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    Nuances de bleu

    Cécile McLorin Salvant, avec son charisme et son intelligence musicale, a enchanté le public de l’Astral.
    Photo: Victor Diaz Lamich FIJM Cécile McLorin Salvant, avec son charisme et son intelligence musicale, a enchanté le public de l’Astral.
    Tout sur le Festival international de jazz

    On attribue à Ornette Coleman la citation selon laquelle « le jazz est la seule musique dans laquelle la même note peut être jouée nuit après nuit tout en étant différente chaque fois ». Question de souffle, question de touche, affaire de nuance. Et des nuances de notes bleues, il y en eut de fort jolies en dix jours. Retour en moments qui resteront.

     

    Le moment monumental : Keith Jarrett en solo. La salle. Le public. L’artiste. Le piano. Tous les éléments étaient là pour donner à cette soirée le goût concret du mémorable, comme disait Miron. Jarrett n’avait pas joué en solo depuis 24 ans à Montréal, dans cette formule de funambule où il improvise tout au gré de l’instant présent. Et les deux heures de musique qu’il a créées furent grandioses, pleines des richesses du style Jarrett.

     

    Le moment chant qui enchante : Cécile McLorin Salvant. Déjà plébiscitée par tout ce que le jazz compte de publications et de critiques reconnus, McLorin Salvant a certainement ajouté quelques centaines de noms à la liste des convaincus après ses passages à L’Astral. Celle que l’on compare aux plus grandes a ce qu’il faut de théâtralité, de contrôle vocal, d’intelligence musicale et de charisme pour faire de chaque chanson un petit événement.

     

    Le moment caméléon : Brad Mehldau. Un soir en solo à la Maison symphonique, un autre en duo acoustique avec Tigran, puis en formule électro-électrique avec Mark Guiliana quelques heures plus tard : Mehldau s’est fait caméléon, toujours brillant, toujours fluide (même si on sent encore sa volonté de découverte au sein du projet Mehliana).

     

    Le moment sulfureux :Temptation, avec Diana Krall. Son spectacle en plein air a été inégal. Mais Temptation, avec Marc Ribot triturant sa guitare sur du pur Tom Waits, vraiment, très chaud. Dans la nuit montréalaise, un groove imparable et libérateur.

     

    Le moment boogie-groovy : Ben Sidran. Il faisait chaud au Upstairs jeudi, il faisait bon aussi. Formidable conteur, désopilant narrateur, pianiste efficace, tout de boogie-groovy-jazz. Ben Sidran, et le plaisir brut des bonnes choses.

     

    Le moment quintette : Ambrose Akinmusire. Pour la qualité et l’originalité de l’écriture, la rigueur des échanges, la cohésion du quintette, ce souffle jazz nourrissant.

     

    Le moment Coltrane :A Love Supreme. Un album immense servi dans l’esprit intrinsèque du jazz : avec liberté. Le quartet de Yannick Rieu a donné une version incandescente de l’oeuvre de Coltrane : puissante, brûlante, profonde.

    Cécile McLorin Salvant, avec son charisme et son intelligence musicale, a enchanté le public de l’Astral. Diana Krall a offert un spectacle inégal, mais avec quelques moments « chauds ».












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