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    Le Vivier, foyer de la diversité des musiques nouvelles

    24 janvier 2015 | Frédérique Doyon - Collaboratrice | Musique
    Photo: Stephan Floss
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Un lieu, plusieurs musiques. Installé au théâtre du Gesù, Le Vivier a maintenant tous les outils pour faire valoir la richesse de la diversité musicale qui le définit. Et qui constitue l’essence du milieu des nouvelles musiques au Québec.

     

    « C’est un lieu où, chaque fois qu’on viendra, il y a aura quelque chose de différent », résume le nouveau président du Vivier, Fabrice Marandola.

     

    Le percussionniste et professeur a fondé l’ensemble de percussions contemporaines Sixtrum en 2007. En refusant de se cantonner dans un seul genre musical, il incarne bien l’esprit que cultive Le Vivier, fondé la même année, qui réunit 33 ensembles et entités célébrant autant de sonorités et de rythmes différents, mais ayant tous la création dans leur ADN.

     

    La grande famille compte autant la musique actuelle (Productions SuperMusique), électroacoustique (Ekumen) que contemporaine (Nouvel Ensemble moderne, Ensemble de musique contemporaine) ou expérimentale (Espaces sonores illimités), flirtant avec le jazz, le rock, l’électro (Bradyworks), la musique de chambre (Innovations en concert), axée sur les voix (Chant libre) ou le choeur (Voces boreales), revisitant parfois les traditions diverses (Constantinople). Le regroupement inclut aussi des étiquettes (Diffusion i média, Ambiances magnétiques), une revue de musicologie (Circuit) et le Centre de musique canadienne.

     

    « On balaye très, très large. Mais c’est la réalité de la création… », souligne M. Marandola, reconnaissant du même coup la difficulté de promouvoir ces identités multiples. « Un des problèmes qu’on a, c’est le manque de visibilité. Le niveau artistique des organismes membres est superélevé, mais l’attention médiatique n’est pas à la hauteur de leur talent. »

     

    Emménagé au Gesù, centre de créativité depuis le début de l’année, après une tentative avortée d’installer ses quartiers dans l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, Le Vivier a bien l’intention de changer cet état de choses. M. Marandola signale, à titre d’exemple, comment le milieu de la danse contemporaine a multiplié son public avec la fondation d’un théâtre dédié à la discipline (Agora de la danse).

     

    Avec le Gesù comme principal pôle d’attraction naturel des publics, les membres du Vivier peuvent désormais consacrer plus d’énergie à faire de la musique — et moins de temps à administrer leur entité. Après s’être réunis sous une même bannière nominale et un même site Web, ils promettent toutes sortes de nouvelles formules d’abonnement favorisant la découverte, qu’on choisisse de se cantonner dans un créneau ou qu’on privilégie d’abattre toutes les frontières.

     

    La journée portes ouvertes qui se déroulera le 25 janvier permettra à plusieurs membres d’investir le lieu tout entier et d’offrir ainsi aux publics une immersion totale dans le bain des musiques nouvelles. « Ce sera sous forme de parcours avec des prestations courtes et des ateliers, notamment pour les enfants, explique au Devoir Fabrice Marandola, dont l’ensemble Sixtrum reprendra des extraits de La grande tortue, pièce jouée déjà 250 fois pour le jeune public. Ça fait longtemps qu’on se promet de faire ça. »

     

    Réciprocité, identité

     

    Un lieu de diffusion permettra aussi au milieu d’inviter des artistes de l’étranger. Une réciprocité qu’il peinait à honorer jusqu’ici. L’an dernier, l’événement de réseautage Cartel a posé les premiers jalons de ces relations internationales. Les participants étrangers ont ainsi pu découvrir la diversité musicale québécoise.

     

    « Ça nous a fait prendre conscience de l’identité des musiques nouvelles d’ici, explique M. Marandola, aussi professeur à l’Université McGill. Nos structures sont souvent dirigées par des interprètes, alors que, en Europe et ailleurs, ce sont beaucoup des compositeurs qui ont formé des ensembles pour faire jouer leur musique. »

     

    Il cite les exemples de Lorraine Vaillancourt, la pianiste et chef d’orchestre qui a fondé le Nouvel Ensemble moderne, ou encore de Quasar (en photo), mené par un saxophoniste. « Les ensembles se retrouvent donc moins enfermés dans des chapelles stylistiques qu’en Europe, poursuit-il. Ils sont beaucoup plus perméables aux croisements avec d’autres formes d’art. On a plus d’ensembles qui font des choses avec les nouvelles technologies. »

     

    L’autre défi à relever est celui de la diffusion en région. Fort d’un nouveau programme mis sur pied par le Conseil québécois de la musique (inspiré de La danse sur les routes), le milieu commence à faire de petites tournées dans certains théâtres multidisciplinaires hors des grands centres. Des relations naissantes qui doivent être maintenues et renforcées, malgré le contexte économique plus difficile — des coûts de production qui augmentent, des mesures de soutien qui stagnent. Si Le Vivier est surtout montréalais, le regroupement compte depuis quelques années des membres venus de Québec, Trois-Rivières et Rimouski.

     

    M. Marandola invite surtout les gens à se défaire d’une vieille image qui colle aux musiques contemporaines — intellectuelles, hermétiques, dissonantes — et qui date des années 1950 ! La vitalité et la multiplicité des musiques nouvelles d’aujourd’hui convient plutôt à tous les possibles.

     

    Sixtrum

     

    Fondé en 2007, cet ensemble de percussions contemporaines est membre du Vivier depuis 2008. En pleine éclosion, Sixtrum est en discussion avec la troupe de danse O Vertigo pour créer un nouveau spectacle destiné à une tournée. L’ensemble participera aux Échanges percutants, les 30 et 31 janvier, les journées de la percussion du Québec, qui réunissent artistes, étudiants des conservatoires et des écoles autour de classes de maître et d’invités internationaux. Livrée au festival Montréal musiques nouvelles, leur nouvelle mouture réunit trois jeunes compositeurs québécois autour des nouvelles technologies, avec six tables tournantes, six marimbas (vibraphones), six caisses claires. Le sextet voyagera aussi en France pour présenter Batêche, spectacle inspiré des poèmes de Gaston Miron.

    Le nouveau président du Vivier et fondateur de l’ensemble Sixtrum, Fabrice Marandola Le théâtre du Gesu












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