMI) en Europe, et une intégrale partagée entre Ormandy et Bernstein (Columbia) en Amérique, se sont disputé le marché dans les années 1970 et 1980. Le disque compact a largement élargi ce choix.

     

    Pour le 150e anniversaire, quatre nouvelles intégrales, Sakari Oramo (BIS), Alan Gilbert (DaCapo), Colin Davis (LSO) et John Storgards (Chandos), tentent d’attirer l’attention des médias et des discophiles. Après de fastidieuses écoutes, on relèvera que dans ce choix honorable, mais très loin d’être passionnant, seul Oramo attire quelque peu l’attention, notamment dans le disque isolé couplant les Symphonies n° 2 et  6.

     

    Nos conseils d’achat iront sans équivoque aux intégrales Blomstedt-San Francisco (Decca) et, si vous la trouvez, Salonen-Radio suédoise (Sony).

     

    L’autre Nielsen

     

    Blomstedt et Salonen ne représentent pas seulement le choix le plus avisé dans l’achat d’une intégrale des symphonies de Nielsen. Leurs enregistrements sont désormais rassemblés dans des coffrets qui nous en donnent plus. Tous deux comprennent l’oeuvre « la plus le fun » de Nielsen, la Suite Aladdin, des ouvertures, ainsi que la Petite suite, l’opus 1 du Danois. Salonen y ajoute le Concerto pour violon, alors que Decca intègre Hymnus amoris et la précieuse intégrale de l’opéra Maskarade, sous la direction d’Ulf Schirmer.

     

    Il manquera alors à votre collection un disque de concertos (violon, flûte, clarinette). On en trouve un chez Naxos et un chez BIS qui se valent.

     

    Si vous êtes plus boulimique et désirez aussi explorer la musique de chambre et pour piano, un coffret de 10 CD, vendu autour de 40 $, est édité par Membran. L’intégrale symphonique de Douglas Bostock, cheville ouvrière du projet, tient très bien la route, et le projet intitulé « Nielsen the Danish Symphonist » vous permet d’explorer plein de choses : concertos, musique de chambre, oeuvres pour piano et mélodies. Il ne vous manquera plus alors qu’une intégrale de Maskarade pour faire de vous un connaisseur émérite du plus grand compositeur danois de l’histoire.

    Recommandations
    Symphonies, Aladdin, Maskarade. Blomstedt. Decca 6 CD 478 6469 ; Salonen Conducts Nielsen. Sony 6 CD 88697 58423 2 ; Nielsen, The Danish Symphonist. Douglas Bostock. Membran 233378 (distr. Naxos).












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