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    19e Gala de l’Opéra de Montréal

    Aline Kutan domine le plateau

    15 décembre 2014 |Christophe Huss | Musique
    Aline Kutan, dans un air et un ensemble de La Rondine et l’extrait de Citizen Kane, a été des plus impressionnantes.
    Photo: Yves Renaud Aline Kutan, dans un air et un ensemble de La Rondine et l’extrait de Citizen Kane, a été des plus impressionnantes.
    Gala de l’Opéra de Montréal
    Airs, choeurs et ensembles de Puccini, Gershwin, Dvorak, Orff, Menotti, Barber, Floyd, Lehár, Adams, Strauss, Poulenc, Korngold, Bernstein, Herrmann, Puts…
    Avec Caroline Bleau, Aline Kutan, Marie-Josée Lord, Marie-Ève Munger, Chantale Nurse et Florie Valiquette (sopranos), Catherine Anne Daniel (mezzo), Jean-Michel Richer et Luc Robert (ténors), Elliot Madore et Justin Welsh (barytons), Valerian Ruminski (basse).
    Choeur de l’Opéra de Montréal, Orchestre Métropolitain, Alain Trudel.
    Maison symphonique de Montréal, dimanche 14 décembre.

    Le 19e Gala de l’Opéra de Montréal, qui intronisait au Panthéon canadien de l’art lyrique le chef accessoiriste de l’Opéra de Montréal, Philippe Pointard, se signalait par une programmation dévolue entièrement au « plus beau répertoire du XXe siècle à travers des hits du répertoire lyrique », dixit le communiqué.

     

    Le terme XXe siècle est à prendre au pied de la lettre et dans sa diversité, puisque regroupant autant des « classiques » (Rusalka de Dvorak, La Rondine et Turandot de Puccini, Le pays du sourire de Lehár ou Ariane à Naxos de Strauss) qu’un répertoire américain plus récent : Antoine et Cléopâtre de Barber, Le consul de Menotti, Candide et West Side Story de Bernstein, Doctor Atomic de John Adams, Susannah de Carlisle Floyd et Silent Night de Kevin Puts. Au milieu de tout cela, trois extraits de Porgy and Bess (Gershwin), un air de La ville morte de Korngold, un air écrit en langue française par Bernard Herrmann pour le film Citizen Kane et — seule et unique présence du répertoire français — un extrait des Mamelles de Tirésias de Poulenc, chanté par Florie Valiquette.

     

    Aline Kutan, dans un air et un ensemble de La Rondine et l’extrait de Citizen Kane, était la plus «capée» des 12 chanteurs et chanteuses de l’après-midi. Ce fut aussi la meilleure en matière de rondeur et de puissance, de netteté de l’émission, avec des attaques exceptionnelles dans son premier air. Marie-Ève Munger, d’un même registre vocal, a fait forte impression dans le spectaculaire Glitter and Be Gay du Candide de Bernstein. Diana Damrau l’avait chanté en 2008 ici lors d’un concert dirigé par Yannick Nézet-Séguin au point de faire dire à Joyce DiDonato « comment voulez-vous passer après ça ! ». Munger chante admirablement, mais l’extrême aigu se serre un peu, alors qu’il reste parfaitement relâché chez Kutan.

     

    Parmi les chanteurs à suivre, la mezzo Catherine Anne Daniel, au fort tempérament, et le baryton Justin Welsh, de Colombie-Britannique, dont le placement vocal est remarquable. Nous avons également découvert, dans Adams et Korngold, le baryton canadien Elliot Madore, grand musicien qui devrait choisir des airs accompagnés par un orchestre moins touffu.

     

    Au chapitre des découvertes on retient surtout quatre très beaux monologues du répertoire américain : Antoine et Cléopâtre de Barber par Chantale Nurse, Le consul de Menotti excellemment chanté par Caroline Bleau, Doctor Atomic par Elliot Madore et un air de basse de Susannah de Floyd par Valerian Ruminski. Lors de ce concert, accompagné avec attention par Alain Trudel et le Métropolitain (oui, John Adams, ce n’est pas évident à mettre en place !) il n’y eut pas vraiment de faux pas ou de mauvais moment, sauf le choeur certes difficile mais très flottant de Silent Night de Kevin Putts.

     

    Petit gag : mes voisins de derrière commentaient les événements un peu comme les deux marionnettes au balcon du Muppet Show. Lorsque Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra, est venu annoncer au micro que Luc Robert était indisposé, a fusé dans mes oreilles un candide « C’est qui Luc Robert ? ». « Ce doit être un chanteur », répondit l’autre. Gageons qu’à la fin, tout le monde savait qui était Luc Robert. Luc Robert, c’est le gars qui a eu besoin d’une antisèche pour chanter (en groupe) White Christmas !

    Gala de l’Opéra de Montréal
    Airs, choeurs et ensembles de Puccini, Gershwin, Dvorak, Orff, Menotti, Barber, Floyd, Lehár, Adams, Strauss, Poulenc, Korngold, Bernstein, Herrmann, Puts… Avec Caroline Bleau, Aline Kutan, Marie-Josée Lord, Marie-Ève Munger, Chantale Nurse et Florie Valiquette (sopranos), Catherine Anne Daniel (mezzo), Jean-Michel Richer et Luc Robert (ténors), Elliot Madore et Justin Welsh (barytons), Valerian Ruminski (basse). Choeur de l’Opéra de Montréal, Orchestre Métropolitain, Alain Trudel. Maison symphonique de Montréal, dimanche 14 décembre.












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