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    24e Présence autochtone

    Shauit : du reggae pour le rapprochement

    30 juillet 2014 | Yves Bernard - Collaborateur | Musique
    
Quand Shauit a commencé à créer des chansons, il écrivait d’abord en français, puis demandait à des proches de vérifier la traduction innue.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Quand Shauit a commencé à créer des chansons, il écrivait d’abord en français, puis demandait à des proches de vérifier la traduction innue.

    Il vient de Maliotenam, là d’où Kashtin avait pris son envol il y a un quart de siècle. Mais il fait du reggae, décliné en roots, en dancehall, en pop, mâtiné d’accents soul, de touches électros, d’un peu de rumba et de folk innu. Car l’innu est l’idiome qu’il porte plus que le français. Shauit est sans doute le prochain artiste associé aux langues autochtones qui fera sa marque. Le mois dernier, il a lancé un deuxième minialbum et prévoit la parution de son premier album complet au printemps prochain. Jeudi, on le retrouve au Club Soda, tout juste après le grand party de Samian à la place des Festivals.

     

    Shauit est né à Maliotenam, mais c’est à son retour à l’âge de 12 ans qu’il a décidé de s’y installer avec sa mère, qui vient de là : « Je savais que je faisais partie de ce peuple-là, mais il y avait la barrière de la langue. Je voulais faire partie de la communauté. J’ai fait les efforts et je me suis conformé à la mentalité. »

     

    À 13 ans, il commence à jouer de la guitare acoustique et interprète des pièces des Beatles, de Bob Marley, d’Oasis et de Kashtin. Il tient à bien apprendre les paroles en innu, demande à sa mère de les lui écrire pour qu’il puisse bien les prononcer. Les gens commencent alors à l’accepter comme l’un des leurs : « C’était encourageant, mais pas assez pour moi. Il fallait que j’apprenne la langue, que je la parle et que je l’enseigne le plus possible à mes enfants. Ça a été un long chemin. Pour mes premières compositions, j’écrivais d’abord en français, puis je demandais à des proches de vérifier la traduction. Aujourd’hui, je peux dire que je parle innu et je peux quasiment me débrouiller seul dans mes compositions. »

     

    Je lui demande de m’apprendre une expression innue. Sa réponse sonne comme Chemenwaditen qui veut dire « je t’aime ». Il chante l’amour qu’il a vécu avec son ex, mais aussi d’autres trucs personnels et des thèmes sociaux comme l’environnement. Il parle aussi beaucoup de Dieu et affirme en entrevue sa foi chrétienne : « Il y a des affaires qui nous sont arrivées à nous, les autochtones, par rapport aux pensionnats et aux prêtres. Bien des affaires pas jolies. Mais j’invite le monde à ne pas rejeter Dieu ou Jésus. Ce n’est vraiment pas de leur faute. Moi, je trouve ça important d’apprendre à avoir une relation avec celui qui nous a créés. Juste s’en foutre, je pense que ça peut nous amener à avoir des difficultés dans la vie. »

     

    Que pense le reggaeman de la foi rasta ? « Il y a certains trucs avec lesquels je ne suis pas d’accord avec eux. Sinon, j’appuie leur spiritualité, j’appuie le monde qui recherche Dieu ». Il le dit sans faire de morale et recherche le rapprochement entre autochtones et non autochtones. Même qu’à l’avenir, il aimerait introduire dans son reggae innu d’autres idiomes comme l’espagnol, l’anglais et d’autres langues autochtones.

    Shauit - D'une ville à l'autre












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