Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Une maison pour les musiques nouvelles

    Le Vivier s’installe au Gesù

    24 janvier 2015 | Martine Letarte - Collaboratrice | Musique
    Daniel LeBlond, président du conseil d’administration du Gesù–Centre de créativité, en compagnie de Pierrette Gingras, directrice générale du Vivier
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Daniel LeBlond, président du conseil d’administration du Gesù–Centre de créativité, en compagnie de Pierrette Gingras, directrice générale du Vivier
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Carrefour des musiques nouvelles, Le Vivier vient tout juste d’installer ses pénates au Gesù, un lieu historique où les organismes spécialisés en musique de création et les jeunes professionnels pourront tirer parti de plusieurs salles. Un moment longtemps attendu par le milieu.


    Le bail est signé pour cinq ans en attendant le réaménagement du bâtiment, mais l’objectif est de le transformer en bail de 30 ans. En plus d’espaces de bureau et du salon des musiciens, où les organismes pourront tenir des réunions et échanger, Le Vivier se voit réserver l’amphithéâtre de 425 places pendant 105 jours par année, soit au moins une semaine par mois. Les autres salles, comme l’église, la salle d’exposition et la salle de conférence, pourront aussi être utilisées par le regroupement à plusieurs reprises pendant l’année.

     

    « L’arrivée du Vivier au Gesù change complètement la donne pour le milieu des musiques nouvelles, affirme Pierrette Gingras,directrice générale du Vivier. Avoir un lieu dédié a un effet structurant. C’est un ancrage. »

     

    Les membres du Vivier pourront maintenant s’y réunir, échanger, travailler sur le développement de projets et avoir accès facilement à un lieu de diffusion. Le public pourra aussi bénéficier de ce lieu consacré aux musiques nouvelles.

     

    « C’est à fréquenter les événements de musiques nouvelles qu’on y développe le goût… Un peu comme on le fait avec les fromages, illustre Pierrette Gingras. Et, une fois qu’on y prend goût, on ne peut plus s’en passer. Nous établir au Gesù nous permettra de briser notre isolement et permettra à la population de mieux connaître ces artistes qui sont de véritables trésors dans notre société. On a des créateurs d’envergure au Québec, mais on les connaît peu encore et c’est une perte pour les citoyens. »

     

    C’est le défi que se donne l’équipe du Vivier en investissant le Gesù : réaliser un maillage plus profond entre les différents publics et les artistes.

     

    Pour mettre la table, une journée portes ouvertes se tiendra ce dimanche 25 janvier. Une soixantaine de musiciens issus d’une vingtaine d’organismes participeront à l’événement.

     

    « Nous envahirons pour l’occasion tous les espaces du Gesù, il y aura des rencontres avec des artistes et des vidéos diffusées en continu, énumère Mme Gingras. Ce sera un beau moment pour plonger dans les musiques nouvelles. »

     

    Repositionnement du Gesù

     

    L’arrivée du Vivier survient à un moment-charnière pour le Gesù, à l’aube d’un grand repositionnement.

     

    « Nous sommes arrivés à une phase de notre histoire où nous avons besoin de réactualiser notre mission et de nous ouvrir davantage à de nouvelles possibilités, alors que la communauté jésuite, propriétaire des bâtiments, veut se retirer pour laisser la place à une organisation à but non lucratif dans un avenir rapproché », explique Daniel LeBlond, président du conseil d’administration du Gesù–Centre de créativité.

     

    Cette année est également le 150e anniversaire du Gesù et Daniel LeBlond en profite pour lancer un appel aux artistes et aux partenaires financiers qui souhaitent prendre part à la programmation en prévision de l’automne. Ce sera l’occasion de célébrer la richesse de l’histoire de ce lieu, mais aussi de partager une vision d’avenir.

     

    « Depuis plusieurs années, des artistes sont présents dans l’église, certains sont en résidence, il s’y donne des concerts, on présente des expositions, souligne Daniel LeBlond, qui a lancé le projet il y a 20 ans. Mais, maintenant, nous voulons aller beaucoup plus loin. Nous voulons susciter de nouveaux partenariats financiers et artistiques pour faire vivre ce lieu. Nous sommes en pourparlers d’ailleurs avec certaines organisations et certains créateurs. »

     

    L’objectif est d’assurer la pérennité de ce lieu.


    « Nous avançons, le Gesù est en pleine ébullition, ajoute M. LeBlond. L’arrivée du Vivier en est une belle illustration. Nous avons toujours voulu que des artistes vivent dans ce lieu, qu’il y ait un va-et-vient de créateurs, plutôt que de les voir seulement y faire diffuser leurs oeuvres. »

     

    L’équipe du Gesù a été séduite par Le Vivier.

     

    « Nous nous intéressons aux gens qui innovent, qui font de la recherche, qui développent de nouveaux publics et qui ont à coeur l’art sous toutes ses formes, affirme M. LeBlond. La mission du Vivier se rapproche de celle de notre centre de créativité, qui accueille des artistes avec des projets audacieux. L’église patrimoniale séduit aussi et les musiques nouvelles correspondent bien à ce lieu. Nous serons heureux d’ouvrir cet espace sacré, unique à Montréal, à des artistes qui ont cette sensibilité. »

     

    Le Gesù sera réaménagé, sans toutefois que soit éliminé son côté sacré.

     

    « Cet aspect continuera à vivre parce que le lien entre l’art et le sacré est quelque chose d’extraordinaire, mais cela sera vécu autrement, indique M. LeBlond. Nous sommes en pleine élaboration du projet, avec la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, dirigée par Luc Noppen (École des sciences de la gestion de l’UQAM). Il y a beaucoup de potentiel. »

     

    Les travaux commenceront cet été, avec l’amélioration de l’acoustique de l’amphithéâtre et la rénovation du hall d’entrée. La salle d’exposition doit aussi être réaménagée pour devenir un petit cabaret pouvant accueillir de 50 à 75 personnes.

     

    Le Vivier a obtenu, pour sa part, une subvention provinciale pour se procurer de l’équipement de sonorisation et audiovisuel.

     

    Le chemin parcouru

     

    Pour arriver dans cette maison, Le Vivier en a parcouru, du chemin. Créé en 2007, Le Vivier s’était tout de suite donné pour priorité d’obtenir un lieu identifié aux musiques nouvelles, de créer un repère pour les publics, les milieux et l’international. Le regroupement devait d’abord s’installer dans la Bibliothèque Saint-Sulpice, un lieu accordé en 2010 par Christine St-Pierre, alors ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Après un an et demi de travail sur le projet, il s’est toutefois avéré que les coûts d’exploitation de cet édifice patrimonial, même après rénovations, atteindraient de 1 à 1,2 million par année.

     

    « Nous n’avions pas les moyens, alors nous avons dû envisager un plan B, explique Pierrette Gingras. Nous avons regardé différentes salles en fonction de nos besoins et, vraiment, avec ses différents lieux en un seul bâtiment, le Gesù s’est avéré idéal pour nous. »













    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.