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    Concerts classiques

    Sumi «show»

    2 décembre 2014 |Christophe Huss | Musique
    Sumi Jo n’en finit pas de surprendre.
    Photo: Askonas Holt Sumi Jo n’en finit pas de surprendre.

    Concert très inhabituel lundi soir à la Maison symphonique, puisque concert offert à la population montréalaise par le gouvernement de la République de Corée, en l’honneur des anciens combattants canadiens de la Guerre de Corée. Entre 1950 et 1953, 26 000 Canadiens participèrent au conflit. L’apport québécois fut majeur, puisque le Royal 22e Régiment composait un tiers de ces effectifs. Les forces canadiennes enregistrèrent 516 pertes humaines. La Corée n’a pas oublié et l’entrée en scène des vétérans, venus apporter des fleurs aux artistes, fut un moment émouvant de la soirée.

     

    En signe de reconnaissance, donc, le Consulat général de la République de Corée avait convié à Montréal sa vedette internationale du chant lyrique, Sumi Jo. Qui plus est, les Coréens ont attiré à Montréal le plus méconnu des grands chanteurs québécois, le baryton Jean-François Lapointe, que l’on a entendu en duo avec la soprano dans Heure exquise de La veuve joyeuse de Leháret dans un duo du Barbier de Séville. En solo, Lapointe a chanté le Largo al factotum du même opéra, L’hymne au printemps de Felix Leclerc et l’air de Germont de La Traviata de Verdi.

     

    On n’en finit pas de se demander pourquoi ce grand baryton n’est pas un hôte régulier de l’Opéra de Montréal, qui pourrait monter autour de sa personne des productions, comme l’institution le fait pour Marie-Nicole Lemieux. Dans Le barbier de Séville, Lapointe a donné une leçon de chant et de prestance. Il a eu infiniment d’égards pour Sumi Jo, la laissant briller à la fin du duo de La veuve joyeuse et s’amusant avec elle dans le Duo des chats de Rossini, en bis.

     

    Autre belle satisfaction locale, la tenue impeccable des Musici sous la direction de Jean-Michel Malouf, que l’on aura plaisir à revoir diriger dans cette salle. Voici un chef distingué, juste et souple, très à l’écoute de la chanteuse vedette de la soirée, comme en témoigne son accompagnement de Roméo et Juliette. Mention aussi pour le programme, avec, en début de la seconde partie, la juxtaposition de l’air coréen emblématique, Arirang, et l’ode à la liberté de Félix Leclerc.

     

    Sumi Jo n’en finit pas de surprendre, car elle n’a rien perdu en matière de contrôle du souffle, ce qui lui permet une brillante maîtrise de sa voix au profit d’effets d’un goût divers. Sumi Jo est une diva en 3D, elle en arrive dans certains airs (la Chanson de Vilja — chantée en anglais — de La veuve joyeuse) à faire un tour complet sur elle-même. Lors de ce vrai show lyrique, mélangeant art et entertainment, la soprano est apparue dans trois robes différentes, plus scintillantes les unes que les autres. Les mimiques sont outrées (cf. la poupée Olympia), mais on marche, parce que, contrairement à Natalie Dessay, ces gesticulations ne sont pas une distraction visant à cacher quelque décrépitude vocale. Le personnage scénique Sumi Jo est ainsi. Les mélodies coréennes ont rallié une foule conquise qui reviendra, on l’espère, à la Maison symphonique en d’autres occasions.

    Sumi Jo
    Airs et duos d’opéras de Charles Gounod (Roméo et Juliette), Franz Lehár (La veuve joyeuse), Adolphe Adam (Le toréador), Jacques Offenbach (Les contes d’Hoffmann), Gioacchino Rossini (Le barbier de Séville). Mélodies coréennes. Avec Jean-François Lapointe et I Musici, dir. Jean Michel Malouf. Maison symphonique de Montréal, lundi 1er décembre 2014.












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