Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Jazz

    Jean Derome, homme de la Renaissance

    25 avril 2015 | Serge Truffaut - Collaborateur | Musique
    Jean Derome est un homme de la Renaissance comme un grand homme.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean Derome est un homme de la Renaissance comme un grand homme.

    Le saxophoniste, flûtiste, compositeur et oulipien Jean Derome est un homme de la Renaissance. Rien de moins. Il est ainsi car il civilise le monde depuis des lunes aussi antiques qu’indiennes. Bref, depuis le temps long de l’histoire. C’est d’ailleurs pour cette raison, et beaucoup d’autres, qu’une année Derome débutera en mai prochain et se conclura en juin 2016. Au ras des pâquerettes comme du bitume, sachez, ami lecteur, que le détail de ce marathon gréco-musical sera décliné le 28 avril dans l’enceinte de la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal. C’est dit.

     

    En attendant l’amorce, à 17 h pour être aussi exact qu’une montre suisse défiscalisée, de ce rendez-vous très singulier, on va, pour notre part comme de notre côté, déposer une requête auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. Quand ? À l’ouverture des marchés le lundi 27 avril. L’objectif ? Que l’année Derome soit métamorphosée, toutes affaires cessantes, en décennie Derome. On a fumé de la moquette à l’acrylique ? Pas du tout ! Si cela avait été commis, on aurait fait une faute de goût augmentée d’une injure à l’égard, et non à l’endroit, dutapis persan, qui en verlan se mue en « pi-ta sans père ». Comme quoi les ayatollahs sont des freudiens qui s’ignorent.

     

    Si satisfaction n’est pas accordée par le CS de l’ONU, alors on déclenchera illico la troisième guerre mondiale. On exagère ? Pas du tout ! On l’a déjà écrit, on va le répéter pour mieux le souligner : Jean Derome est un homme de la Renaissance. À l’instar des ancêtres italiens, il est d’une immense culture. Aussi musicale que livresque. On se souvient, par exemple, qu’il y a une vingtaine d’années il avait consacré tout un album à la purée de Vie, mode d’emploi de Georges Perec. On se souvient qu’il a accompagné des danseurs, des cinéastes, des poètes. Bref, tout ce qui fait la beauté de la vie sans recours à un mode d’emploi.

     

    On a toujours été épaté, subjugué, séduit par l’aisance comme par l’à-propos avec lesquels il fait résonner les chants d’oiseaux tant chéris par Eric Dolphy, avec lesquels il met en relief les rythmes chaloupés si chers à Duke Ellington et à Billy Strayhorn. On a toujours été ce qu’on a confié avoir été par le génie — oui ! le génie — avec lequel il décline les oraisons « bluesées » de ce cher Roland Kirk comme par sa manière de commenter les déambulations de Thelonious Monk dans le territoire du chaos sans jamais avoir sombré.

     

    Jean Derome est un homme de la Renaissance comme un grand homme. Si d’aventure on conjugue ce constat, qui n’est donc pas une opinion, avec une limitation géographique ou nationale, alors on déclenchera la quatrième guerre mondiale. Car étant ce qu’on dit qu’il est, Derome est de facto universel. C’est clair ? Eau quai ! Ave et surtout pas amen.

     

    Yio, les collègues, attention à la dépense ! Au cours de la lecture du dernier roman de Michael Connelly, soit Dans la ville en feu, on a appris une immense nouvelle. Grand amateur de jazz en général et d’Art Pepper en particulier, Connelly fait offrir à Harry Bosch, son personnage principal, cinq disques du saxophoniste impérial par sa fille à l’occasion de son anniversaire. Tous ces albums sont des live que Laurie Pepper, la veuve du plus grand altiste depuis Charlie Parker, a choisis et fait nettoyer avant de les publier sur l’étiquette qu’elle a fondée et baptisée Widow’s Taste, littéralement : « Choix de la veuve ».

     

    Tous ont été enregistrés entre la fin des années 1970 et quelques semaines avant sa mort en juin 1982. Snif, snif, snif… Tous sont vendus par l’intermédiaire du site CD Baby, et exclusivement par celui-ci. Le disque simple se vend 14,50 $ ou 17,50 $ sans les frais de transport. Le double se transige à 27,50 $. Dans ce cas, il faut préciser que, par exemple, le live au Ronnie Scott’s de Londres est à ce prix mais que, question temps, il est long, très long. Pourquoi cette attention à la dépense ? Parce qu’il y a plus de CD proposés que ceux par Connelly évoqués. Whaouh… on vient de composer une rime normande. Bref, un clic par-ci, un clic par-là et hop ! Vous risquez de vous retrouver dans la peau du président de Lehman Brothers et donc de déclarer faillite. Car après tout, il s’agit de Pepper, qui nous manque tant. Une fois notre commande reçue, et donc savourée, on vous en reparlera

     

    Battez tambours, sonnez trompettes. L’Upstairs vient de dévoiler sa programmation du Festival de jazz qui se tiendra du 26 juin au 5 juillet. Tout commence avec le quintet du contrebassiste Omer Avital, puis ce sera le trio de Halie Lorem qu’on ne connaît ni d’Adam, ni d’Ève, puis le quintet de l’excellent trompettiste Christian Scott, puis le sommet de la programmation, soit le quartet de l’immense pianiste Harold Mabern avec le trompettiste Jeremy Pelt, puis le quartet du guitariste Gilad Heksleman avec le saxophoniste Mark Turner, puis celui d’un autre grand guitariste en la personne de Russell Malone, puis le quintet d’Hichem Khalfa qu’on ne connaît pas non plus, avant que notre chère chanteuse Ranee Lee conclue le tout le 5 juillet. Sur cette programmation, on reviendra longuement.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.