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    Commencer Pop Montréal comme il se doit

    18 septembre 2014 08h14 |Philippe Papineau | Musique
    Le festival Pop Montréal est bel et bien lancé.
    Photo: Toma Iczkovits Pop Montreal Le festival Pop Montréal est bel et bien lancé.

    L’important, avec le tentaculaire festival Pop Montréal, c’est de démarrer en force. Sans quoi on perd le fil, on paresse, puis après tout file trop vite et on arrive au dimanche avec un sentiment d’inachevé. L’indispensable application est téléchargée sur notre téléphone – on a même préparé quelques alertes de concerts –, le vélo est tout juste sorti de chez le réparateur : c’est parti pour une soirée semi-improvisée.

     

    Direction l’ancienne école des Beaux-arts, rue Saint-Urbain, pour entendre le grand producteur et ingénieur du son Steve Albini, venu discuter avec son alter ego Montréalais Howard Bilerman, du studio Hotel2Tango. 

     

    Assis dans la salle d’une centaine de places, l’Américain, qui a travaillé avec Nirvana, les Pixies, PJ Harvey et une multitude de petits groupes, a surtout expliqué ses méthodes de travail, précisant qu’il ne cherchait pas de validation dans ce qu’il faisait, comme ses idoles des Ramones. «Je leur dois beaucoup»

     

    Infatigable travailleur qui se décrit paradoxalement comme profondément paresseux, le propriétaire du studio Electrical Audio a la réputation de traiter les gens avec qui il travaille comme des égaux. « Je ne suis pas confortable à l’idée d’être l’exploiteur. Moi aussi j’ai été le gars qui montait son ampli en studio pendant que le technicien de son riait de lui. »

     

    Albini s’est montré très humble face à l’impact de son travail sur le résultat final. Surtout, il affirme qu’il n’est pas « celui qui peut porter un jugement esthétique sur la musique des autres. J’ai travaillé avec plein de groupes, et je crois qu’aucun d’entre eux ne viendrait écouter mes disques préférés chez moi! (…) Par contre en studio je peux te dire quand il va manquer de ruban, ce qui se passe avec le compresseur ou si la clim fait trop de bruit dans les micros. Ces considérations techniques sont mille fois plus importantes que mes goûts musicaux.»

     

    Début de la promenade

     

    La discussion s’essouffle, et l’application vibre : le concert au Quai des Brumes commence dans 15 minutes. Le temps d’enfourcher la bécane, et de se rapprocher du coeur du Plateau. C’est le quatuor Ohara, du nom de sa chanteuse, qui lance le bal avec un rock bien fait, qui fait par moment penser à Arcade Fire époque No Cars Go – certainement en raison de la présence d’un violoniste dans la formation. Pas de flammèches, mais c’est bien ficelé, et étonnamment bien sonorisé pour ce genre de concert à multiples têtes d’affiche. 

     

    Dehors, le ciel nuageux fait des siennes, et on profite d’une accalmie pour se diriger vers l’ouest, dans le Mile-End. Juste avant de partir, on hésite une seconde à entrer au O Patro Vys pour entendre Passwords, mais l’horaire est serré, on se reprendra. 

     

    À la Fédération ukrainienne, rue Hutchison, c’est le chanteur folk Sun Kil Moon qui est attendu avec curiosité par une foule nombreuse. Grand et costaud bonhomme, il a la réputation de s’emporter par moment. Mais le guitariste, de son vrai nom Mark Kozelek, est de bon poil, heureusement pour nous et ses trois musiciens. « J’aime la salle, je vous aime. C’est une belle ville pleine de bonne nourriture, et je suis de bonne humeur ce soir! Ceci étant dit, ne me mettez pas en colère», a rigolé le musicien tout en restant de marbre. 

     

    Il faut avouer que Sun Kil Moon est une découverte récente pour nous, malgré son répertoire assez vaste. Et mercredi soir, c’était le genre de spectacle où on s’est mordu les doigts de ne pas en avoir su plus avant à son sujet. Avec sa voix grave et sa guitare classique souvent jouée de manière arpégée, il créé des ambiances magnifiques, quelque part entre Bach, José Gonzales et Charlie Haden et Pat Metheny. Du très doux au plutôt rythmé, c’était plutôt épatant.

     

    Au large

     

    Sun Kil Moon n’avait pas terminé encore, mais l’appel du large s’est fait sentir. Casque, foulard, manteau, direction le club Lambi. Mais après quelques minutes, un peu dans la lune, on se rend compte qu’on est parti du mauvais sens. Téléphone, application : qu’est-ce qu’il y a d’autres dans le coin? Tiens, un concert au Cagibi tout près. Ah non, zut c’est fini. Sinon? On essaie la Brasserie Beaubien, tranquille taverne de quartier envahie par les mélomanes les plus audacieux. Annie au comptoir a ses bouchons, et sur la scène éclairée par un projecteur, Così e Così mélange le noise et le rap, le chant et les cris, et on se surprend à ne pas trouver ça si mal. 

     

    Re-casque, re-foulard, re-manteau, mais cette fois direction maison. Pop Montréal est bel et bien commencé. 

     

     













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