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    Un réseau international pour les musiques nouvelles

    24 janvier 2015 | Claude Lafleur - Collaborateur | Musique
    CartelMTl 2014, qui a réuni à Montréal 33 diffuseurs de 13 pays de l’Europe et de l’Amérique, fut la première conférence internationale en musiques nouvelles.
    Photo: B. Massenet CartelMTl 2014, qui a réuni à Montréal 33 diffuseurs de 13 pays de l’Europe et de l’Amérique, fut la première conférence internationale en musiques nouvelles.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    En juin dernier, Le Vivier a participé à la création du premier réseau international de diffusion de musiques nouvelles, annonce Pierrette Gingras, directrice générale de ce diffuseur. Un tel réseau existait déjà en Europe, ainsi que quelques regroupements au Canada (dont Le Vivier), mais rien de tel entre les deux continents, précise-t-elle.

     

    « Nous nous sommes dit que, en participant à la création du réseau, on affirmerait notre leadership ainsi que notre présence sur la scène internationale, ajoute Mme Gingras. Voilà qui est très important pour nous, puisque, bien sûr, cela favorisera la diffusion de nos artistes à l’étranger. »

     

    C’est d’ailleurs ce que confirme Marie-Chantal Leclerc, directrice artistique du quatuor de saxophones Quasar, tout juste rentré d’une tournée en Europe. « Pour une PME comme la nôtre, le marché international est vital, dit-elle. Si nous avons établi de bons contacts un peu partout en Europe, nous n’avons toutefois pas les moyens de tout faire. Un réseau international de diffusion est sans aucun doute très, très important pour tous les artistes et producteurs du Québec. »

     

    La tête de pont

     

    Pierrette Gingras relate que, mine de rien, le Québec occupe déjà une belle place sur la scène internationale des musiques nouvelles. Elle raconte ainsi que l’idée de créer un réseau international provient de Graham McKenzie, directeur du Huddersfield Contemporary Music Festival, le plus gros festival du genre en Angleterre.

     

    « Graham a créé en Europe le réseau des directeurs artistiques spécialisés en musiques nouvelles, précise-t-elle. Il connaît bien le Québec, car il travaille depuis longtemps avec plusieurs de nos ensembles. Un jour, il m’a dit ceci : “ J’aimerais avoir un pied-à-terre en Amérique pour faire un réseau et je pense que ça pourrait être Montréal… ” »

     

    C’est ainsi que, en juin dernier, Le Vivier a accueilli 33 diffuseurs représentant 13 pays et 23 villes de l’Europe et de l’Amérique (dont ceux du Canada et des États-Unis). « Ç’a été un moment très intense, raconte Mme Gingras, les yeux pétillants. Sans public, sans média et sans gouvernement, on s’est parlé entre quatre yeux de ce que sont nos réalités et de la façon de bâtir un réseau. »

     

    Le but du réseau est non seulement de diffuser des artistes de part et d’autre de l’Atlantique, mais également de créer « une famille, une véritable famille », lance Mme Gingras.

     

    Elle rapporte ainsi que, durant la réunion de quatre jours, l’un des participants a relaté l’esprit de famille qui règne au sein du réseau européen. « Il nous a raconté que l’un des membres du réseau européen a, un jour, eu des difficultés financières, dit-elle. “ Et nous, nous avons tous convenu de le soutenir en faisant des coproductions avec lui ”, a-t-il indiqué. C’est cet esprit de famille que nous cherchons à créer », résume la directrice générale du Vivier.

     

    Elle ajoute que l’un des constats qui se sont dégagés des quatre jours est que « le travail en réseau, la synergie est la seule façon si on veut à présent conserver une voix qui soit différente, qui reste spécifique et qui nous ressemble, une voix qui soit notre signature. »

     

    Pour cette raison, les producteurs et diffuseurs québécois de musiques nouvelles se sont déjà regroupés au sein du Vivier, souligne-t-elle. « Mais nous nous rendons compte que ce qu’il nous faut maintenant, c’est un réseau international de diffuseurs spécialisés en musiques nouvelles. C’est une nécessité si on veut percer le marché international et si nous souhaitons que la musique nouvelle soit plus présente. »

     

    Outre la diffusion et l’esprit de famille, ce réseau servira à partager les connaissances et l’expertise, tant aux niveaux organisationnel que promotionnel, en matière de développement de public et artistique, souligne-t-elle.

     

    Une question de survie

     

    Un tel réseau s’avère d’ailleurs crucial pour Marie-Chantal Leclerc, l’une des membres du quatuor de saxophones Quasar. Celui-ci célèbre d’ailleurs ces jours-ci ses 20 ans d’existence.

     

    « En 1994, Quasar, c’étaient quatre jeunes diplômés qui sortaient de l’école et qui avaient envie de réaliser leurs propres projets, raconte-t-elle avec enthousiasme. On se disait qu’on n’attendrait pas les autres pour faire du quatuor, ajoute-t-elle, et on a donc mis sur pied un quatuor, tout simplement, par passion et par désir ! »

     

    Mais un tel ensemble de saxophonistes ne peut espérer survivre uniquement au Québec. Comme l’illustre si vivement Mme Leclerc, « Quasar ne peut pas donner 50 concerts par année à Montréal ! » Elle a ainsi tissé une foule de contacts qui amènent son ensemble en tournée au Canada et en Europe. Cet automne, Quasar a ainsi donné 16 concerts en Europe. « On est allé à Moscou, à Édimbourg, à Tallinn [Estonie] », raconte Marie-Chantal Leclerc.

     

    Pour les quatre musiciens, « percer sur la scène internationale s’est fait très tranquillement », indique-t-elle. Elle explique qu’il y a, de fait, un grand réseau de musique contemporaine dans le monde, comme une très grande famille. « Pour faire partie de la famille, il faut se faire connaître ; un ami de la famille nous présente à un autre ami… C’est donc un réseau qui se développe au fil des ans. » C’est de la sorte que Quasar a donné huit concerts en Estonie cette année, alors que sa première visite en ce pays remonte à 2004. « Tranquillement, on a développé des liens », glisse-t-elle.

     

    Marie-Chantal Leclerc souligne au passage que Montréal est un important centre de création de musiques nouvelles. « Il se fait ici d’importantes choses et, de plus en plus, les membres du Vivier sortent de Montréal, ce qui est une excellente chose. »

     

    Et, pour elle, nul doute que la mise en oeuvre d’un réseau international facilitera la vie d’un ensemble comme le sien. « Quasar est une compagnie autogérée, dit-elle, et, après 20 ans, on est rendu là où on n’aurait jamais osé imaginer être lorsqu’on a commencé ! Notre quatuor n’a jamais été aussi bien, on est occupé et on a de beaux projets. Quasar est dans une forme splendide ! »













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