FIJM - Marianne Faithfull, l'ultime égérie
Marianne Faithfull — Source FIJM
«Hello, this is Marianne... », commença le message laissé par Marianne Faithfull dans sa boîte vocale. À l'autre bout du fil, j'accusai méchamment le coup. Imaginez. Marianne. Pour un peu, j'étais en 1967 et j'étais Mick. Jagger, le boyfriend. Avertissant Marianne qu'Andrew — Andrew Loog Oldham, alors gérant des Stones et «découvreur» de la blonde enfant, fille d'espion britannique et de baronne autrichienne — allait passer la prendre avant d'aller voir Jimi. Hendrix, pardi. En spectacle au Bag O'Nails, boîte à la mode du Swinging London.
Trente-cinq ans effacés en une phrase. Frisson. Austin Powers au cube.
Marianne a décroché au deuxième appel. «Hello darling!» 'Jour, m'dame, c'est pour l'entrevue. «Non», elle n'était pas au mariage de Paul McCartney et Heather Mills, célébré ce jour-là. «C'est pas trop mon genre, les mariages, a-t-elle rigolé. Et puis moi, je travaille!» Indeed. Elle proposera le spectacle de l'album Kissin' Time le mercredi 3 juillet au FIJM, arrêt montréalais d'une tournée qui parcourt l'Europe et l'Amérique du Nord. Spectacle résolument rock, cinq ans après l'hommage à Kurt Weil de sa première visite au même FIJM. Prestation disponible en DVD. «Je n'ai pas vu le produit fini: c'était bien? Do I look good in it?» Sûr. Ce n'est plus la Marianne des premières pages de Mademoiselle Âge Tendre, mais elle y est magnifique. Tout est dans le port de tête. Princier. «J'étais si belle en ce temps-là que je n'avais pas besoin de parler.» Pause: faites jouer As Tears Go By, la chanson de Jagger-Richards qui la lança en 1965. Et soupirez.
Je lui ai demandé si les talentueux jeunes gens qui ont collaboré à Kissin' Time — les Beck, Étienne Daho, P. J. Harvey, les gars des groupes Pulp et Blur, Billy Corgan des Smashin' Pumpkins, Dave Stewart — ne la regardaient pas un peu comme la Marianne de leurs années 60 de rêve. «Je savais que oui et faisais semblant que non. Ce sont des fans mais d'abord des musiciens, des créateurs. Le travail prend le dessus.» De fait, c'est surtout François Ravard, son gérant, qui régalait la tablée. «C'était un grand ami de Serge [Gainsbourg, of course], et Beck et Billy le talonnaient de questions. Alors, il s'exécutait. Et de temps à autre, je glissais une de mes histoires. J'en ai de très bonnes.»
Pas l'histoire de Marianne trouvée nue dans une peau de bête par les policiers de Londres reniflant de la drogue chez Keith Richards en février 1967, quand même? «Non, non, ce sont des gens de bon goût. Ils aiment bien que je leur parle des sessions d'enregistrement auxquelles j'ai assisté.» Outre les sessions des Stones, elle était là quand les Beatles gravèrent A Day In The Life, Lovely Rita. «C'était fascinant. J'étais comme à l'université. J'observais. Paul me parlait un peu, m'expliquait des trucs.» Et Marianne de rappeler que c'est avec Paul McCartney et Peter Asher (de Peter & Gordon) qu'elle se rendit au party où elle rencontra «Mick and Keith». Re-frisson. Et re-pause: faites jouer Sister Morphine, de l'album Sticky Fingers des Stones. C'est sa chanson.
«Il va falloir qu'on arrête», s'est excusée Marianne Faithfull. «Beck doit appeler dans cinq minutes.» Bon, d'accord si c'est Beck. «OK darling? À tout à l'heure!» C'est ça. Rendez-vous chez Wilfrid. Pelletier.
Trente-cinq ans effacés en une phrase. Frisson. Austin Powers au cube.
Marianne a décroché au deuxième appel. «Hello darling!» 'Jour, m'dame, c'est pour l'entrevue. «Non», elle n'était pas au mariage de Paul McCartney et Heather Mills, célébré ce jour-là. «C'est pas trop mon genre, les mariages, a-t-elle rigolé. Et puis moi, je travaille!» Indeed. Elle proposera le spectacle de l'album Kissin' Time le mercredi 3 juillet au FIJM, arrêt montréalais d'une tournée qui parcourt l'Europe et l'Amérique du Nord. Spectacle résolument rock, cinq ans après l'hommage à Kurt Weil de sa première visite au même FIJM. Prestation disponible en DVD. «Je n'ai pas vu le produit fini: c'était bien? Do I look good in it?» Sûr. Ce n'est plus la Marianne des premières pages de Mademoiselle Âge Tendre, mais elle y est magnifique. Tout est dans le port de tête. Princier. «J'étais si belle en ce temps-là que je n'avais pas besoin de parler.» Pause: faites jouer As Tears Go By, la chanson de Jagger-Richards qui la lança en 1965. Et soupirez.
Je lui ai demandé si les talentueux jeunes gens qui ont collaboré à Kissin' Time — les Beck, Étienne Daho, P. J. Harvey, les gars des groupes Pulp et Blur, Billy Corgan des Smashin' Pumpkins, Dave Stewart — ne la regardaient pas un peu comme la Marianne de leurs années 60 de rêve. «Je savais que oui et faisais semblant que non. Ce sont des fans mais d'abord des musiciens, des créateurs. Le travail prend le dessus.» De fait, c'est surtout François Ravard, son gérant, qui régalait la tablée. «C'était un grand ami de Serge [Gainsbourg, of course], et Beck et Billy le talonnaient de questions. Alors, il s'exécutait. Et de temps à autre, je glissais une de mes histoires. J'en ai de très bonnes.»
Pas l'histoire de Marianne trouvée nue dans une peau de bête par les policiers de Londres reniflant de la drogue chez Keith Richards en février 1967, quand même? «Non, non, ce sont des gens de bon goût. Ils aiment bien que je leur parle des sessions d'enregistrement auxquelles j'ai assisté.» Outre les sessions des Stones, elle était là quand les Beatles gravèrent A Day In The Life, Lovely Rita. «C'était fascinant. J'étais comme à l'université. J'observais. Paul me parlait un peu, m'expliquait des trucs.» Et Marianne de rappeler que c'est avec Paul McCartney et Peter Asher (de Peter & Gordon) qu'elle se rendit au party où elle rencontra «Mick and Keith». Re-frisson. Et re-pause: faites jouer Sister Morphine, de l'album Sticky Fingers des Stones. C'est sa chanson.
«Il va falloir qu'on arrête», s'est excusée Marianne Faithfull. «Beck doit appeler dans cinq minutes.» Bon, d'accord si c'est Beck. «OK darling? À tout à l'heure!» C'est ça. Rendez-vous chez Wilfrid. Pelletier.
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