Pour avoir utilisé une chanson dans une publicité sans son autorisation - La famille Zappa poursuit Ameublements Tanguay
La famille de Frank Zappa poursuit Ameublements Tanguay pour avoir utilisé une chanson, sans son autorisation, dans une publicité. La veuve du chanteur, Gail, est à Québec cette semaine pour prendre part au procès. Le Devoir l'a rencontrée hier, à la veille du début des procédures.
Il y a quelque chose d'un peu surréaliste dans le fait d'aller rencontrer la veuve de Frank Zappa un dimanche après-midi, à Québec, pour parler dans le dos de Maurice Tanguay, mais bon, dans l'univers de Zappa, on peut s'attendre à tout...
C'est une Gail Zappa souriante qui nous accueille dans sa chambre d'hôtel, sous le regard attentif de sa jeune relationniste. Malgré ses allures de hippie à la retraite, ses longs cheveux gris et sa voix calme, elle est intraitable lorsqu'il s'agit de la poursuite: «C'est une affaire particulièrement importante pour moi à cause de la nature de violation des droits d'auteur — ils ont coupé la chanson — et parce que ç'a été utilisé pour une publicité. Cette compagnie fait plein de publicités pour la télévision. C'est ce qu'ils font, et ils vendent beaucoup de produits avec ça. Mais ils auraient pu choisir n'importe quelle musique. Pourquoi faire cela, pourquoi voler? Et pourquoi la détruire?»
Le différend remonte à 1995. Un résidant de Gaspé avait alerté la famille Zappa après avoir reconnu dans une publicité d'Ameublements Tanguay, la chanson Watermelon in Easter Hay de l'album Joe's Garage. À la demande de la famille, la compagnie avait retiré la publicité des ondes en 1998, mais les deux parties ne sont pas parvenues à s'entendre à l'amiable sur la question de la violation des droits d'auteur. Le Zappa Family Trust qui représente la veuve et les quatre enfants du chanteur — Moon Unit, Dweezil, Ahmet et Diva — poursuit en dommages-intérêts.
Priée de dire quel montant elle réclame, Mme Zappa rétorque que «ce n'est pas une affaire d'argent» et qu'elle est là pour «renforcer la loi en ce qui a trait aux droits d'auteur». Elle précise que ce n'est pas la première fois que les compositions du chanteur sont victimes d'atteintes aux droits d'auteur, mais souligne que cette affaire l'a particulièrement révoltée: «L'aspect le plus grave de cette affaire, c'est qu'ils ont déformé la musique. Mais il y a d'autres raisons. Le problème, c'est que le mal est fait et on ne peut pas retourner en arrière. Il y a des gens maintenant qui vont voir les images d'Ameublements Tanguay lorsqu'ils entendront cette pièce.»
Décédé en 1993 d'un cancer de la prostate, Frank Zappa militait de son vivant pour la protection des droits des compositeurs mais surtout en ce qui a trait à la censure. Il avait notamment témoigné en 1985 devant une commission sénatoriale pour empêcher qu'on impose des étiquettes aux contenus musicaux — X pour explicite, O pour occulte, V pour violent, D/A pour drogues et alcool... Tout comme son ami Larry Flint, il était un ardent défenseur de la liberté d'expression et caressait même le projet de se présenter un jour à l'élection présidentielle américaine.
Il y a quelque chose d'un peu surréaliste dans le fait d'aller rencontrer la veuve de Frank Zappa un dimanche après-midi, à Québec, pour parler dans le dos de Maurice Tanguay, mais bon, dans l'univers de Zappa, on peut s'attendre à tout...
C'est une Gail Zappa souriante qui nous accueille dans sa chambre d'hôtel, sous le regard attentif de sa jeune relationniste. Malgré ses allures de hippie à la retraite, ses longs cheveux gris et sa voix calme, elle est intraitable lorsqu'il s'agit de la poursuite: «C'est une affaire particulièrement importante pour moi à cause de la nature de violation des droits d'auteur — ils ont coupé la chanson — et parce que ç'a été utilisé pour une publicité. Cette compagnie fait plein de publicités pour la télévision. C'est ce qu'ils font, et ils vendent beaucoup de produits avec ça. Mais ils auraient pu choisir n'importe quelle musique. Pourquoi faire cela, pourquoi voler? Et pourquoi la détruire?»
Le différend remonte à 1995. Un résidant de Gaspé avait alerté la famille Zappa après avoir reconnu dans une publicité d'Ameublements Tanguay, la chanson Watermelon in Easter Hay de l'album Joe's Garage. À la demande de la famille, la compagnie avait retiré la publicité des ondes en 1998, mais les deux parties ne sont pas parvenues à s'entendre à l'amiable sur la question de la violation des droits d'auteur. Le Zappa Family Trust qui représente la veuve et les quatre enfants du chanteur — Moon Unit, Dweezil, Ahmet et Diva — poursuit en dommages-intérêts.
Priée de dire quel montant elle réclame, Mme Zappa rétorque que «ce n'est pas une affaire d'argent» et qu'elle est là pour «renforcer la loi en ce qui a trait aux droits d'auteur». Elle précise que ce n'est pas la première fois que les compositions du chanteur sont victimes d'atteintes aux droits d'auteur, mais souligne que cette affaire l'a particulièrement révoltée: «L'aspect le plus grave de cette affaire, c'est qu'ils ont déformé la musique. Mais il y a d'autres raisons. Le problème, c'est que le mal est fait et on ne peut pas retourner en arrière. Il y a des gens maintenant qui vont voir les images d'Ameublements Tanguay lorsqu'ils entendront cette pièce.»
Décédé en 1993 d'un cancer de la prostate, Frank Zappa militait de son vivant pour la protection des droits des compositeurs mais surtout en ce qui a trait à la censure. Il avait notamment témoigné en 1985 devant une commission sénatoriale pour empêcher qu'on impose des étiquettes aux contenus musicaux — X pour explicite, O pour occulte, V pour violent, D/A pour drogues et alcool... Tout comme son ami Larry Flint, il était un ardent défenseur de la liberté d'expression et caressait même le projet de se présenter un jour à l'élection présidentielle américaine.
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