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    Musique classique

    Le défi Chostakovitch des Molinari

    23 mai 2015 |Christophe Huss | Musique
    Le défi est immense : présenter les 15 quatuors à cordes de Chostakovitch, dans l’ordre.
    Photo: Quatuor Molinari Le défi est immense : présenter les 15 quatuors à cordes de Chostakovitch, dans l’ordre.
    Musique classique
    Le Quatuor selon Chostakovitch
    Le Quatuor Molinari au Conservatoire de musique de Montréal (4750, avenue Henri-Julien). Mercredi 27 mai, 18 h : Concert 1 – Quatuors nos 1 à 6. Jeudi 28 mai, 17 h : conférence de Simon Morrison, suivie, à 19 h 30, de Dialogue 1, avec Simon Morrison et les musiciens. Vendredi 29 mai, 17 h : Dialogue 2, avec Simon Morrison et les musiciens, suivi à 19 h 30 d’une table ronde avec des compositeurs québécois. Samedi 30 mai, 15 h : Concert 2 – Quatuors nos 7 à 11 ; 20 h : Concert 3 – Quatuors nos 12 à 15. Les « Dialogues », la conférence et la table ronde sont des événements gratuits. Billets : 514 790-1245 et une heure avant les concerts. La billetterie du Conservatoire ne s’occupe pas de la vente et ne prend aucune réservation par téléphone. Pour information : 514 873-4031, poste 313.

    Pour marquer les 40 ans du décès de Chostakovitch, le Quatuor Molinari présentera l’intégrale des quinze quatuors à cordes du compositeur russe lors de trois concerts-marathons les 27 et 30 mai.

     

    Le défi est immense. L’oeuvre pour quatuor à cordes de Chostakovitch (1906-1975) s’étend de 1938 à 1974. Il est intéressant d’observer que le compositeur, dans sa maturité, se confia plus volontiers au quatuor. Ainsi, entre 1949 et sa mort, Chostakovitch composa douze quatuors, contre six symphonies. La date de 1949 n’est pas choisie par hasard, puisque la condamnation de Chostakovitch par les autorités pour « formalisme » date de 1948. Si Chostakovitch opta pour la forme du quatuor à cordes, c’est aussi parce que les compositions du genre étaient moins dans le collimateur des censeurs que les symphonies.

     

    Le corpus, dans lequel chacun des quinze quatuors affiche une tonalité différente, mène à un poignant groupe de quatuors ultimes pour lesquels le musicologue Frans Lemaire a trouvé cette sensible formule : « La musique des derniers quatuors de Chostakovitch s’effiloche comme sa propre vie dans une longueméditation que le silence envahit de plus en plus. »

     

    Une intégrale mûrie

     

    Après la présentation des cycles complets des quatuors de Bartók, de Britten, de Goubaïdoulina, de Kurtág, de Murray Schafer et de Schnittke, le Quatuor Molinari poursuit très logiquement son exploration des grands cycles de quatuors à cordes du XXe siècle.

     

    Le quatuor en résidence au Conservatoire de musique de Montréal a déjà organisé trois événements Chostakovitch, mais il n’a jamais abordé les trois premiers quatuors. « C’est un projet qui mûrit depuis longtemps », dit Olga Ranzenhofer, directrice artistique du Quatuor Molinari, au Devoir.

     

    Les quinze quatuors seront présentés dans l’ordre. Olga Ranzenhofer ne craint-elle pas un trop plein de tension et d’émotions pour les spectateurs ? Pas vraiment : « Les gens aiment ces marathons. Ils ont toujours adoré cette plongée dans des univers et nous suivent dans ces grands événements. »

     

    Sur le plan de l’exécution, Olga Ranzenhofer reconnaît « le défi de l’endurance, surtout pour les deux concerts successifs de samedi », mais rappelle l’expérience du Molinari dans les concerts-marathons. « Le fait d’avoir planifié cet événement depuis plusieurs années fait que nous les avons bien travaillés et les connaissons bien. Les quatuors sont bien appris et nous voyons la différence avec les premières fois. Cela fait huit ans que les mêmes musiciens sont ensemble. Cela se sent au niveau de l’intonation, des réflexes. Des choses qui nous posaient problème marchent bien désormais. »

     

    Olga Ranzenhofer espère voir tout le monde « en forme et bien reposé ». « C’est un défi physique, psychologique et de concentration. Mais quel bonheur ! Cela me donne de l’énergie. »

     

    L’énigme musicale

     

    Parmi les interprètes des quatuors de Chostakovitch, Olga Ranzenhofer revient toujours aux enregistrements du Quatuor Borodine. « Il y a un grand choix, Fitzwilliam, Pacifica, Danel, le St Lawrence, qui fait des choses intéressantes dans le 3e Quatuor, mais je reviens toujours aux Borodine. »

     

    À ce titre, le Quatuor Molinari a repéré de nombreuses énigmes entre les indications métronomiques de Chostakovitch et les désignations des mouvements. Faut-il privilégier le tempo ou l’intention ? « Chostakovitch est capable de mettre un adagio à 80 et ensuite un moderato con moto à 80 aussi : là, on se pose des questions et on aime écouter ce qui s’est fait. On se rend compte que les Borodine sont plutôt lents, les Emerson, toujours rapides. Cela change toute l’émotion. On peut faire dire différentes choses à une même musique ! »

     

    En préparation aux concerts des quatuors, le Quatuor Molinari propose différentes activités au public. Le musicologue Simon Morrison, de l’Université Princeton, donnera une conférence (en anglais) sur Chostakovitch le jeudi 28 mai à 17 h. Deux « Dialogues » (jeudi à 19 h 30 et vendredi à 17 h) permettront à Simon Morrison et aux musiciens de parcourir devant public les quinze quatuors, en les situant dans le contexte de la vie de Chostakovitch et du cadrehistorique de l’URSS. Une table ronde (vendredi à 19 h 30) avec les compositeurs Nicolas Gilbert, Maxime McKinley, Jean Lesage et Ana Sokolovic permettra de discuter de l’esthétique compositionnelle de Chostakovitch en relation avec les autres esthétiques plus contemporaines de compositeurs de son temps.

    Le Quatuor selon Chostakovitch
    Le Quatuor Molinari au Conservatoire de musique de Montréal (4750, avenue Henri-Julien). Mercredi 27 mai, 18 h : Concert 1 – Quatuors nos 1 à 6. Jeudi 28 mai, 17 h : conférence de Simon Morrison, suivie, à 19 h 30, de Dialogue 1, avec Simon Morrison et les musiciens. Vendredi 29 mai, 17 h : Dialogue 2, avec Simon Morrison et les musiciens, suivi à 19 h 30 d’une table ronde avec des compositeurs québécois. Samedi 30 mai, 15 h : Concert 2 – Quatuors nos 7 à 11; 20 h : Concert 3 – Quatuors nos 12 à 15. Les «Dialogues», la conférence et la table ronde sont des événements gratuits. Billets : 514 790-1245 et une heure avant les concerts. La billetterie du Conservatoire ne s’occupe pas de la vente et ne prend aucune réservation par téléphone. Pour information : 514 873-4031, poste 313.












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