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    Musique classique

    Les discrètes subtilités du minimalisme

    9 mars 2015 |Christophe Huss | Musique
    Philip Glass (à droite), ici avec Kent Nagano, a été acclamé comme une rockstar.
    Photo: Sébastien Vergne Philip Glass (à droite), ici avec Kent Nagano, a été acclamé comme une rockstar.
    Concert
    Un voyage avec Philip Glass
    Glass : Concerto fantasy pour deux timbaliers et orchestre. Tabassian : Vers où l’oiseau migrera ? (extrait). Mozhdehi : Jaan e Maryam. Dukas : La Peri (précédé de Fanfare pour La Péri). Glass : Mad Rush pour piano seul. Philip Glass (piano), Andrei Malashenko et Hugues Tremblay (timbales), Françoise Atlan et Monika Jalili (sopranos), Didem Basar (qanun), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano.
    Diffusion lundi soir sur Espace musique.
    En vidéo pendant trois mois sur osm.ca et Medici.tv.

    Un public inhabituel avait garni, jusqu’au dernier siège, les rangs de la Maison symphonique, samedi soir. La soirée « OSM éclaté », diffusée en direct sur Internet, se poursuivait ensuite au foyer avec danseuses orientales et DJ. Une affluence notable de spectateurs de 20 à 35 ans a suivi, en donnant au concert un supplément d’ambiance chaleureusement exubérante. Bonne idée, donc.

     

    Inutile de revenir ici sur La Péri de Dukas, la chanson traditionnelle iranienne et l’oeuvre de Kiya Tabassian, déjà commentées lors leur présentation, mercredi dernier, dans le cadre du concert L’Orient imaginaire. Notons tout de même qu’amputée de deux tiers au moins (restait la fin) l’oeuvre de Tabassian passait la rampe correctement.

     

    Habillé comme un placeur de la maison symphonique, Philip Glass a été acclamé comme une rockstar. Il était visiblement temps que l’OSM invite ce compositeur qui semble susciter ici bien plus d’intérêt que Wagner. Les circonstances (on imagine qu’il s’agit du filmage du concert) avaient fait intervertir les deux oeuvres de Glass au programme. Le parcours nous menait ainsi du plus spectaculaire (le Concerto pour deux timbaliers de 2000) au plus intime, l’orchestre et Kent Nagano restant assis en scène pour écouter Glass jouer, seul au piano, son oeuvre Mad Rush (1980).

     

    À mes yeux, ce petit aparté intimiste nous offrait l’essence même de l’apport artistique que le Concerto pour deux timbaliers a habilement dévoyé en musique consumériste. Les solistes Andrei Malashenko et Hugues Tremblay ont été mis en évidence dans une composition qui les sollicite énormément. Placés devant le chef, les timbaliers font feu de tout bois pendant 25 minutes. L’oeuvre compte trois mouvements et une grande cadence entre le second et le troisième. Peu de liens entre tout cela. Peu de liens aussi entre les timbales et l’orchestre, dont elles occultent totalement les bois. À part la quasi-absence de lien concertant et cet effet écran, l’oeuvre tient en haleine. Alors que la composition d’oeuvres pour timbales et orchestre marque la création musicale depuis une quinzaine d’années, il est dommage que l’on entende cette oeuvre à Montréal avant celles de Higdon, Tüür, McMillan et quelques autres.

     

    Mad Rush synthétise en un peu plus de 10 minutes l’art de Philip Glass. Tout a l’air de tourner sur soi-même, mais avance imperceptiblement au moment le plus opportun par de minimes variations. À la fin, le cerveau de l’auditeur recompose littéralement les notes « manquantes » dans le tissu. Tout cela est d’une intelligence suprême sous une apparence anodine. Dans cette obédience, aucun créateur actuel, fût-il à la mode, n’arrive à la cheville de Philip Glass.

    Un voyage avec Philip Glass
    Glass : Concerto fantasy pour deux timbaliers et orchestre. Tabassian : Vers où l’oiseau migrera ? (extrait). Mozhdehi : Jaan e Maryam. Dukas : La Péri (précédé de Fanfare pour La Péri). Glass : Mad Rush pour piano seul. Philip Glass (piano), Andrei Malashenko et Hugues Tremblay (timbales), Françoise Atlan et Monika Jalili (sopranos), Didem Basar (qanun), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Diffusion lundi soir sur Espace musique. En vidéo pendant trois mois sur osm.ca et Medici.tv.












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