Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Plein les yeux!

    20 mai 2014 |Christophe Huss | Musique
    L’empereur Altoum face à Turandot, devenue humaine
    Photo: Yves Renaud L’empereur Altoum face à Turandot, devenue humaine
    Turandot
    Opéra de Giacomo Puccini. Avec Galina Chesterneva (Turandot), Kamen Chanev (Calaf), Hiromi Omura (Liù), Grigori Soloviov (Timur), Jonathan Beyer (Ping), Jean-Michel Richer (Pang), Aaron Sheppard (Pong), Guy Bélanger (Altoum), Josh Whelan (Mandarin), Orchestre métropolitain du Grand Montréal, Choeur de l’Opéra de Montréal, direction : Paul Nadler. Mise en scène et chorégraphie : Graeme Murphy, avec la collaboration de Janet Vernon et de Kim Walker. Décors et costumes : Kristian Fredrickson. Éclairages : John Drummond Montgomery. Salle Wilfrid-Pelletier, samedi 17 mai. Reprises les 20, 22 et 24 mai.

    L’établissement d’une collaboration entre l’Opéra de Montréal (OdM) et Opera Australia est l’idée majeure des dix dernières années à l’OdM. Ces spectacles extrêmement peaufinés importés d’Australie (Lakmé, Madame Butterfly…) forment le haut du panier de ce qui nous est présenté ici dans le grand répertoire.

     

    Il en va ainsi de cette Turandot, qui nous en fait prendre plein les yeux et rend justice, par moult références à la culture chinoise, à l’exotisme du propos. Le 1er acte notamment, avec procession de bourreaux, venus d’une antichambre rouge sang ou une apparition de Turandot derrière une lune qui s’ouvre pour refuser la grâce à un condamné, regorge de moments visuels puissamment évocateurs. Justice est rendue aussi, en verticalité, aux niveaux sur lesquels les personnages évoluent. Turandot ne redescend sur terre qu’au dernier acte et l’empereur Altoum est perché sur un promontoire rayonnant.

     

    On comprend à quel point il était important que tous les ingrédients d’origine soient préservés ; ce spectacle de Turandot, ce n’est pas un décor importé avec une mise en scène et un éclairage maison. C’est un tout, et les magiques éclairages d’origine en font partie. Parmi les grands moments visuels : les rayons de l’aube qui touchent la foule à l’acte III et, peu après, Turandot qui perd son voile blanc, ce dernier tombant dans une zone où, sous un éclairage fluorescent, il prend l’apparence des fantômes du 1er acte. Voici donc l’instant où la carapace tombe, où elle devient femme éprise, où le passé meurt… On peut dire la même chose sur l’ingéniosité des costumes et des accessoires. Le niveau de raffinement de ce spectacle, avec des moyens pourtant simples, est rare…

     

    Le niveau musical est très satisfaisant. Le chanteur à réinviter d’urgence est Grigori Soloviov. Son autorité en roi déchu (Timur, père de Calaf) s’impose en quelques phrases. La chanteuse que l’on espère toujours revoir est Hiromi Omura. La voix s’est charpentée et évolue vers des rôles bien plus lourds que Liu, mais comme c’est une artiste aguerrie et exquise, elle peut aussi chanter Liu parfaitement. Le ténor Kamen Chanev a tous les moyens vocaux pour le rôle de Calaf. Il a fondamentalement deux niveaux de chant, le « narratif » et le « vaillant ». Le registre vaillant est impeccablement accompli. Il tombe parfois dans une sorte de demi-teinte ailleurs. Galina Chesterneva nous a fait bien peur en réinventant quelques notes dans ses deux premières minutes. Pour le reste, elle est une Turandot crédible, dominée en volume par Chanev.

     

    De Paul Nadler, je n’ai pas grand-chose à signaler d’autre que de l’excellente routine : Turandot demande plus de ferveur et de fièvre que cela, requiert de jouer davantage sur les oppositions rythmiques du 1er acte, de ne pas filer aussi droit dans « Nessun Dorma ». Nadler est un chef qui tient les choses en place, pas davantage. Il a fort à faire avec le choeur, moins affuté et précis qu’à l’habitude, samedi, dans ses entrées et sa cohésion au 1er acte. Le choeur d’enfants, par contre, était d’une rare perfection et beauté.

    TURANDOT
    Opéra de Giacomo Puccini. Avec Galina Chesterneva (Turandot), Kamen Chanev (Calaf), Hiromi Omura (Liù), Grigori Soloviov (Timur), Jonathan Beyer (Ping), Jean-Michel Richer (Pang), Aaron Sheppard (Pong), Guy Bélanger (Altoum), Josh Whelan (Mandarin), Orchestre métropolitain du Grand Montréal, Choeur de l’Opéra de Montréal, direction : Paul Nadler. Mise en scène et chorégraphie : Graeme Murphy, avec la collaboration de Janet Vernon et de Kim Walker. Décors et costumes : Kristian Fredrickson. Éclairages : John Drummond Montgomery. Salle Wilfrid-Pelletier, samedi 17 mai. Reprises les 20, 22 et 24 mai.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.