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    Concerts classiques

    La musique à Walter

    29 septembre 2014 |Christophe Huss | Musique

    La Salle Pierre-Mercure était très remplie d’un public jeune et concentré pour ce concert gratuit d’ouverture de la saison 2014-2015. L’accueil n’a toutefois pas été délirant.

     

    J’allais écrire que Walter Boudreau avait décidément de la suite dans les idées, en nous faisant entendre une musique encore une fois sous perpétuelle tension, ressemblant fort à celle entendue il y a six mois pour le 25e anniversaire du NEM (tu parles d’un cadeau empoisonné !), quand je me suis rendu compte, au moment d’écrire, qu’il s’agissait de la même oeuvre…

     

    Voilà donc que Solaris a été joué par les deux grands ensembles de la musique contemporaine québécoise en moins de six mois. La musique à Walter mérite-t-elle donc tant d’honneur ? Ma seconde impression fut encore pire que la première : ce matraquage cosmique séquentiel est quasiment insupportable et les jeux de lumière n’y ajoutent rien.

     

    Peut être que la projection des titres des 23 chapitres au moment où on les entend aurait été plus utile d’autant que, pour sa défense, le compositeur nous confiait, en mai : « C’est une oeuvre d’exécution “exigeante” qui, à l’instar des musiques de Charles Ives par exemple, est constituée(très souvent) de diverses strates superposées et dont le délicat équilibre repose sur une connaissance approfondie de la nature et de l’importance relative de chacune d’entre elles. » Boudreau espérait que « des exécutions subséquentes contribueraient à en découper et préciser davantage les multiples profils ». Cela n’a pas été le cas et on n’est pas près d’en redemander… Vraiment pas.

     

    Inutile que préciser qu’en la circonstance City Life, de Steve Reich, a volé la vedette. La juxtaposition acoustique-électronique relaie très bien la fièvre new-yorkaise et, près de vingt ans après, l’oeuvre n’apparaît pas datée. Mieux encore, le film de Jérôme Bosc projeté vendredi amplifie le propos avec une découpe nerveuse mais parfaite, relayant l’électronique, et nombre d’effets visuels (chromatisme, inversions positif-négatif) d’un esthétisme très en rapport avec l’oeuvre, contrairement à d’autres films fadasses, réalisés sur la même musique et que l’on peut voir sur Internet.

     

    D’autres expériences réussies de ce genre amèneront un nouveau public à la musique contemporaine.

    City Life
    Alain Thibault : God’s Greatest Gift (1985). Walter Boudreau : Solaris (2014). Steve Reich ; City Life (1995 ; avec une vidéo de Jérôme Bosc, 2011). Ensemble de la SMCQ, Walter Boudreau. Salle Pierre-Mercure, vendredi 26 septembre 2014.












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