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    L’oeil de Marleau dans l’oreille de Gougeon

    La SMCQ salue le compositeur Denis Gougeon en faisant réentendre certaines de ses musiques de scène

    22 mars 2014 |Philippe Papineau | Musique
    Le compositeur Denis Gougeon
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le compositeur Denis Gougeon
    Marleau fête Gougeon
    Lundi 24 mars au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal, à 20 h. Causerie pré-concert à 19 h.

    Compositeur phare de la scène québécoise, Denis Gougeon a à son actif plus d’une centaine d’oeuvres pour petits ensembles ou grands orchestres, et tout ce qui se trouve entre les deux. Mais celui qui est également professeur s’est aussi frotté à plusieurs reprises au monde du théâtre avec le metteur en scène Denis Marleau. Ce dernier rendra hommage à son ami musicien lors d’un spectacle livré lundi dans le cadre de l’année hommage que la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) organise pour Gougeon.

     

    Son manteau brun sur le dos, Denis Gougeon descend avec nous le grand escalier du centre Pierre-Péladeau. Au palier, il lève les yeux à notre invitation et voit son visage en gros plan sur l’immense affiche qui annonce la série hommage que la SMCQ a entamée en septembre dernier. « Arf, je ne la regarde même plus ! dit-il battant l’air avec sa main. Je est un autre, n’est-ce pas ? », lance le sympathique maître compositeur.

     

    C’est que, depuis septembre déjà, les concerts autour de son travail se multiplient. Mais Gougeon n’est pas orgueilleux et prend tout ça comme un « gros, gros câlin », d’autant que les quelque 50 sociétés de concerts « ont de façon spontanée exprimé leur enthousiasme à jouer [sa] musique ».

     

    C’est le cas de Denis Marleau, avec qui Gougeon a travaillé sur pas moins de onze pièces de théâtre de la compagnie UBU depuis 1993, la première étant Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès. Ensemble, ils ont entre autres travaillé sur Maîtres anciens, Le moine noir, Ce qui meurt en dernier et, plus récemment, Les femmes savantes.

     

    « C’est le compositeur avec qui j’ai collaboré le plus, explique Denis Marleau au Devoir. Ç’a été pour moi un aspect du travail de la compagnie UBU d’ouvrir le travail théâtral à des contributions exceptionnelles de compositeurs qui font de la musique à part entière. Ma démarche avec Denis a ouvert un champ d’exploration, de contribution relativement important. »

     

    La musique comme un personnage

     

    Denis Gougeon s’est aperçu rapidement que Marleau désirait travailler avec des créateurs aux idées fortes, dont les oeuvres ont une personnalité. Et il a toujours apprécié le grand terrain de jeu dont il bénéficiait. « Je ne suis pas un compositeur de musique de scène, dit Gougeon de sa voix grave et calme. J’ai une approche différente. Donc [quand je travaille] au théâtre, il y a des rencontres intellectuelles et artistiques. Et ça, c’est important. C’est pas juste : “OK, on a besoin de musique, j’aimerais que ça ressemble à ça et à ça.” Non. »

     

    Accroché au bout du fil entre deux répétitions, Denis Marleau en rajoute. Pour lui, la musique de Gougeon « n’est pas une musique d’accompagnement ou qui est là pour meubler. Elle joue un rôle dramaturgique important ; elle s’inscrit dans une démarche créative, comme un langage, elle fait partie des mots parfois. »

     

    Pour ce faire, Denis Gougeon explique qu’il passe beaucoup de temps en répétition, à regarder le travail des comédiens, à absorber le texte. « Je sors mes antennes, je suis comme un sismographe, dit-il en rigolant, passant sa main sur la table. J’entre en symbiose avec ce qui se passe, j’essaie de décoder ça. J’en parle à Denis, pour toujours viser le plus juste possible. »

     

    Quand on raconte les propos du compositeur à Marleau, ce dernier rigole un brin, confirmant l’intensité de Gougeon dans son travail. « À un moment donné, après avoir lu la pièce, il me revient en me disant : “J’ai pensé à tel ou tel instrument pour tel et tel moment.” Et il y a des personnages qui vont l’accrocher, ça devient presque une musique qui porte le nom du personnage. Il entre vraiment en relation avec l’oeuvre, c’est un dialogue qui va s’établir. »

     

    Lundi soir, Marleau fête Gougeon se tiendra au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal. Pour l’occasion, on pourra entendre la voix de la chanteuse Marie-Danielle Parent (l’épouse de Gougeon), qui sera entourée du Quatuor Bozzini, de la clarinette de Gilles C. Plante, de la flûte de Geneviève Deraspe et du clavier de Matthieu Fortin. Quatre comédiens seront aussi sur scène pour interpréter quelques passages des neuf pièces de théâtre qui seront à l’honneur.

     

    « On ne peut pas raconter toutes les pièces, explique Denis Marleau. Mais il faut donner aux spectateurs une idée du travail de Gougeon, qui est extrêmement varié, chaque fois avec des couleurs particulières. On veut évoquer son trajet, parce que c’est un trajet. »

     

    ***

    D’autres concerts de la série hommage à Denis Gougeon ont lieu cette semaine:

     

    - 26 mars : concert hommage, à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal

    - 28 mars : l’Ensemble Paramirabo à la Chapelle historique du Bon-Pasteur

    - 29 mars : Pronto Musica Orchestra, à la salle Pollack, Université McGill.



    Marleau fête Gougeon
    Lundi 24 mars au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal, à 20 h. Causerie pré-concert à 19 h.












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