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    Musique classique

    Nous sommes tous du plancton géant!

    27 février 2015 |Christophe Huss | Musique
    Le fait d’avoir retrouvé et numérisé les pistes d’il y a 30 ans a permis à Walter Boudreau de réduire la partition d’«Atlantide» à 17 instrumentistes.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le fait d’avoir retrouvé et numérisé les pistes d’il y a 30 ans a permis à Walter Boudreau de réduire la partition d’«Atlantide» à 17 instrumentistes.

    La concordance des concerts, jeudi soir, fait que nous nous sommes plongés dans cette résurrection, 30 ans après sa réalisation, d’Atlantide de Michel-Georges Brégent à l’occasion d’un concert scolaire en après-midi, répétition générale pour l’ouverture, le soir, de Montréal/Nouvelles Musiques.

     

    Il est délicat de faire une « critique » d’une générale, même si, chose amusante, la session avait inspiré à la Société de musique contemporaine un concours de jeunes critiques, avec les quelque 200 scolaires présents. Le vainqueur, en primaire, recevra 100 dollars, celui en secondaire, 150 dollars. Nous espérons que les textes seront publiés sur le site de la SMCQ, car une vision nouvelle et fraîche, bien formulée, sur une telle oeuvre est toujours intéressante.

     

    Le fait d’avoir retrouvé et numérisé les pistes d’il y a 30 ans a permis à Walter Boudreau de réduire la partition à 17 instrumentistes. Le son des vièles, cromornes et autres chalémies passe par les haut-parleurs sur scène, les sons électroniques, électroacoustiques et les bruitages étant diffusés en surround pendant la projection d’images. Dans les éléments visuels, il est question de mer, de lune, de soleil, puis d’églises désaffectées, le tout habillé de bruits d’animaux divers.

     

    En écho à cette matière marine, un genre de protozoaire fait le lien entre la 7e partie, acoustique, Les dômes de la profusion, et la dernière, électronique, L’Atlantide apocalyptique.

     

    Ce cycle de la vie et de la création englobe tout, mais la matière est scrutée de près, révélant une profusion sans limites. La musique grouille comme du plancton dans cette mer omniprésente. Nous-mêmes et nos créations sommes, du coup, une sorte de plancton géant, qui, dans ces créations sonores, englobe tout — du plain-chant au rock, avec, surtout, beaucoup de choses en même temps.

     

    Walter Boudreau nous avait prévenus : il y a tellement de strates que c’en est étourdissant. Il faut faire son chemin dans la cacophonie et chacun y retrouvera ses petits. Cet étrange doux-dingue de Brégent est le plus intéressant lorsqu’il mélange dans son grand shaker sonore les éléments les plus inattendus et identifiables : les instruments anciens au début, le blues dans Complaintes des villes solitaires, le rock dans Les dômes de la profusion, bijou de la partition.

     

    J’ai un peu de mal avec la séquence finale qui se prive de tous les instruments : Brégent s’amuse avec l’électronique balbutiante, mais architecturalement, il déséquilibre l’oeuvre et fait retomber le soufflet après la gradation des épisodes 6 et 7. Comme l’ajout de Pluton aux Planètes de Holst, Atlantide mériterait presque qu’un disciple bien intentionné ajoute, avant le long épilogue de L’Atlantide apocalyptique, une ou deux scènes sonores acoustiques inspirées des mouvements musicaux populaires des 30 dernières années.

    Atlantide
    Oeuvre de Michel-Georges Brégent pour voix, ensembles instrumentaux, sons électroacoustiques et environnementaux, réorchestrée par René Bosc et Walter Boudreau. Ensemble de la SMCQ, direction : Walter Boudreau. Concert scolaire, matinée du jeudi 26 février 2015.












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